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RDC: 17 activistes pro-démocratie en liberté provisoire

Des manifestants forment un cercle et se tiennent la main à Beni, Nord-Kivu, 26 septembre 2018. (Facebook/Lucha Beni)

Dix-sept militants pro-démocratie arrêtés le 1er novembre ont été remis en liberté provisoire dimanche en République démocratique du Congo où une ONG britannique contre la torture s'est alarmée des conditions de détention d'activistes entre 2005 et 2017.

"Nous sommes tous libres depuis hier, on nous a accordé une liberté provisoire. Nous sommes convoqués vendredi au parquet", a déclaré lundi à l'AFP Gloria Senga, la coordinatrice du mouvement Vigilance citoyenne (Vigi).

Les 17 militants sont poursuivis pour "trouble à l'ordre public et désobéissance civile". Ils ont été détenus à la prison centrale de Makala à Kinshasa où ils avaient refusé de s'alimenter pour demander leur liberté.

Ils ont été interpellés alors qu'ils participaient à des actions d'"éducation civique et électorale" à l'approche de la campagne pour les élections présidentielle, législatives et provinciales du 23 décembre qui commence officiellement ce jeudi.

"Ils appelaient le peuple congolais à voter responsable, à ne pas voter par peur", a déclaré à l'AFP leur avocat Me Donald Kabasele.

"Aujourd'hui (lundi), ils doivent consulter leur médecin car leurs conditions de détention étaient inhabituelles", a ajouté l'avocat.

Étudiants pour la plupart, ces jeunes militants n'avaient jamais fait de prison, selon leur avocat.

Ils n'ont pas été maltraités en prison où les conditions de détention sont "inhumaines", selon lui: "Au cachot, ils ne se lavaient pas, ils dormaient à même le sol".

Le 9 novembre, l'organisation britannique Freedom from torture avait affirmé que "l'armée, la police et les services de renseignement de la République démocratique du Congo commettent régulièrement des actes de torture sur des activistes politiques et des droits humains".

L'ONG évoquait dans son rapport des cas de "viols collectifs, de strangulations et d'électrochocs".

Freedom from torture affirme avoir consulté "les rapports d'examens pratiqués par des spécialistes de médecine légale sur 74 Congolais - 49 femmes et 25 femmes", détenus entre 2005 et 2017.

De son côté, Human Right Watch (HRW) affirme avoir "également documenté le recours systématique aux arrestations, aux détentions arbitraires et aux mauvais traitements, ainsi que l'usage fréquent de la torture sur des personnes soupçonnées d'être des opposants et des activistes politiques".

Avec AFP

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L'ex-ministre de la Santé Oly Ilunga soupçonné d'avoir détourné plus de 4 millions de dollars

Le ministre de la santé Oly Ilunga, Kinshasa, RDC, 9 juin 2018. (Facebook Oly Illunga)

L'ex-ministre congolais de la Santé Oly Ilunga arrêté samedi à Kinshasa est soupçonné de détournement d'une somme de plus de 4 millions de dollars alloués à la lutte contre Ebola en RD Congo, a-t-on appris dimanche auprès de ses avocats.

"La police lui reproche d'avoir détourné la somme totale d'environ 4,3 millions de dollars américains mise à [sa] disposition par le trésor public de la RDC pour lutter contre Ebola", écrivent ses avocats Guy Kabeya et Willy Ngashi, dans un communiqué.

Selon la défense, "plus de 1,9 million de dollars américains de cette somme ont été décaissés en un mois après la démission du Dr Ilunga de manière qu'il ne peut nullement en répondre".

"Pour le reste, soit 2,4 millions de dollars (...) les pièces comptables attestent que cette somme a exclusivement été utilisée aux fins de la lutte contre la maladie à virus Ebola", ajoute le communiqué.

Le Dr Ilunga a été placé en garde à vue samedi à Kinshasa. La police a indiqué qu'il serait présenté lundi au parquet général près la cour de cassation. Visé par une enquête judiciaire. Il avait été interpellé et entendu fin août par la justice avant d'être interdit de sortie du territoire de la RDC.

La police l'a accusé de vouloir quitter le pays clandestinement en passant par le Congo-Brazzaville "aux fins de se soustraire des poursuites judiciaires".

"Le Dr Ilunga n'a jamais tenté de quitter le territoire national pour gagner le Congo-Brazzaville", a réagi sa défense.

Nommé ministre de la Santé par l'ancien président Joseph Kabila en décembre 2016, M. Ilunga a démissionné le 22 juillet 2019 en pleine crise de l'épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit en RDC depuis août 2018.

Il s'estimait désavoué par le nouveau président, Félix Tshisekedi, qui lui avait retiré la conduite de la riposte contre Ebola. M. Tshisekedi a confié la coordination de la lutte contre Ebola à Jean-Jacques Muyembe, directeur de l'Institut congolais de la recherche biomédicale de Kinshasa (INRB).

Avant sa démission, M. Ilunga s'était aussi opposé à l'introduction d'un deuxième vaccin anti-Ebola, produit du laboratoire belge Janssen, filiale de l'Américain Johnson&Johnson.

L'épidémie qui touche actuellement trois provinces de l'est de RDC a fait 2.071 décès pour 3.084 cas enregistrés, selon le dernier bilan publié vendredi.

Cette dixième épidémie d'Ebola sur le sol congolais depuis 1976 y est la plus meurtrière.

Les Congolais revenus d'Angola manifestent leur désespoir

Le président angolais Joao Lourenço, à droite, et son hôte congolais Joseph Kabila lors d’une conférence de presse conjointe à Luanda, Angola, 2 août 2018. (Twitter/Présidence RDC)

Les Congolais revenus d'Angola ont manifesté vendredi leur désespoir en amenant le corps d'un homme mort de faim, selon eux, devant le siège du gouvernorat à Kananga dans le centre de la République démocratique du Congo.

"Il est mort hier de la faim et du froid", a déclaré Ndaye Sage, qui se présente comme recenseur des ex-réfugiés congolais d'Angola.

"Nous sommes venus (d'Angola) avec lui depuis le 18 août 2019. Nous dormons à la belle étoile. Nous n'avons rien à manger", a-t-il ajouté.

Une centaine de personnes rapatriées d'Angola ont pris d'assaut l'entrée des bureaux du gouverneur de la province du Kasaï central.

Les manifestants ont entonné des chants hostiles au gouverneur, Martin Kabuya : ils l'accusent de les avoir poussés à retourner en RDC en leur promettant de meilleures conditions de vie.

"Le gouverneur est venu nous dire que le président Tshisekedi l'a envoyé nous chercher pour retourner dans notre pays", a affirmé un autre homme tout en brandissant sa carte du Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

La police est intervenue sans violence. "Que devons nous y faire, ce sont les autorités qui les ont ramenés ici. Ils ne réclament que leurs droits", a dit à l'AFP un responsable de la police sur place.

Depuis le 20 août, près de treize mille ex-réfugiés congolais d'Angola sont arrivés au Kasaï Central, selon la Direction générale des migrations (DGM).

Cinq mille d'entre eux ont été transportés à Kananga à bord des camions affrétés par le gouvernement provincial, selon la même source.

Le HCR avait indiqué en août que ce mouvement est dû à l'amélioration de la sécurité dans le Kasaï, ravagé par un conflit civil qui a fait au moins 3.000 morts et 1,4 million de déplacés, dont 37.000 réfugiés en Angola.

A Kananga, les ex-réfugiés sont hébergés dans un site de l'Église catholique où ils manquent de tout, d'après plusieurs témoignages.

En octobre 2018, les autorités angolaises avaient expulsé des dizaines de milliers d'étrangers au cours de l'opération "Transparence", montée pour lutter contre le trafic de diamants.

Environ 380.000 migrants clandestins, pour la plupart originaires de la RDC, avaient alors quitté l' Angola en moins d'un mois, d'après Luanda.

Bilans contradictoires après le déraillement d’un train de marchandise

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Au moins 50 morts dans le déraillement d'un train au Tanganyika

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Où sont les 15 millions ? La question qui embarrasse la présidence congolaise

Le président Félix Tshisekedi arrive à la présentation du programme de ses 100 premiers jours, à Kinshasa, RDC, 2 mars 2019. (Twitter/Présidence RDC)

Quinze millions de dollars disparus voire détournés des comptes du Trésor public? L'enquête agite et divise la nouvelle équipe au pouvoir en République démocratique du Congo, avec en ligne de mire le premier allié du président Félix Tshisekedi.

Il s'agit de la première "affaire" depuis l'investiture le 24 janvier de M. Tshisekedi, silencieux sur le sujet entre deux promesses de lutter contre la corruption et pour le "changement des mentalités" en RDC.

Vital Kamerhe, 60 ans, ex-président de l'Assemblée nationale, est davantage que son tout puissant directeur de cabinet: son premier partenaire politique.

Les deux hommes ont conclu un accord en novembre, juste avant les élections présidentielle, législatives et provinciales du 30 décembre.

M. Kamerhe aurait dû devenir Premier ministre après s'être désisté en faveur de M. Tshisekedi. Mais ils ont dû laisser la "Primature" aux alliés de l'ex-président Joseph Kabila, toujours majoritaires au Parlement.

A la présidence, M. Kamerhe n'a pas que des amis. Son parcours sinueux (pilier de l'ancien régime Kabila avant de passer à l'opposition en 2010), son omniprésence et ses ambitions présidentielles pour 2023 agacent la vieille garde des fidèles du président Tshisekedi, formés à l'école des cadres du parti UDPS.

Et depuis quelques jours, il a une bête noire: l'Inspection générale des finances (IGF), organisme placé sous la tutelle directe du chef de l'Etat à l'origine de trois récentes enquêtes.

Dans la plus retentissante, l'IGF cite "le directeur de cabinet" parmi les quatre responsables d'une "irrégularité" qui a privé l'Etat de 15 millions de dollars.

Cette somme a atterri sur le compte d'un "Comité de suivi des prix des produits pétroliers" ouvert dans une banque commerciale, la Rawbank, indique l'IGF dans un rapport daté de juillet disponible sur les réseaux sociaux.

Tshisekedi entre pragmatisme et principes
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Ces 15 millions correspondent à une retenue de 15% qui était destinée au Trésor public prélevée sur une somme de 100 millions versée par l'Etat à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe.

Ll'IGF relève qu'entre le 27 mai et le 7 juin, la quasi-totalité de la somme - 14,775 millions - a été retirée en six fois du fameux compte ouvert à la Rawbank.

L'IGF détaille les retraits - de 775.000 à cinq millions de dollars- effectués en liquide par les deux mandataires du compte, désignés par l'ancien ministre de l'Economie.

Le compte a été "vidé", constate une source judiciaire.

"Il n’y a pas eu de détournement", s'est défendu M. Kamerhe à Jeune Afrique lundi. "Cet argent n’a pas disparu."

'Des pratiques anciennes'

"J'ai fait mon rapport et je l'ai transmis à qui de droit, aux autorités", a commenté pour l'AFP le ministre de l'Economie sortant, Henri Yav Mulang. Le titulaire du poste vient de changer avec l'investiture d'un nouveau gouvernement.

Où est l'argent? Une enquête judiciaire est en cours. Confronté à des "difficultés", l'IGF a transmis le dossier le 31 juillet à la plus haute juridiction du parquet, le procureur général près la Cour de cassation.

Le parquet a requis des informations auprès de la Rawbank et auditionné les deux mandataires du compte, selon des documents consultés par l'AFP.

Le président Tshisekedi n'a rien dit publiquement sur cette affaire, comme il n'a rien dit sur l'autre dossier qui a opposé M. Kamerhe à l'IGF.

En juillet, l'IGF a été saisie par l'Agence nationale de renseignements (ANR) pour auditer les dépenses des ministères depuis l'investiture du président. Vital Kamerhe a demandé à l'IGF la suspension de cet audit.

Dans un troisième dossier, Vital Kamerhe a aussi bridé les ardeurs de l'IGF qui s'intéressait à des entreprises du secteur privé, dont les deux brasseries Bralima (filiale de Heinekein) et Bracongo (filiale de Castel).

Vendredi, le président Tshisekedi a tenu à "rassurer le monde des affaires" contre les "tracasseries" administratives à l'ouverture d'un forum économique. Des propos interprétés comme un soutien à son "dircab".

Dimanche, l'IGF avait curieusement convoqué puis annulé une conférence de presse, "pour des questions de coordination avec la hiérarchie". La veille le chef de l'Etat avait reçu son chef de service en l'assurant de son soutien, affirme une source proche du dossier.

"Des pratiques anciennes se sont instituées en marge de la loi. Le nouveau gouvernement a l'occasion de prouver sa volonté de changement", rêve une source de l'IGF dont deux agents avaient en août été interpellés avant d'être relâchés.

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