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Le coronavirus arrive en prison en RDC, risque de "catastrophe"

Une patrouille de la police devant la prison centrale de Bukavu, Sud-Kivu, RDC, 28 juillet 2017. (VOA/Ernest Muhero)

Le Covid-19 a commencé à frapper en milieu carcéral en République démocratique du Congo, avec des risques de "catastrophe" et d'"hécatombe" dans des prisons "insalubres et surpeuplées", où des détenus meurent par dizaines chaque année.

Au total 43 détenus ont été testés positifs jeudi et vendredi à la prison militaire de Ndolo en plein centre de la capitale Kinshasa, troisième plus grande ville d'Afrique avec au moins dix millions d'habitants.

Le bilan pourrait s'alourdir puisque les "prélèvements de tous les détenus sont en cours" d'après le dernier bulletin épidémiologique des autorités sanitaires vendredi. La prison militaire de Ndolo compte 1.900 à 2.000 prisonniers selon les sources.

La RDC enregistrait officiellement en moyenne 10 à 20 nouveaux cas par jour depuis l'apparition du virus sur son sol le 10 mars (604 cas depuis cette date, dont 579 à Kinshasa, pour 32 décès).

Le virus serait rentré en prison "par une dame qui est venue déposer de la nourriture", selon le ministre de la Santé Eteni Longondo, qui veut isoler les cas positifs et désinfecter les cellules.

"Les prisons surpeuplées et insalubres de la RDC présentent un grave risque de propagation de l’épidémie de Covid-19", avait prévenu dès le 17 avril l'organisation de défense des droits de l'homme Human Right Watch (HRW).

"Les prisons congolaises sont parmi les plus surpeuplées du monde", avec "un taux de surcapacité moyen de 432%", ajoutait HRW, qui prenait l'exemple de la prison de Goma (600%) ou de l'autre centre pénitentiaire de Kinshasa, la prison centrale de Makala (461%).

- Promiscuité -

Dans son communiqué, HRW diffusait des photos de prisonniers qui dorment à même le sol dans une cellule à Makala, "entrelacés comme des sardines dans une boîte de conserve", selon un détenu.

"Dans le pavillon où j’étais jusqu’à récemment, nous étions au moins 850 personnes dans un espace prévu pour 100", a déclaré à HRW un détenu. "Quand il faut dormir, personne ne peut avoir plus d’un mètre carré d’espace. Si le coronavirus atteint Makala, il n’y restera plus personne".

Il n'y a encore aucun cas à Makala, a assuré le ministre de la Santé.

Mais avant même la pandémie, début janvier, au moins onze détenus y sont morts à cause d’une rupture de stock en nourriture et en médicaments, avait indiqué à l'AFP une source pénitentiaire. D'autres sources ont avancé un bilan plus lourd de 25 morts.

Des centaines de détenus meurent chaque année dans les prisons congolaises (201 en 2017 et 223 en 2018 d'après les Nations unies), faute de nourriture et de soins.

"La quantité de nourriture ne peut pas même suffire à un enfant de 2 ans", témoigne Augustin, un condamné à mort en 2005 détenu à Agenga (Equateur, nord-ouest) dans un rapport de l'ONG Ensemble contre la peine de mort publié fin 2019.

- "Trois toilettes pour 500 détenus" -

"Dans la majeure partie des établissements pénitentiaires visités, les détenus ont expliqué qu’en dehors du paracétamol et des traitements contre le paludisme et la tuberculose, il n’y avait aucun médicament disponible", ajoute l'ONG.

Elle dénonce également l'absence de sanitaires, avec "trois toilettes pour 500 personnes" à Goma ou "trois toilettes pour 200 personnes" à Kindu (est).

Comme toutes les administrations du pays, les prisons souffrent de problèmes budgétaires et de retard de paiement de la part du Trésor public. En début d'année, le ministre de la Justice a accusé son collègue des Finances de bloquer des fonds destinés à améliorer l'état des prisons.

Les prisons congolaises regroupent 500 personnes condamnés à mort dans un pays qui observe depuis 2003 un moratoire sur la peine capitale, d'après Ensemble contre la peine de mort.

Ces condamnés à mort cotoient d'autres détenus qui sont pour la plupart en détention préventive, dans l'attente d'un procès. "En RD Congo, environ 71% des détenus sont toujours dans l’attente d’un procès", selon Human Right Watch.

"Au moins 1.200 détenus" sont sortis des prisons congolaises "afin de freiner la propagation du coronavirus", avait indiqué le 8 avril le ministre de la Justice Célestin Tunda. De nouvelles libérations pourraient intervenir dès lundi.

Rien "n'a été mis en place financièrement pour soutenir ces mesures", déplore l'ONG congolaise de défense des droits de l'homme Justicia, qui a accusé vendredi le gouvernement de "négligence notoire" dans l'apparition des 43 premiers cas à la prison militaire de Ndolo. "Le gouvernement doit s'investir pour éviter l'hécatombe", prévient l'ONG.

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Une centaine de morts dans les violences du Tanganyika depuis début 2020

Un pêcheur manœuvre pour amarrer son bateau sur le lac Tanganyika à Uvira le 22 mars 2015.

Une centaine de personnes sont mortes depuis le début de l'année dans les violences oubliées du Tanganyika dans le sud-est de la République démocratique du Congo, dont 18 ces derniers jours dans une zone minière, selon des sources locales et les Nations unies.

Ce mardi, le ministre de l'Intérieur de la province du Tanganyika a indiqué que 12 civils avaient été tués lors de l'attaque du groupe armé "Apa na pale" dans la région minière de Mugunga au centre de la province.

"Six assaillants ont été également tués" par les forces de sécurité, a détaillé à l'AFP le ministre provincial, Dieudonné Kamona, selon qui les violences ont eu lieu samedi et dimanche.


Les miliciens "Apa na Pale" "ont utilisé des Twa (Pygmées) lors de leurs attaques qui ciblaient essentiellement des sites d'exploitation artisanale de l'or", a-t-il ajouté.

Dans cette même province du Tanganyika, les affrontements entre les milices de la minorité pygmée (les Twa) et celles des Bantous majoritaires "ont déjà fait une centaine de morts parmi les civils depuis le début de l’année", écrit dans un rapport le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

La présence du groupe armé Apa Na Pale dans la région "a également contribué à l’insécurité, étant donné la présence limitée des forces de sécurité dans la province", ajoute M. Guterres dans ce rapport en date du 18 juin.

En avril, l'armée congolaise a lancé "une série d’opérations contre les milices Twa (Pygmées) qui ont permis de les déloger des zones les plus peuplées".

Le conflit porte sur "le contrôle des ressources, notamment les ressources foncières et l’exploitation minière artisanale", ajoute M. Guterres dans son rapport trimestriel sur la RDC.

En 2016-2017, des dizaines de milliers de civils avaient fui les violences entre Pygmées et Bantoues dans la région. Des organisations humanitaires ont avancé le chiffre de 500.000 à 650.000 déplacés.

Des tentatives de réconciliation avaient eu lieu entre Bantous et Pygmées, qui s'estiment méprisés par la communauté majoritaire.

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