Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Crimes/enquêtes

L'OMS enquête sur des accusations d'agressions sexuelles liées à l'épidémie d'Ebola

Un agent de santé attend le 7 novembre 2018 à Bunia, en République démocratique du Congo, pour s'occuper d'un nouveau patient non confirmé dans un centre de traitement Ebola soutenu par MSF (Médecins sans frontières).

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mardi qu'elle avait ouvert une enquête sur des accusations d'agressions sexuelles liées à la lutte contre l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo.

L'OMS a souligné que ses employés étaient "scandalisés" par les récentes allégations faisant état d'agressions sexuelles commises par des personnes prétendant travailler pour elle, pendant une récente épidémie d'Ebola.

"Les actions qui auraient été perpétrées par des individus s'identifiant comme travaillant pour l'OMS ne sont pas acceptables et feront l'objet d'enquêtes sérieuses", a assuré l'agence de santé des Nations unies, dans un communiqué.

"Nous ne tolérons aucun comportement de ce type parmi nos employés, nos sous-traitants ou nos partenaires", a-t-elle affirmé, rappelant qu'elle avait "une politique de tolérance zéro à l'encontre des agressions sexuelles".

"Toute personne impliquée devra faire face aux conséquences de ses actes, jusqu'au renvoi pur et simple".

L'OMS n'a pas précisé la nature des accusations, mais ses déclarations surviennent peu après la publication d'une enquête par l'agence de presse spécialisée dans l'action humanitaire The New Humanitarian (TNH), dans laquelle plus de 50 femmes accusaient des employés de l'OMS et d'ONG impliquées dans la lutte contre Ebola d'exploitation sexuelle - on leur proposait notamment des rapports sexuels en échange de la promesse d'un emploi.

L'OMS a précisé que son directeur général, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait ordonné une enquête approfondie sur ces accusations.

La République démocratique du Congo combat une nouvelle épidémie d'Ebola, la onzième qui a touché ce pays, qui a provoqué 50 morts depuis juin.

La précédente avait provoqué 2.287 morts pour 3.470 cas entre août 2018 et juin 2020. Un milliard de dollars ont été investis pour lutter contre cette épidémie.

Seule l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, en 2013-2016, avait fait plus de victimes (plus de 11.000 pour quelque 29.000 cas confirmés).

Toutes les actualités

Le groupe Etat Islamique a revendiqué l'attaque contre la prison de Beni

Le groupe Etat Islamique a revendiqué l'attaque contre la prison de Beni
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:02 0:00

L'ancien président burundais Pierre Buyoya condamné à la prison à perpétuité

L'ancien président du Burundi Pierre Buyoya lors des pourparlers de paix à Arusha, Tanzanie, le 26 février 2001. (Photo: Reuters)

L'ex-président burundais Pierre Buyoya, actuel haut représentant de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel, a été condamné lundi par contumace au Burundi à la prison à perpétuité pour l'assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993, selon la décision reçue mardi par l'AFP.

Premier président démocratiquement élu du Burundi et premier hutu à accéder au pouvoir, Melchior Ndadaye a été assassiné en octobre 1993 lors d'un coup d'Etat militaire qui allait entraîner le pays dans une guerre civile opposant l'armée, dominée par la minorité tutsi, à des groupes rebelles hutus. Elle fera 300.000 morts jusqu'en 2006.

M. Ndadaye avait succédé à M. Buyoya, porté par l'armée au pouvoir en 1987 et qui redeviendra président, à la faveur d'un nouveau coup d'Etat, entre 1996 et 2003, avant de remettre le pouvoir à Domitien Ndayizeye, un hutu, en vertu d'un accord de paix signé en 2000 à Arusha (Tanzanie).

M. Buyoya a été condamné pour "attentat contre le chef de l'Etat, attentat contre l’autorité de l'Etat et attentat tendant à porter le massacre et dévastation", selon le texte qui ne comporte que le dispositif (déclaration de culpabilité et peine) de la décision rendue par la Cour suprême.

Le nom de Pierre Buyoya avait déjà été cité en lien avec cet assassinat, sans que le début d'une preuve soit apporté.

Dix-huit hauts responsables militaires et civils proches de l'ancien chef de l'Etat ont été condamnés à la même peine, trois autres à 20 ans de prison pour "complicité" des mêmes crimes et un seul, l'ancien Premier ministre de transition, Antoine Nduwayo, a été acquitté.

Seuls cinq accusés, quatre hauts gradés tutsis à la retraite et un général de police en activité, Ildephonse Mushwabure, étaient présents au procès.

Les autres, dont M. Buyoya, tous à l'étranger, étaient visés depuis novembre 2018 par un mandat d'arrêt international émis par le Burundi après l'arrestation des quatre ex-hauts gradés tutsis, accusés de figurer parmi les "auteurs" de l'assassinat de M. Ndadaye.

Le verdict a été rendu lundi en l'absence des accusés et de leurs avocats, qui n'avaient pas été prévenus, a expliqué à l'AFP, sous le couvert de l'anonymat, l'un des condamnés qui a dénoncé "un procès inique et du théâtre".

Aucun responsable burundais n'a souhaité réagir mardi.

En 1998, une dizaine de militaires, dont le plus haut gradé était lieutenant, avaient été condamnés dans un procès considéré comme celui "des exécutants" de l'assassinat de M. Ndadaye, durant lequel aucun haut gradé n'avait été poursuivi.

Plus de 1000 détenus se sont évadés de la prison de Beni

Un garçon passe devant le mur d'un centre de traitement du virus Ebola à Beni, en RDC, le 1er avril 2019. REUTERS/Baz Ratner

Au moins un millier de prisonniers, dont des présumés membres des Forces démocratiques et alliées (ADF), se sont évadés de la prison de Beni dans l'Est de la République démocratique du Congo, après une attaque attribuée à ce groupe armé, ont indiqué mardi des sources administrative et policière.

"La prison de Kangbayi a été attaquée par des ADF", a déclaré à l'AFP Modeste Muhindo Bwakanamaha, maire par intérim de Beni.

"Seule une centaine de détenus n'ont pas quitté la prison sur les 1.455 qui s'y trouvaient", a-t-il ajouté.

Selon Radio Okapi, les assaillants étaient lourdement armés et ils ont d'abord attaqué une position de l'armée qui surveillait la prison.

"Deux prisonniers (ont été) tués par balles et sur 1.300 détenus, un grand nombre s'est volatilisé dans la nature" après cette attaque conduite "par des rebelles ADF, vers 4h30", a pour sa part indiqué la police sur Twitter.

Des dizaines de militaires et policiers sécurisaient la prison mardi avant midi, tandis que les autorités locales visitaient le lieux, a constaté un correspondant de l'AFP.

Deux véhicules blindés de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) étaient positionnés sur les lieux.

Des riverains venus sur le lieux disaient craindre une recrudescence de "l'insécurité" après cette spectaculaire évasion, d'après les témoignages recueillis par l'AFP.

Les ADF sont accusés du massacre de plus d'un millier de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Ils sont accusés d'avoir tué des centaines de civils rien que depuis novembre l'année dernière, quand l'armée congolaise a annoncé une offensive contre leurs bases et leurs leaders dans la forêt et la jungle autour de Beni.

La radio onusienne Okapi précise que des combattants Maï-Maï faisaient aussi partie de ceux qui se sont évadés lors de l'attaque de mardi.

Les évasions ne sont pas rares dans les prisons surpeuplées de la RDC, construite pour la plupart pendant l'époque coloniale, avant 1960.

En France, les autorités ont lancé une opération policière contre la mouvance islamiste

En France, les autorités ont lancé une opération policière contre la mouvance islamiste
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:59 0:00

Professeur décapité en France: 15 personnes en garde à vue

Rassemblement place de la République à Paris, pour rendre hommage à Samuel Paty, le professeur de français qui a été décapité dans les rues de Conflans-Sainte-Honorine en banlieue parisienne, France, 18 octobre 2020. REUTERS/Charles Platiau

Le meurtre du professeur Paty a provoqué un électrochoc en France. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche pour défendre la liberté d'expression et dire "non à l'obscurantisme".

Les autorités françaises ont lancé lundi une série d'opérations visant la mouvance islamiste et promis "une guerre contre les ennemis de la République", trois jours après l'assassinat du professeur Samuel Paty, qui a donné lieu à de nouvelles arrestations.

Quinze personnes, dont quatre collégiens, sont désormais en garde à vue et interrogées par les enquêteurs antiterroristes qui cherchent à établir si le présumé meurtrier, un Russe tchétchène de 18 ans tué par la police, a bénéficié de complicités.

Selon une source proche du dossier, M. Paty a été "désigné" à l'assaillant, Abdoullakh Anzarov, "par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération". Parmi les nouveaux gardés à vue figure également un homme condamné pour "terrorisme", qui déclare "spontanément avoir été en lien avec l'auteur quelque temps avant les faits", selon une source judiciaire.

Décapité vendredi près du collège de Conflans-Sainte-Honorine, au nord-ouest de Paris, où il enseignait l'histoire-géographie, Samuel Paty a été visé, selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, par une "fatwa" lancée par un parent d'élève et un prédicateur - tous deux en garde à vue - pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression.

"Harceler" les islamistes

En marge de l'enquête, des opérations de police ont été lancées lundi contre des personnes et associations jugées proches de la mouvance islamiste, avec l'objectif de "faire passer un message: pas une minute de répit pour les ennemis de la République", a affirmé M. Darmanin sur la radio Europe 1. Une vingtaine de contrôles administratifs seront menés chaque jour pour "harceler" et "déstabiliser" cette mouvance, a précisé son entourage.

Ces opérations interviennent dans la foulée d'un Conseil de défense dimanche soir, pendant lequel le président français Emmanuel Macron a annoncé un "plan d'action" pour empêcher les islamistes de "dormir tranquilles" en France.

Selon M. Darmanin, 51 associations jugées proches de cette mouvance sont dans le collimateur des autorités. Il a annoncé que plusieurs d'entre elles seraient dissoutes en Conseil des ministres, citant comme exemples le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et l'association humanitaire BarakaCity.

"La folie s'empare du ministre de l'Intérieur qui faute de ne rien trouver contre notre ONG profite de l’émotion suscitée" par le drame, a répliqué BarakaCity sur Facebook.

Depuis l'attentat, "plus de 80 enquêtes" ont aussi été ouvertes contre "tous ceux qui de façon apologique ont expliqué d'une manière ou d'une autre que ce professeur l'avait bien cherché", a indiqué M. Darmanin, affirmant que des interpellations avaient eu lieu dans ce cadre.

Affirmant que "la peur et l'obscurantisme ne l'emporteront jamais", le Premier ministre Jean Castex a annoncé "d'autres actions", notamment contre les associations "ennemies de la République", "sur la lutte contre la haine en ligne", "sur le renseignement et la surveillance de ces réseaux", ainsi qu'en matière de "sécurité des enseignants" et des établissements scolaires.

Le meurtre du professeur Paty a provoqué un électrochoc en France. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche pour défendre la liberté d'expression et dire "non à l'obscurantisme".

Hommage national

Un hommage national à Samuel Paty sera organisé mercredi à l'université parisienne de la Sorbonne, "monument symbolique de l'esprit des Lumières et du rayonnement culturel, littéraire et éducatif de la France", a indiqué la présidence française. M. Macron a reçu lundi la famille du professeur.

Le Parlement européen a observé une minute de silence, tout comme le Sénat français. La cour d'assises spéciale de Paris, où sont jugés 14 accusés en lien avec des attentats de janvier 2015 à Paris, a aussi rendu hommage au professeur d'histoire-géographie.

Le chef de l'État a aussi rencontré dans la journée des représentants du Conseil français du culte musulman, qui dans la nuit de vendredi à samedi avait dénoncé "ceux qui cherchent une raison à ce crime ignoble".

Réunis dans l'après-midi devant le collège de M. Paty, des imams ont exprimé leur "colère" et leur "honte".

Une marche blanche sera organisée mardi soir à Conflans-Sainte-Honorine.

Après avoir réuni lundi les chefs de la police et gendarmerie, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a convoqué pour mardi les patrons des branches françaises des réseaux sociaux et plateformes Facebook, Twitter, Youtube, Tiktok et Snapchat, dans le cadre de la "lutte contre le cyber-islamisme".

Droite et extrême droite ont rivalisé de propositions lundi: de la fermeture des mosquées "radicalisées" et l'expulsion des imams étrangers radicaux à un moratoire sur l'immigration, en passant par l'inscription dans la Constitution de la prééminence des règles de la République ou, comme le maire de Nice (sud-est), Christian Estrosi (droite), que les policiers deviennent "des référents laïcité" dans les écoles.

Voir plus

XS
SM
MD
LG