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Les démocrates américains entament un bras de fer pour obtenir le rapport Mueller

Le ministre américain de la Justice, William Barr.

Une commission du Congrès américain a engagé mercredi une procédure contraignante pour obtenir l'intégralité du rapport d'enquête sur une ingérence russe dans la présidentielle de 2016, potentiellement nuisible à Donald Trump, plutôt que la version expurgée.

"Nous allons travailler avec le ministre de la Justice (Bill Barr) pendant une courte période dans l'espoir qu'il nous révèle l'intégralité du rapport et les documents correspondants", a déclaré Jerry Nadler, le président démocrate de la commission judiciaire de la Chambre des représentants.

"Mais si cela ne marche pas, nous allons très rapidement émettre des injonctions" pour obtenir les documents, a-t-il ajouté.

Il avait auparavant assuré que si le ministère refusait de transmettre volontairement le rapport, "ce devrait être du ressort d'un juge (...) de décider si la commission doit étudier le rapport intégral".

Le président Donald Trump a assuré qu'il ne verrait "aucun problème" à la publication du rapport, mais les parlementaires craignent que le président n'"invoque son autorité présidentielle" pour bloquer sa diffusion, selon M. Nadler.

La commission a également approuvé des injonctions à l'encontre de cinq anciens proches conseillers de M. Trump ou responsables de la Maison Blanche, dont Steve Bannon, Hope Hicks et Reince Priebus, notamment pour obtenir leurs témoignages.

Le rapport de près de 400 pages du procureur spécial Robert Mueller, rédigé après une enquête de 22 mois, conclut qu'il n'existe pas d'éléments prouvant une entente ou une coordination entre l'équipe de campagne de Donald Trump et Moscou pour influencer les résultats de la présidentielle, selon un court résumé du document publié le 24 mars par Bill Barr.

Cependant, il "n'exonère pas" le président de l'accusation d'entrave à la justice dans cette affaire.

M. Barr a promis de rendre public ce rapport à la mi-avril, le temps d'en retirer certains passages sensibles qui pourraient mettre en danger des sources ou contenir des éléments sur d'autres enquêtes en cours.

Mais les parlementaires démocrates, qui contrôlent la Chambre basse du Congrès, exigent que le rapport original leur soit transmis car le ministre, nommé par M. Trump, n'est pas, à leurs yeux, un observateur neutre.

Des membres de l'équipe du procureur Mueller accusent par ailleurs M. Barr de ne pas avoir rendu compte "de façon adéquate" dans son résumé des résultats de leur enquête, rapporte mercredi le New York Times.

Selon les sources anonymes citées par le quotidien new-yorkais, ces résultats seraient "plus préoccupants" pour Donald Trump que ne l'a laissé transparaître le ministre de la Justice.

Avec AFP

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Peine commuée par Trump : le républicain Mitt Romney dénonce une "corruption historique"

Le sénateur Mitt Romney, à Capitol Hill à Washington, le 10 juin 2020.

Le sénateur républicain Mitt Romney, l'un des rares membres du parti présidentiel à critiquer ouvertement Donald Trump, a vivement attaqué samedi la décision du président la veille de commuer la peine de son ami Roger Stone.

"Corruption historique, sans précédent: un président américain commue la peine de prison d'une personne condamnée par un jury pour avoir menti afin de protéger ce même président", a tweeté Mitt Romney, ancien candidat républicain à la présidentielle de 2012.

Roger Stone avait été reconnu coupable en novembre d'avoir menti au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l'enquête sur de possibles liens entre l'équipe de campagne de Trump et la Russie.

Conseiller politique de Trump par intermittence depuis plus de 20 ans, le sexagénaire haut en couleur avait été condamné à passer 40 mois derrière les barreaux. Il devait commencer à purger sa peine la semaine prochaine.

Mais Donald Trump n'avait jamais caché sa volonté d'épargner la prison à son ancien conseiller. "Roger Stone a été la cible d'une chasse aux sorcières qui n'aurait jamais dû avoir lieu", a-t-il encore affirmé dans un tweet samedi matin.

Mitt Romney, seul membre du Grand Old Party à avoir voté en février en faveur de la destitution de Donald Trump dans le cadre de l'affaire russe, est le premier membre influent du parti républicain à s'élever publiquement contre cette décision présidentielle.

Les démocrates crient eux au scandale depuis l'annonce, vendredi.

"La décision de Donald Trump de commuer la peine de son conseiller de campagne Roger Stone (...) est un acte de corruption stupéfiant", a déclaré vendredi la cheffe des démocrates au Congrès américain, Nancy Pelosi.

"Le Congrès va prendre des mesures pour empêcher ce genre de méfait éhonté", a-t-elle poursuivi dans un communiqué. "Nous avons besoin de légiférer pour s'assurer qu'aucun président ne puisse grâcier ou commuer la peine d'un individu impliqué dans une campagne de dissimulation pour protéger ce même président de poursuites pénales."

Trump commue la peine de prison de son ami Roger Stone

Roger Stone arrive pour sa condamnation à la cour fédérale de Washington, le 20 février 2020. (Photo AP)

Le président américain Donald Trump a commué la peine de prison de son ami Roger Stone, condamné en février à 40 mois de prison dans le cadre de l'enquête sur l'ingérence russe pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, a indiqué vendredi la Maison Blanche.

"Aujourd'hui, le président Donald J. Trump a ordonné une mesure de clémence exécutive pour commuer la peine injuste de Roger Stone", a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué, ajoutant que cet ami de longue date du président, une "victime du canular russe", était dorénavant "un homme libre".

La peine de prison de Roger Stone, qui avait été reconnu coupable en novembre de mensonges au Congrès et de subordination de témoin, devait commencer la semaine prochaine.

Dès la condamnation de M. Stone, Donald Trump avait expliqué qu'il voulait gracier son ex-collaborateur de 67 ans, un conseilleur politique sulfureux connu pour son style haut en couleur et son tatouage de Richard Nixon dans le dos.

Selon le quotidien USA Today, en février le président Trump a commué la peine de prison de l'ancien gouverneur de l'Illinois Rod Blagojevich, un démocrate, et a accordé la grâce à l'ancien commissaire de police de la ville de New York Bernard Kerik, au financier véreux Michael Milken et à l'ancien propriétaire des 49ers, Edward DeBartolo Jr.

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