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Le président namibien dément toute implication dans le rachat d'Uramin


Le président namibien Hage Geingob à Beijing, le 30 mars 2018.

Le président namibien Hage Geingob a fermement démenti les soupçons de corruption qui le visent dans une enquête française sur le rachat controversé de la compagnie minière canadienne Uramin par le géant français du nucléaire Areva.

"Les accusations de corruption visent la conduite des propriétaires d'Areva et/ou Uramin et n'implique en rien le Dr. Geingob ou le gouvernement de la république de Namibie", a écrit dans un courrier l'avocat du chef de l'Etat, Sisa Namandje.

Rebaptisé depuis Orano, le groupe Areva avait déboursé en 2007 1,8 milliard d'euros pour acquérir Uramin et ses trois gisements d'uranium en Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique.

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Mais leur exploitation s'était révélée plus compliquée que prévue et avait fait tourner toute l'opération au désastre financier. Areva avait provisionné fin 2011 1,5 milliard d'euros de perte, presque l'équivalent du prix de la transaction initiale.

La justice française a ouvert une enquête sur cette affaire.

L'ex-patronne d'Areva Anne Lauvergeon a été inculpée pour avoir présenté des comptes inexacts destinés à masquer l'effondrement de la valeur d'Uramin. L'ancien directeur des activités minières du groupe, Sébastien de Montessus, l'a été pour corruption.

Selon des sources proches du dossier à Paris, la justice française s'interroge sur d'éventuels détournements de fonds à l'occasion du rachat d'Uramin et de deux contrats dans lesquels Areva a déboursé un total de 6,9 millions de dollars en 2009 et 2010 en faveur du groupe namibien United Africa Group (UAG).

Elle s'intéresse aussi à des versements mensuels de 10.000 dollars en 2008 et 2009 à l'actuel président Hage Geingob, ont précisé les mêmes sources.

>> Lire aussi : Areva accusé par WikiLeaks de négligences en Centrafrique, le groupe nucléaire conteste

Dans son courrier, dont l'AFP a obtenu une copie, son avocat a expliqué que ces sommes avaient été payées à M. Geingob pour "un travail de conseil à Uramin" effectué avant sa nomination au poste de ministre du Commerce et de l'Industrie en 2008.

"Il n'y a aucun lien entre le surcoût de la transaction entre Areva et Uramin et les services fournis par HG consultants" (son entreprise de conseil), a insisté Me Namandje.

"Il n'existe pas non plus de paiements d'Areva au Dr. Geingob", a assuré l'avocat.

Ancien Premier ministre de Namibie (1990-2002 puis 2012-2015), Hage Geingob, 76 ans, est président depuis 2015.

Avec AFP

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