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Ras Bath met fin à l'accord avec le chef de l'opposition au Mali

"Ras Bath", activiste contestataire, Mali, 29 mai 2017. (Facebook/Ras Bath)

Le mouvement du militant contestataire et homme de radio malien Ras Bath a annoncé la fin de son "accord politique" avec l'opposant Soumaïla Cissé, qu'il avait soutenu pendant la campagne qui a mené à la réélection au mois d'août du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta.

"L'investiture de M. Ibrahim Boubacar Keita le 4 septembre par la cour suprême, malgré les irrégularités graves qui ont émaillé ces élections - bourrage des urnes, achat de conscience, tripatouillage des résultats... - met fin au processus électoral selon les lois maliennes", a indiqué dans un communiqué le mouvement dont Ras Bath est le figure de proue, le Collectif pour la défense de la république (CDR).

"Par conséquent", le CDR "met fin à l'accord politique conclu" avec Soumaïla Cissé le 28 juin, soit un mois avant le premier tour de la présidentielle, et annonce son "retour à son statut originel et à ses activités de société civile".

Le CDR "remercie" néanmoins Soumaïla Cissé, qui a jusqu'ici refusé de reconnaître sa défaite, "pour la pertinence de son programme, son sens élevé de responsabilité et son statut d'homme d'Etat".

Le mouvement de Ras Bath, qui a été vu plusieurs fois ces dernières semaines dans des marches de l'opposition, indique qu'il ne participera pas aux élections législatives à deux tours des 28 octobre et 18 novembre "tant qu'elles seront organisées" par le ministre de l'Administration territoriale, Mohamed Ag Erlaf, reconduit dimanche dans ses fonctions dans le nouveau gouvernement du Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga.

Animateur radio adulé, Ras Bath, 44 ans, cristallise la rancœur populaire depuis des années, en particulier celle des jeunes, contre la classe politique dirigeante, "une bande criminelle" responsable des affres du Mali, pays épuisé par la pauvreté extrême et six années de violences jihadistes et ethniques.

Le CDR a également expliqué "se joindre" aux actions juridiques lancées par plusieurs candidats réunis autour de Soumaïla "contre les membres de la cour constitutionnelle pour forfaiture devant la cour suprême (du Mali) et la cour de justice de la Cédéao.

Avec AFP

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Ebola: l'OMS évalue l'épidémie mercredi après le décès du premier cas à Goma

Le personnel médical de l'unité de traitement Ebola (ETU) à l'hôpital général de Bwera, dans l'ouest de l'Ouganda, à la frontière avec la RDC,le 12 décembre 2018.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) va de nouveau évaluer mercredi la portée de l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo, après le décès du premier cas enregistré dans une métropole, Goma, deuxième ville du pays et carrefour des Grands Lacs.

Un peu plus d'un mois après les deux premiers cas enregistrés à l'étranger en Ouganda, l'OMS va de nouveau se demander s'il faut élever cette épidémie - qui a tué 1.668 personnes depuis l'été dernier - au rang d'"urgence de santé publique de portée internationale".

La situation doit être pour cela "grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue", avec des "répercussions pour la santé publique au-delà des frontières nationales de l'État touché", ce qui "peut exiger une action internationale immédiate", selon les critères du Règlement sanitaire international.

La réponse avait été "non" le 14 juin.

Comme pour l'Ouganda, ce premier cas diagnostiqué à Goma, la plus grande ville touchée par l'actuelle épidémie avec un à deux millions d'habitants, semble bousculer la routine de la "riposte" face à une épidémie déclarée le 1er août 2018.

"Il est important d'évaluer le niveau de risque", a déclaré à la presse à Goma Ibrahima Socé Fall, directeur général adjoint de l'OMS.

"L'évaluation de l'OMS montre que le risque est élevé pour les provinces et les pays voisins, notamment l'Ouganda et le Rwanda", a ajouté le coordinateur de l'OMS sur place Michel Yao.

Goma est proche du Rwanda, qui a déconseillé à ses ressortissants de traverser la frontière.

La ville, bien connue des humanitaires et des Nations unies, dispose d'un aéroport connecté à Kinshasa, Entebbe-Kampala et Addis Abeba. Des bateaux partent vers la province voisine du Sud-Kivu.

- "Envoyé spécial" français -

En préambule à sa conférence de presse, l'OMS a confirmé le décès du patient diagnostiqué dimanche à Goma lors de son transfert à Butembo, l'un des principaux foyers de l'épidémie à 250 km à vol d'oiseau au nord.

Ce patient "était pratiquement en phase terminale donc c'était un transfert assez délicat", a relevé M. Yao de l'OMS.

Il est présenté par les autorités comme un pasteur d'une Eglise chrétienne qui avait présenté les premiers symptômes le mardi 9 juillet avant de voyager en bus vers de Butembo vers Goma le vendredi 12.

Originaire de Bukavu (Sud-Kivu), il est arrivé à Butembo début juillet. Là, il avait prêché dans sept églises où il avait touché des fidèles, y compris des malades, d'après le ministère de la Santé.

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu Carly Nzanzu a demandé à la population de Goma de "suivre les conditions hygiéniques": "Si à Goma, on se comporte très bien, on accompagne l'équipe de la riposte, il y aura plus de peur que de mal".

L'épidémie était circonscrite jusqu'à présent dans la région de Beni-Butembo (environ 250 km à vol d'oiseau au nord de Goma), et très marginalement dans la province voisine de l'Ituri.

La France a annoncé, sous la pression des événements, qu'elle nommait un "envoyé spécial" pour Ebola en RDC. Il s'agit du professeur Yves Levy, spécialiste reconnu en immunologie, ancien PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

La veille, le responsable des situations d'urgence de l'OMS Mike Ryan avait regretté l'absence de contribution financière française.

"Ce serait bien d'avoir davantage de personnels issus des pays francophones sur le terrain. Nous avons besoin d'expertise en français mais surtout nous allons avoir besoin de beaucoup d'argent, de centaines de millions de dollars pour apporter une vraie réponse et retomber à zéro (cas) cette année", a ajouté le ministre britannique du Développement international, Rory Stewart.

Avec AFP

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