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RDC

Au moins un manifestant tué par balle à Lubumbashi dans les marches interdites

Manifestations à Beni, Nord-Kivu, RDC, 21 mai 2020. (Twitter/LUCHA RDC)

Au moins un manifestant a été tué et plusieurs policiers blessés jeudi en République démocratique du Congo, selon un premier bilan des marches interdites lancées à l'appel du parti du président Félix Tshisekedi, a-t-on appris de sources hospitalière et onusienne.

Le manifestant a été tué dans la deuxième ville du pays, la capitale économique Lubumbashi (sud-est). "Le corps a été acheminé à la morgue de l'hôpital de référence de Sendwe", a déclaré à l'AFP un responsable du Bureau des droits de l'homme de l'ONU dans le pays (BCNUDH).

Il s'agit "d'un jeune de 32 ans qui a reçu une balle", a précisé à l'AFP une source dans cet établissement hospitalier.

"A Kinshasa, un policier a été lynché après avoir tiré sur les manifestants", selon une source onusienne précisant que le policier était mort et faisant état de "plusieurs blessés" parmi les policiers.

Un porte-parole de la police a affirmé qu'un policier est "dans un état grave" après avoir été "molesté" par les manifestants, sans confirmer sa mort, promettant un bilan plus détaillé en soirée.

D'autres sources avancent un bilan plus lourd.

Il y a eu trois morts parmi les manifestants, a ainsi déclaré le secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), à l'origine des manifestations dans plusieurs villes du pays.

Devant les manifestants, ce responsable UDPS, Augustin Kabuya, s'est prononcé pour la démission du ministre de l'Intérieur, Gilbert Kankonde, issu des rangs du même parti.

A Kinshasa, des milliers de manifestants ont été dispersés après avoir pu marcher un peu plus de trois kilomètres, a constaté l'AFP.

D'importants effectifs de police protégeaient les alentours du siège du Parlement, où ils ont également tiré des gaz lacrymogènes contre une deuxième vague de manifestants parvenus jusque là.

A Lubumbashi, plusieurs centaines de manifestants sont partis de diverses communes de la ville, convergeant vers le centre des affaires.

Des policiers et des militaires les ont dispersés en tirant des balles en l'air et des gaz lacrymogène.

Deux autres marches sont prévues les 13 et 19 juillet à l'appel d'autres partis ou organisations. Elles sont également interdites, a prévenu mercredi soir le ministre de l'Intérieur.

Les manifestants protestent contre le choix d'un nouveau président à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) qui organise les élections en RDC.

Les manifestants s'opposent à la désignation d'un membre de la direction sortante, Ronsard Malonda, à la présidence de la Commission électorale. Ils estiment que M. Malonda a participé aux fraudes électorales antérieures. Le président Tshisekedi doit encore valider cette nomination par ordonnance.

L'actuel président est lui-même accusé par une partie de ses ex-partenaires de l'opposition d'avoir bénéficié en 2018 de "résultats fabriqués" par la Céni.

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Grève des agents des sociétés pétrolières dans le sud-est de la RDC

Le personnel du gouvernorat du Sud-Kivu et de la DPMER radicalisent leur grève à Bukavu, Sud-Kivu, RDC, 8 août 2017. (VOA/Ernest Muhero)

La grève des employés des sociétés pétrolières a été largement observée jeudi dans plusieurs villes du sud-est de la République démocratique du Congo, provoquant la fermeture de stations-services, a-t-on appris de sources concordantes.

"Tous les membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) ont respecté le mot d'ordre de grève. Aucune station de distribution de carburant n'a fonctionné dans plusieurs villes: Lubumbashi, Likasi, Kasumbalesa et Kolwezi", a déclaré Patrick Muland, vice-président de la section FEC de la province du Haut-Katanga.

A Lubumbashi, capitale provinciale, toutes les stations services étaient fermées, et des attroupements s'étaient formés pour attendre un moyen de transport en commun.

"J'ai marché cinq kilomètres pour rejoindre mon lieu de travail, à cause de la fermeture des stations services", a déclaré Umba Ilunga, un habitant de Likasi, joint au téléphone par l'AFP.

"Pourquoi le gouvernement a-t-il laissé les sociétés pétrolières aller en grève au lieu d'anticiper en négociant avec elles ? Pour cinq litres d'essence, j'ai dû payer 10.000 francs congolais au lieu de 6.000 hier (mercredi)", a réagi auprès de l'AFP Kayembe Mwangal, un taxi de Kolwezi (Lualaba), remonté.

La ministre congolaise de l'Économie Acacias Babundola a invité "les pétroliers du Sud à faire montre d'un esprit patriotique et d'un sens élevé de responsabilité" afin d'obtenir la révision du prix du litre "dans un esprit de concertation et pour l'intérêt de tous".

Les sociétés pétrolières en grève assurent que le prix de vente actuellement appliqué dans leur zone "décapitalise leurs entreprises au point qu'elles ne sont plus en mesure de renouveler leurs stocks" et dénoncent des disparités de traitement.

A Lubumbashi, deuxième ville du pays, dans la région minière du Katanga, le prix de l'essence à la pompe est fixé à 1.390 francs congolais (0,73 dollar) depuis mai, alors qu'à Kinshasa, le prix du litre est de 1.995 francs congolais (1,05).

La RDC annonce le retrait des troupes zambiennes de son territoire

Le président Félix Tshisekedi au milieu des officiers de l'armée congolaise, à Kinshasa, RDC, le 11 juillet 2020 (Facebook / Présidence de la RDC). (Facebook/Présidence RDC)

Le gouvernement congolais a annoncé jeudi le retrait des troupes zambiennes qui occupaient deux villages du sud-est de la République démocratique du Congo, après une médiation de la Communauté des États d'Afrique australe (SADC).

Mi-mars, des combats avaient éclaté entre les armées congolaise et zambienne, faisant un mort de chaque côté, lorsque des troupes zambiennes avaient occupé deux villages congolais, à Muliro-Kibambe dans la province du Tanganyika (sud-est).

"A la date du 4 août 2020, nos services compétents en la matière et tous les responsables congolais et étrangers ont constaté le retrait effectif des troupes zambiennes", a déclaré le ministre David-Jolino Diwampovesa-Makelele, porte-parole du gouvernement.

Ce retrait a été rendu possible grâce aux conclusions d'une mission mixte dépêchée par la SADC du 22 au 29 juillet qui "a abouti à la reconnaissance par la Zambie que les territoires (congolais) frontaliers de Kalumbamba et Kibanga qu'elle avait occupés appartenaient à la RDC", avouant que "cela résultait d'un malentendu", a-t-il indiqué.

"En ce moment, la population congolaise concernée est en liesse, en particulier celle de (la localité de) Muliro. Elle a commencé à regagner les territoires anciennement occupés par l'armée zambienne", selon le ministre.

Le Comité mixte de la SADC a également ordonné l'implantation des bornes frontalières provisoires, en attendant la construction des bornes frontalières définitives et à matériaux durables, a encore dit M. Makelele.

Un traité signé en 1989 par la RDC et la Zambie avait résolu ce litige hérité de la colonisation par la délimitation des frontières terrestre et lacustre sur environ 200 km entre les lacs Moero et Tanganyika.

Mais des incidents similaires à la frontière entre les deux armées avaient éclaté en 1996, en 2006 et en septembre 2016 autour d'une localité congolaise facilement accessible du côté zambien, alors que du côté congolais, un marécage rend difficile tout accès.

Les violences en RDC ont fait plus de 1.300 morts au 1er semestre 2020

Un soldat armé du groupe rebelle UPC de la RDC monte la garde lors d'un rassemblement organisé par le chef rebelle Thomas Lubanga dans un village où se sont réfugiés les victimes des conflits Lundu-Hema, le 5 juin 2003. REUTERS / Antony Njuguna AN /

Plus de 1.300 personnes ont été tuées au premier semestre 2020 par des groupes armés en République démocratique du Congo. Ce chiffre est trois fois supérieur à celui de 2019 sur la même période, selon un rapport publié mercredi par les Nations unies.

Entre janvier et juin 2020, "les combattants de tous les groupes armés confondus (...) ont été responsables des exécutions sommaires d'au moins 1.315 personnes, dont 267 femmes et 165 enfants", a écrit le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH).

Ce bilan est "plus de trois fois le nombre enregistré au premier semestre 2019", qui était alors de 416.

Cette explosion est "indicative d'une détérioration de la situation des droits de l'homme dans les provinces en conflit, en particulier l'Ituri, le Sud-Kivu, le Tanganyika et le Nord-Kivu", a jugé le BCNUDH.

La façade orientale de la RDC est infestée depuis près de trois décennies par des dizaines de groupes armés.

Depuis décembre 2017, la région aurifère de l'Ituri a notamment renoué avec des violences évoquant un "crime contre l'humanité" d'après les Nations unies, avec des dizaines de milliers de civils déplacés.

Le conflit oppose deux communautés pour le contrôle des terres: les Lendu, majoritairement agriculteurs, et les Hema, éleveurs et commerçants.

Entre 1999 et 2003, un conflit entre ces deux groupes avait déjà fait plusieurs dizaines de milliers de victimes jusqu'à l'intervention d'une force européenne.

Comme en Ituri, les civils sont pris en étau dans des conflits qui les dépassent dans les provinces du Nord et Sud-Kivu (est) mais aussi dans celle de Tanganyika (sud-est).

Fin octobre 2019, l'armée a lancé des opérations contre tous les groupes armés dans la partie est du pays. Malgré ces offensives, les massacres des civils n'ont pas cessé.

Le rapport du BCNUDH note par ailleurs que "le nombre de violations commises par des agents de l'État a légèrement diminué (-3%)" pendant les six premiers mois de 2020.

Ces agents sont toutefois accusés d'avoir "été responsables des exécutions extrajudiciaires d'au moins 225 personnes, dont 33 femmes et 18 enfants, sur l'ensemble du territoire de la RDC", selon le document.

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