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Rapport Mueller : les démocrates ne lâchent toujours pas

Le président de la commission judiciaire de la Chambre, Jerrold Nadler, le 4 avril 2019, à Capitol Hill.

Un dirigeant démocrate du Congrès américain, Jerry Nadler, a affirmé jeudi que le rapport du procureur Robert Mueller démontrait que le président américain Donald Trump avait fait obstruction à l'enquête russe.

"Même dans sa version incomplète, le rapport Mueller met en évidence des preuves inquiétantes montrant que le président Trump a fait entrave à la justice", écrit M. Nadler, chef de la puissante commission judiciaire de la Chambre des représentants, qui a le pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires.

"Il revient désormais au Congrès de tenir le président pour responsable de ses actions", a ajouté M. Nadler.

Après 22 mois d'enquête sur l'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et les soupçons de collusion entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, le procureur spécial Robert Mueller a conclu qu'il n'y avait pas eu entente entre ces derniers.

Il ne l'a en revanche pas blanchi des soupçons d'entrave à la justice, dans son rapport publié jeudi après avoir été expurgé des informations confidentielles.

C'est sur ce dernier point que les démocrates ont surtout réagi, plus de deux heures après la publication du compte-rendu de l'enquête.

"Une chose est claire", ont affirmé les chefs démocrates du Congrès Nancy Pelosi et Chuck Schumer: "Le rapport Mueller semble contredire la conclusion" du ministre de la Justice Bill Barr, selon lequel il n'y a pas matière à poursuivre Donald Trump pour entrave à la justice.

Les démocrates ont demandé au procureur Mueller de témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. Bill Barr a déclaré qu'il ne s'y opposerait pas.

Alors que Donald Trump crie victoire, s'estimant totalement exonéré, les démocrates du Congrès semblent ainsi vouloir maintenir le cap de leurs enquêtes parlementaires.

Mais les chefs écartent encore la perspective d'une procédure de destitution, ou "impeachment", qui serait pour l'instant vouée à l'échec compte tenu de la majorité républicaine au Sénat et du soutien solide au président dans son camp.

Du côté des candidats démocrates à la présidentielle de novembre 2020, les réactions ont été plus diffuses dans les premières heures.

Certains prétendants à la Maison Blanche comme Bernie Sanders n'avaient toujours pas réagi publiquement plusieurs heures après la publication du rapport. Mais le sénateur indépendant a en revanche tweeté sur le problème de dette des étudiants et sur la Corée du Nord.

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Cargo saisi : Pyongyang met en garde Washington contre des "conséquences"

Un cargo passe par les côtes sud-africaine, le 19 octobre 2009.

La saisie par les Etats-Unis d'un cargo nord-coréen accusé de violer des sanctions internationales pourrait avoir des "conséquences" sur l'avenir des relations avec la Corée du Nord, a affirmé mardi son ambassadeur à l'ONU, Kim Song, lors d'une rare conférence de presse.

"Les Etats-Unis devraient en discuter et penser aux conséquences que pourraient avoir des actes scandaleux sur l'avenir" des relations bilatérales, a dit Kim Song. Il a refusé d'en dire plus sur ces "conséquences". "Tout dépend des Etats-Unis", "nous regarderons chaque mouvement des Etats-Unis sur ces sujets", a-t-il répété.

L'ambassadeur nord-coréen a appelé Washington à permettre le retour du navire à la Corée du Nord, une position partagée par la Russie, avait indiqué lundi à des médias son ambassadeur, Vassily Nebenzia.

Kim Song a qualifié la saisie de "déni pur et simple" des engagements du président américain pris à l'égard de son homologue nord-coréen Kim Jong Un afin d'améliorer les relations bilatérales.

La conférence de presse de l'ambassadeur nord-coréen s'inscrit dans le cadre d'une offensive diplomatique sur ce dossier. En fin de semaine dernière, Pyongyang a fait parvenir une lettre au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres pour qu'il intervienne, mais l'ONU a fait savoir que le problème devait être réglé de manière bilatérale.

Les autorités américaines ont annoncé en mai avoir saisi le cargo nord-coréen "Wise Honest" (17.000 tonnes), accusé d'avoir violé les sanctions internationales en exportant du charbon et en important des machines. Il se trouvait bloqué depuis un an en Indonésie, son capitaine étant poursuivi par les autorités indonésiennes. Une procédure de saisie avait été lancée par Washington en juillet 2018.

La Corée du Nord est sous le coup de multiples sanctions économiques décidées notamment à trois reprises en 2017 à l'initiative des Etats-Unis pour la contraindre à renoncer à ses programmes balistiques et nucléaires.

Un ramadan frugal pour des Syriens au pouvoir d'achat érodé par la guerre

Des civils syriens attendent leur évacuation par le Croissant-Rouge syrien dans l'enclave de la Ghouta orientale, Syrie, 22 mars 2018,

Dans le souk de Bab Srijeh, l'un des plus réputés de Damas, Abou Anas al-Hijazi scrute les étals de produits alimentaires mais renonce à acheter. Ses revenus ayant fondu avec la guerre, ce Syrien est contraint à un ramadan frugal.

"Nous avions l'habitude de convier six ou sept fois la famille et les amis à des repas copieux" pour l'"iftar", la rupture du jeune au coucher du soleil, se souvient cet homme de 45 ans, chanteur dans un groupe se produisant lors de mariages.

"Mais maintenant, j'invite une ou deux fois, tout au plus", ajoute-t-il.

Pour beaucoup en Syrie, pays à l'économie dévastée par plus de huit ans de guerre, les célébrations du ramadan ont dû se faire de plus en plus modestes.

Selon l'ONU, 83% de la population vit aujourd'hui sous le seuil de la pauvreté, contre 28% avant la guerre qui a éclaté en mars 2011 et fait plus de 370.000 morts.

Et 80% des ménages peinent à assurer leurs besoins alimentaires de base, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

"Cette année, nous offrons de petites portions à la place des festins", explique Abou Anas.

"Plus rien n'est pareil" qu'avant, regrette-t-il.

- "Pas assez d'argent" -

A l'instar d'Abou Anas, Rabbah Ammar souffre également des retombées socio-économiques de la guerre et contrôle strictement chaque dépense.

"Je viens au souk de Srijeh (...) car les prix y sont plus abordables", explique cette femme de 52 ans habitant au sud de Damas.

Elle a économisé des mois durant en prévision du ramadan et doit adapter les ingrédients qu'elle utilise pour respecter son budget.

"Nous avons remplacé les petits pois par les fèves car elles sont moins chères et les courgettes sont désormais farcies au riz à cause du prix élevé de la viande", raconte Mme Ammar.

A proximité, Abou Imad vaporise de l'eau sur les tomates charnues de son étal de primeurs pour leur donner belle allure.

Il affirme que les prix ont fortement baissé cette année.

"Le prix d'un kilogramme de concombres était de 700 livres syriennes (1,5 euro) l'année dernière (...) Aujourd'hui, il se vend à 200" livres (40 centimes d'euros), précise-t-il.

Assis à côté de cagettes de légumes, Talal Chawkal observe passer les clients devant son petit magasin.

Il explique que la baisse des prix cette année était liée à une hausse de l'offre. Les fermes de la Ghouta orientale, une région proche de Damas que le régime a reprise aux rebelles l'an dernier au terme d'une offensive militaire meurtrière, ont en effet recommencé à produire.

Mais la demande n'est pas au rendez-vous car "les gens n'ont pas assez d'argent pour acheter", souligne-t-il.

- Achat à l'unité -

Porteur de courses depuis des années, Mohammad Imad Kobeissi pâtit également de l'érosion du pouvoir d'achat.

"Aujourd'hui, j'attends très longtemps avant qu'un client ne me demande" de l'aider, confie cet homme de 60 ans. La plupart des gens quittent le souk "avec un ou deux sacs" remplis tout au plus et "ils peuvent les porter sans moi", dit-il.

Sur l'un des trottoirs de ce souk populaire, Abou Ammar arrange courgettes et concombres sur le chariot de bois qui lui sert de stand.

"Je travaille sur ce marché depuis l'âge de 10 ans", explique cet homme de 60 ans.

"C'est la première année que des clients achètent les légumes à l'unité", raconte ce déplacé originaire de la Ghouta orientale.

"Je comprends très bien la situation des gens (...) Personnellement, j'ai dû vendre ma voiture pour pouvoir assumer les dépenses quotidiennes".

Parfois, poursuit-il, "des clients me demandent seulement trois courgettes, je les leur donne gratuitement et leur demande en contrepartie de prier pour moi".

Golfe : Washington met en cause Téhéran pour des attaques mais baisse d'un ton

La Garde côtière américaine arraisonne un ravitailleur pirate dans le Golfe Aden13 mai 2009.

L'administration de Donald Trump a jugé mardi "assez probable" que l'Iran soit derrière les mystérieux "actes de sabotage" contre des intérêts pétroliers dans le Golfe mais a estimé que l'action déterminée des Etats-Unis avait permis d'éloigner les menaces.

Après des jours d'escalade, et alors que la confrontation entre les deux pays ennemis a dérivé sur le terrain militaire, les Etats-Unis semblent vouloir s'extraire de cette phase à hauts risques.

"Nous sommes dans une période où le risque reste élevé", les menaces n'ont pas "disparu" et "notre mission est de nous assurer que les Iraniens ne fassent pas de mauvais calculs", a déclaré mardi le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan.

Mais les multiples déploiements militaires américains dans la région décidés par Washington, qui met en garde depuis début mai Téhéran en l'accusant de préparer des actes malveillants, ont permis "d'écarter" pour l'instant "le risque d'attaques contre des Américains", a-t-il estimé.

"Notre réponse prudente, je pense, a donné aux Iraniens le temps de réfléchir", a insisté le chef du Pentagone.

Lundi déjà, le président des Etats-Unis avait tempéré l'idée d'une menace imminente persistante. "Nous n'avons pas d'indications qu'ils vont" attaquer des intérêts américains, avait reconnu Donald Trump, au lendemain de l'un de ses avertissements les plus musclés à l'égard de l'Iran, dont il avait promis "la fin officielle" en cas d'agression.

"Il y aura des conséquences douloureuses pour tout le monde s'il y a une escalade contre l'Iran, c'est une certitude", a prévenu en retour mardi le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans un entretien à la chaîne américaine CNN. "Les Etats-Unis jouent un jeu très, très dangereux", a-t-il souligné.

Face au scepticisme provoqué par les accusations américaines, Patrick Shanahan, avec le chef d'état-major Joseph Dunfort et le secrétaire d'Etat Mike Pompeo, doivent informer mardi après-midi les deux chambres du Congrès, à huis clos, sur la nature des renseignements dont ils disposent.

De nombreux élus démocrates soupçonnent le gouvernement, qui a également rappelé dans la précipitation une partie de ses diplomates en poste en Irak, d'exagérer la menace pour provoquer une déflagration avec la République islamique.

- "Une folie absolue" -

Si le milliardaire républicain assure ne pas vouloir d'une nouvelle guerre, et se dit même prêt à dialoguer avec les dirigeants iraniens, certains ténors de son administration, à commencer par son conseiller à la sécurité nationale John Bolton, ont toujours fait partie des faucons partisans d'un changement de régime à Téhéran et de frappes pour empêcher l'Iran de fabriquer la bombe atomique.

"Ce serait une folie absolue pour les Etats-Unis d'être impliqués dans une autre guerre au Moyen-Orient en ce moment", a prévenu lundi le sénateur démocrate Tim Kaine, appelant à privilégier la diplomatie.

Le président démocrate de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, Adam Schiff, l'un des rares parlementaires déjà briefés la semaine dernière sur la menace iranienne, n'avait pas publiquement mis en doute la crédibilité des éléments qui ont justifié, côté américain, la récente escalade. Mais il avait, lui aussi, accusé l'administration Trump d'avoir "considérablement renforcé les tensions avec l'Iran" en quittant l'accord sur le nucléaire, en multipliant les sanctions et en inscrivant les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique, sur la liste noire américaine des organisations terroristes.

"Ce que je veux, c'est souligner la crédibilité du renseignement", a assuré mardi le ministre de la Défense. "Nous avons parlé de menaces et il y a eu des attaques", a-t-il dit, en référence aux récents "actes de sabotage" non revendiqués contre quatre navires dans le Golfe, dénoncés par les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite.

Interrogé lors de l'émission radio du journaliste conservateur Hugh Hewitt sur ces mystérieux "sabotages", Mike Pompeo a pour la première fois évoqué clairement une responsabilité iranienne.

Si l'administration Trump n'est pas encore parvenue à "une conclusion définitive", "à la lumière de tous les conflits régionaux de la dernière décennie et de la forme de ces attaques, il semble assez probable que l'Iran soit derrière", a-t-il déclaré, parlant également d'une attaque de drone contre un oléoduc iranien, revendiquée par les rebelles yéménites soutenus par Téhéran.

Le régime syrien poursuit les arrestations arbitraires, selon HRW

Des portraits du président russe Vladimir Poutine, du président syrien Bashar al-Assad et du dirigeant libanais du Hezbollah Hassan Nasrallah à Alep, au nord de la Syrie, 17 mars 2018.

Le régime syrien harcèle et arrête arbitrairement des civils dans les zones reprises aux rebelles, poursuivant ses pratiques répressives à l'égard d'opposants présumés, a accusé mardi Human Rights Watch (HRW).

Assiégés et bombardés par les forces du président Bachar al-Assad, des groupes rebelles dans différentes régions ont été contraints en 2018 d'accepter des accords de reddition supervisés par la Russie, alliée du pouvoir syrien qu'elle aide militairement dans le conflit.

En vertu de ces accords, civils et combattants réfractaires ont été transférés dans d'autres zones sous contrôle rebelle, tandis que ceux souhaitant rester sur place ont bénéficié d'une amnistie. La Russie a déployé sa police militaire dans certaines zones reconquises.

Selon l'ONG de défense des droits humains HRW, les organisations locales ont recensé au moins 500 arrestations dans trois régions reprises en 2018 par les pros régime : la province méridionale de Deraa, la Ghouta orientale près de Damas et le sud de la capitale.

"Les combats ont pris fin dans une grande partie de la Syrie, mais rien n'a changé dans la manière dont les services de renseignement piétinent les droits d'opposants présumés au régime d'Assad", a fustigé Lama Fakih, directrice par intérim pour le Moyen-Orient à HRW.

"L'absence de procédures régulières, les arrestations arbitraires et le harcèlement (...) sont plus parlantes que les promesses vides de retour (des déplacés), de réforme et de réconciliation", a-t-elle ajouté, en soulignant que son organisation avait pu documenter 11 cas d'abus.

Les abus recensés visent d'anciens dirigeants ou militants de l'opposition, des travailleurs humanitaires ainsi que des membres de familles d'anciens combattants anti régime, a indiqué HRW.

"Les personnes visées avaient signé les accords de réconciliation", a précisé l'ONG, qui a appelé la Russie à intervenir pour relâcher les personnes détenues. Les accords de reddition étaient présentés comme des accords de "réconciliation" par le régime.

"Ceux qui vous parlent de stabilité ou de sécurité dans le sud (de la Syrie) mentent", a déploré un travailleur humanitaire à Deraa cité par HRW. "Il y a encore des assassinats et des détentions arbitraires, et les habitants continuent d'être persécutés".

Selon l'ONU mardi, entre juillet 2018 et mars 2019, 380 personnes ont été arrêtées ou détenues dans la seule province de Deraa. Parmi elles, 150 ont été libérées mais le sort des 230 autres reste inconnu.

La semaine dernière, huit ONG des droits humains ont appelé la communauté internationale à faire pression sur les belligérants en Syrie, dont le régime, pour révéler le sort de "dizaines de milliers" de personnes portées disparues en huit ans de conflit.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), environ 200.000 personnes sont toujours portées disparues.

Theresa May prête à accorder un nouveau référendum pour sortir de l'impasse sur le Brexit

La Première ministre britannique Theresa May, lors d'un discours à Londres, le mardi 21 mai 2019.

La Première ministre britannique a annoncé mardi une série de compromis, dont la possibilité de voter sur un second référendum, pour tenter de rallier à son plan de Brexit la majorité des députés.

Une autre concession a trait au maintien dans une union douanière temporaire avec l'Union européenne.

Theresa May les a enjoints de la soutenir, assurant qu'il s'agissait de la "dernière chance" de mettre en œuvre la volonté des Britanniques, qui ont voté à 52% pour la sortie de leur pays de l'Union européenne en juin 2016.

Les élus ont rejeté à trois reprises l'accord de Brexit conclu en novembre par la dirigeante avec Bruxelles, l'obligeant à repousser deux fois la date du divorce, désormais programmé pour le 31 octobre au plus tard. Cela a aussi contraint le gouvernement à organiser en catastrophe des élections européennes qui se tiennent jeudi, alors que le Royaume-Uni avait prévu de quitter l'UE le 29 mars.

Si les députés approuvent le projet de loi, qui leur sera présenté début juin, elle entend les faire voter sur la tenue d'un second référendum sur le Brexit ainsi que sur le maintien temporaire du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE.

La dirigeante conservatrice s'est en outre engagée à garantir les droits des travailleurs et les normes environnementales, ce qui était aussi réclamé par l'opposition travailliste.

- "Difficile" question douanière -

Le Parlement britannique avait rejeté à la mi-mars la tenue d'un second référendum, une idée défendue par plusieurs partis mais rejetée par les pro-Brexit et redoutée par d'autres, qui craignent que cela aggrave les divisions du pays.

Si les députés votent en faveur de la tenue d'un référendum, celui-ci aura lieu avant que l'accord de retrait puisse être ratifié, a précisé Theresa May.

S'ils adoptent le projet de loi et rejettent la tenue d'un référendum, le Royaume-Uni pourra quitter l'UE fin juillet.

Toutefois, le chef du Labour, principal parti d'opposition, Jeremy Corbyn, a prévenu que son parti "ne peut pas soutenir" le nouvel accord de Brexit de Theresa May, arguant sur Twitter que celui-ci n'est qu'une version réchauffée de son ancien et mauvais accord".

Le Labour avait rompu vendredi les pourparlers engagés avec Mme May pour trouver un compromis sur le Brexit.

Tandis que le Labour défend le maintien dans une union douanière avec l'UE - synonyme de politique douanière et commerciale communes -, Theresa May a toujours affirmé vouloir en sortir pour permettre à son pays de conclure librement des accords commerciaux avec des pays tiers.

La Première ministre a reconnu mardi que la question douanière était la "plus difficile", ajoutant qu'il fallait encore "résoudre ce différend".

- Débat sans fin -

Outre ses compromis destinés à séduire les travaillistes, Theresa May a dit avoir aussi écouté les inquiétudes des unionistes du petit parti nord-irlandais DUP à propos du filet de sécurité ("backstop" en anglais). Une solution de dernier recours incluse dans le Traité de retrait de l'UE et destinée à éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et l'Irlande après le Brexit, afin de préserver les accords de paix de 1998 et l'intégrité du marché unique européen.

Theresa May a précisé que le gouvernement aura l'obligation de chercher des arrangements alternatifs au "backstop" d'ici décembre 2020.

S'il a promis que son parti examinerait "attentivement" le projet de loi, Nigel Dodds, député du DUP a cependant souligné dans un communiqué que "les défauts fondamentaux du Traité de retrait sont toujours les mêmes".

Que les députés adoptent ou rejettent son projet de loi, Mme May devra se préparer à céder sa place.

Jeudi, elle a été sommée au cours d'une réunion avec le "comité 1922", responsable de l'organisation des Tories, de "convenir" dès juin "d'un calendrier pour l'élection d'un nouveau chef du parti conservateur". Plusieurs personnalités politiques, dont Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères et "Brexiter" acharné, sont déjà sur les rangs.

En attendant, Theresa May a une nouvelle fois appelé les parlementaires à l'aider à mettre fin à l'interminable feuilleton du Brexit qui monopolise l'actualité britannique depuis le référendum de 2016, et a profondément divisé le pays.

Persuadée qu'un "avenir brillant attend le Royaume-Uni", la cheffe du gouvernement a cependant prévenu : celui-ci ne pourra arriver si "nos politiques restent bloqués dans ce débat sans fin sur le Brexit".

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