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Quinze prisonniers de Guantanamo remis aux Emirats, le plus gros transfert sous Obama

Vue sur la prison de Guantanamo, dans la base militaire américain à Cuba, le 21 novembre 2013.

Les Etats-Unis ont remis 15 détenus de Guantanamo aux Emirats arabes unis, le plus important transfert ordonné par le président Obama qui cherche depuis 2009 à fermer cette prison militaire controversée ouverte après les attentats du 11 Septembre.

Le Pentagone a affirmé lundi qu'il restait désormais 61 détenus dans ce centre ouvert sur une base navale américaine à Cuba par le président George W. Bush à Cuba pour y regrouper les prisonniers de la "guerre contre le terrorisme".

Au total, 780 prisonniers y ont transité, la plupart des suspects de terrorisme capturés après les attentats du 11 septembre 2001 et détenus sans jugement pendant des années, ce qui a suscité de nombreuses condamnations internationales.

Douze des hommes libérés sont Yéménites et trois sont Afghans, selon un responsable du département d'Etat s'exprimant sous condition d'anonymat.

Parmi eux, l'Afghan Obaidullah, arrêté pour avoir caché des mines en 2001 dans son pays, était détenu à Guantanamo depuis plus de 13 années sans procès.

Washington avait des difficultés à trouver un pays tiers acceptant d'accueillir des Yéménites, qui ne peuvent pas être pris en charge dans leur pays à cause de la guerre civile en cours depuis 2015.

"Les Etats-Unis expriment leur reconnaissance envers le gouvernement émirati pour son geste humanitaire et sa volonté de soutenir les efforts américains pour fermer le centre de détention de Guantanamo", a déclaré le Pentagone dans un communiqué.

Après avoir été transférés, les anciens détenus de Guantanamo sont en général placé en liberté surveillée et soumis à des programmes de réinsertion.

L'organisation Amnesty international avait peu avant affirmé que les Etats-Unis allaient libérer quinze prisonniers, le transfert le plus important de l'administration Obama.

Les libérations s'accélèrent

"Cela contredit nettement l'idée que Guantanamo sera ouvert pour toujours", a déclaré à l'AFP Naureen Shah, directeur d'Amnesty International USA chargé de la sécurité et des droits de l'homme.

Le président Obama, qui entendait fermer cette prison que "le monde condamne" dès la première année de son mandat, avait présenté en février dernier un plan de fermeture de la prison.

"Le maintien de ce centre de détention affaiblit notre sécurité nationale car elle épuise nos ressources, gâte nos relations avec nos partenaires et nos alliés-clés et renforce les violents extrémistes", a déclaré Lee Wolosky, envoyé spécial du département d'Etat pour la fermeture de Guantanamo.

"le soutien de nos amis et alliés - comme les Emirats - est crucial pour la réalisation de notre objectif commun", a-t-il ajouté.

Les libérations se sont accélérées ces derniers temps, le président souhaitant tenir sa promesse de clore la prison même avec sept ans de retard.

Cela paraît pourtant impossible avant la fin de son mandat en janvier 2017 faute de trouver un endroit, aux Etats-Unis, où transférer la cinquantaine de prisonniers qui ne sont pas libérables.

Les républicains, majoritaires au Congrès, et certains démocrates bloquent toute initiative.

Les détenus non libérables ne peuvent pas non plus être jugés par un tribunal classique, certains ayant été torturés ou arrêtés dans des circonstances illégales aux yeux de la loi américaine.

Aujourd'hui, l'administration américaine cherche un pays d'accueil aux 19 prisonniers qui sont immédiatement libérables.

Seuls 10 détenus, parmi lesquels les cinq hommes accusés d'avoir organisé les attentats du World Trade Center, doivent être jugés.

En 2001, Guantanamo devait accueillir "les pires parmi les pires", selon les mots du vice-président de George W. Bush, Dick Cheney.

Mais il s'est avéré qu'elle accueille aussi des seconds couteaux, voire des malheureux qui n'avaient commis aucun crime mais s'étaient trouvés au mauvais endroit au mauvais moment dans "la guerre mondiale contre le terrorisme" déclarée par les Etats-Unis.

Le candidat républicain Donald Trump s'est déjà engagé, s'il est élu, à remplir Guantanamo de "sales types" et qu'il rétablirait des pratiques de tortures "bien pires que les simulations de noyade".

Dans cette hypothèse, il est urgent selon Amnesty International, que le président Obama ferme Guantanamo avant que la prochaine administration remplisse à nouveau les cellules de jihadistes arrêtés dans le cadre de la guerre contre l'organisation Etat islamique.

Avec AFP

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Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

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