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IBK "sur orbite", son principal opposant bat le rappel des vaincus


Le président sortant du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, à gauche et le leader de l'opposition et candidat à la présidence malienne, Soumaila Cisse un ancien ministre des finances et de l'économie, vote au bureau de vote de Niafounke, lors de l'élection prés

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a remercié vendredi les Maliens qui sont allés voter au premier tour et ont ainsi "donné tort à ceux qui prédisaient le pire", le plaçant loin devant son principal opposant, Soumaïla Cissé et "sur orbite" pour un second mandat.

IBK a obtenu au premier tour le 29 juillet 41,42% des voix contre 17,8% des voix à M. Cissé, selon les résultats officiels provisoires annoncés jeudi soir. Les deux hommes s'affronteront donc au second tour le 12 août, comme en 2013.

Le chef de l'opposition a battu vendredi le rappel des éliminés pour tenter de refaire son retard.

La communauté internationale, présente militairement avec la force française Barkhane, qui a succédé à l'opération Serval, déclenchée en 2013 contre les jihadistes, et avec les Casques bleus de l'ONU, attend du vainqueur une relance de l'accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.

Malgré cet accord, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

"Vous m'avez placé sur orbite", a déclaré Ibrahim Boubacar Keïta devant quelques centaines de cadres de sa majorité, qui l'ont accueilli aux cris de "IBK président!", lors de cette première apparition depuis le vote. Il a appelé à "amplifier cet élan et confirmer le choix de la paix et du progrès" au second tour.

"Vous avez donné tort à ceux qui prédisaient le pire", s'est-il félicité, en référence à la tenue du scrutin dans la majeure partie du pays, malgré les menaces d'attaques jihadistes. "Je déplore les incidents survenus dans certaines localités du pays, qui ont empêché certains de nos compatriotes d'accomplir leur devoir citoyen", a-t-il ajouté.

>> Lire aussi : Soumaïla Cissé appelle à un "large front" pour battre IBK au Mali

Ces attaques ont néanmoins perturbé le vote dans plus de 700 bureaux sur quelque 23.000, malgré la mobilisation de plus de 30.000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères.

- Radio contestataire fermée -


Ce climat a pesé sur la participation, de 43,06%, un taux plutôt supérieur à la moyenne habituellement observée dans ce vaste pays d'Afrique de l'Ouest connu pour son rayonnement culturel mais où moins d'un tiers des plus de 15 ans sont alphabétisés.

Le 31 juillet, quatre militaires en mission d'escorte de matériel électoral dans le centre du pays ont péri dans une attaque jihadiste.

De son côté, Soumaïla Cissé a dénoncé des résultats "ni sincères, ni crédibles". "Nous ne les accepterons pas!", a lancé l'ancien ministre des Finances devant ses militants, se gardant toutefois d'annoncer des recours en justice.

M. Cissé a appelé les 22 candidats éliminés à constituer autour de lui un "large front démocratique contre la fraude" et pour l'alternance, estimant que "le camp du changement est désormais majoritaire".

Il s'est aussi inquiété de la fermeture par les autorités de la radio Renouveau FM en raison d'une virulente chronique de son animateur vedette, l'activiste contestataire Ras Bath. "Cela montre ce que pourrait être un deuxième mandat", a-t-il dit.

>> Lire aussi : "IBK" largement en tête, le chef de l'opposition tente de mobiliser au Mali

L'association Reporters sans frontières elle aussi a contesté la "légalité de cette décision", rappelant qu'à la suite de l'interpellation de trois journalistes de TV5 Monde à l'aéroport de Bamako le 22 juillet le gouvernement s'était engagé à ce qu'"aucun journaliste ne soit bloqué dans l'exercice de ses fonctions" pendant la période électorale.

Le candidat arrivé troisième, avec 7,95%, l'homme d'affaires Aliou Boubacar Diallo, a annoncé, malgré cette "prouesse" pour sa toute première participation, son intention de saisir la Cour constitutionnelle.

Il a dénoncé "le bourrage des urnes dans certaines localités, leur enlèvement illégal ailleurs, la violation de la procédure de dépouillement dans de nombreux bureaux de vote, l'achat massif des consciences ou encore les plus de 200.000 bulletins déclarés nuls".

Enfin, le positionnement de l'ancien Premier ministre de transition (avril-décembre 2012), Cheick Modibo Diarra, arrivé quatrième avec 7,46%, loin devant les 20 autres candidats, était très attendu.

"IBK est malgré tout est favori", a indiqué le sociologue Mamadou Samaké, soulignant ses réalisations dans le domaine social et de la construction de routes.

Les représentants de la communauté internationale ont par ailleurs invité les autorités à "prendre en compte les recommandations pertinentes (...) formulées par les différentes missions d'observation", selon un communiqué.

Une source au ministère de l'Administration territoriale a toutefois indiqué que les résultats ne seraient pas communiqués "bureau par bureau", contrairement aux demandes répétées des observateurs européens et de l'opposition.

Avec AFP

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