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Echec du dialogue en RDC


Monseigneur Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), 21 décembre 2016.

Les évêques catholiques ont officiellement clôturé, sur un constat d'échec, les travaux sur les arrangements particuliers de l’accord devant conduire la RDC aux élections en décembre 2017. Le compromis n'a été trouvé pour permettre la mise en oeuvre de l'accord.

Après deux mois de travaux, les prélats catholiques ont simplement fait un constat d’échec lundi tard à Kinshasa.

"A ce niveau, la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) porte à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale de l’impasse politique de ces discussions qui traduit le manque de bonne volonté politique et l’incapacité des acteurs politiques et sociaux de trouver un compromis en mettant au premier plan l’intérêt supérieur de la Nation et le bien de notre peuple ", a déclaré le président de l’organisation épiscopale, Mgr Marcel Utembi.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a annoncé une rencontre mardi entre le président Joseph Kabila et les évêques pour essayer de décanter la situation après le constat de l’impasse.

Les évêques ont rappelé que la première phase des discussions avaient permis la signature d’un accord le 31 décembre après un mois des travaux.

A ce niveau, la Cenco porte à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale l’impasse politique de ces discussions qui traduit le manque de bonne volonté politique et l’incapacité des acteurs politiques et sociaux de trouver un compromis et mettant au premier plan l’intérêt supérieur de la Nation et le bien de notre peuple "
le président de l’organisation épiscopale, Mgr Marcel Utembi.

Mais ils ont regretté que les parties aient campé sur leurs positions, revenant même sur le consensus déjà dégagé sur certains points comme le principe et le format de désignation du Premier ministre ainsi que la direction du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

La présidence du CNSA avait déjà été attribuée à l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Mais son décès, le 1er février dernier, a constitué pour une partie de l’opposition et le pouvoir une occasion de revendiquer le poste.

L’argument soulevé ici, est que le poste avait été accordé par consensus à Etienne Tshisekedi en reconnaissance du rôle de celui-ci dans la lutte pour l’instauration de la démocratie dans le pays.

Le pouvoir et une partie de l’opposition récusent au Rassemblement, plateforme du défunt opposant, le droit de réclamer ce poste comme un héritage qui lui est échu. Ils exigent qu’un nouveau consensus se dégage sur la personne à désigner.

La désignation du Premier ministre constitue l’autre couac de taille. Le pouvoir demande une liste de trois noms mais le Rassemblement ne l’entend pas de cette oreille et tient à choisir seul.

Le principal parti de l’opposition, l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) et le Rassemblement promettent d’en appeler dès mardi à la résistance du peuple.

Le pouvoir a, lui, demandé que les institutions, supposées caduques faute d’élection, s’assument avec l’appui du peuple.

"Convaincue qu’un compromis est encore possible grâce a un sursaut patriotique de la part de tous, la Cenco lance un appel pathétique aux négociateurs à se montrer plus responsables et plus sensibles aux besoins du Peuple congolais et à ne pas perdre de vue l’objectif principal de ces négociations qui est l’organisation des élections dans moins d’une année", a toutefois déclaré Mgr Utembi.

"La Cenco n’entend pas conduire les bons offices indéfiniment. Elle en appelle à l’implication personnelle et a la responsabilité du Chef de l’Etat en tant que garant de la Nation, dans la mise en œuvre rapide de l’Accord de la Saint-Sylvestre", a-t-il souligné.

Le climat politique est tendu dans le pays avec plusieurs foyers d’affrontements comme dans le centre du pays et dans l’Est.

Les Nations Unies et l’Union africaine ont appelé les acteurs politiques congolais à se dépasser pour mettre en œuvre l’accord du 31 décembre sous peine d’un embrasement du pays.

Le Président Joseph Kabila se maintient au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles fautes d’élections. Il ne devrait plus se représenter pour un mandat, selon la Constitution.

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