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Quête d'or noir sur les terres de Boko Haram

Une installation Chevron de pétrole sous construction à Escravos, 56 miles de Warri dans la riche région du delta du Niger de pétrole du Nigeria, 17 août 2010. epa/ GEORGE Esiri

Encouragé par ses victoires militaires contre Boko Haram, le Nigeria relance sa quête d'or noir dans le nord-est du pays, éveillant les appétits de groupes chinois et anglo-saxons malgré une situation sécuritaire encore volatile.

L'administration du président Muhammadu Buhari explore les bassins intérieurs allant de l'Etat central de Benue au coeur des bastions de Boko Haram, dans le nord-est du Borno.

L'an dernier, la production nationale s'était effondrée sous le choc des attaques répétées de groupes rebelles sur les infrastructures pétrolières et gazières du delta du Niger (sud-est), démontrant la grande vulnérabilité économique du Nigeria.

Une nouvelle découverte dans le Nord-Est permettrait de diversifier l'approvisionnement du pays et de métamorphoser cette région pauvre, qui vit essentiellement de l'agriculture et de l'élevage.

"Le président serait très heureux si nous faisions une découverte importante en quantité commerciale là-bas", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), Ndu Ughamadu.

"C'est une priorité pour la NNPC et c'est une priorité pour le pays".

Mais pour les spécialistes du secteur, pomper du pétrole dans le Nord-Est, où les jihadistes continuent de mener une féroce guerilla, pourrait engendrer les même travers que dans le Sud.

"Ce n'est pas vraiment une conjoncture gagnant-gagnant pour nous, si nous trouvons du pétrole là-bas, cela motivera d'autant plus Boko Haram à attaquer", estime Dolapo Oni, analyste des questions énergétiques chez Ecobank.

"Nous allons commencer à voir les communautés de la région chercher à exercer plus de contrôle sur les terres, c'est ce que nous observons dans le delta du Niger".

Il y a déjà des conflits. En mars, des propriétaires fonciers à Alkaleri (Etat de Bauchi), ont réclamé des compensations financières pour les dommages causés par les travaux d'exploration sur les terres agricoles.

Abuja, toutefois, reste optimiste et maintient que le pétrole du Nord-Est pourrait amortir les chocs liés aux troubles dans le delta.

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, a été l'un des pays les plus touchés par la chute des cours mondiaux du brut depuis 2014.

L'an dernier, le pays est entré en récession pour la première fois depuis 25 ans, avec une inflation à deux chiffres et un naira en chute libre face au dollar.

Les attaques de groupes armés qui exigent une meilleure redistribution des revenus pétroliers, n'ont fait qu'aggraver la situation.

Les travaux d'exploration dans le Borno, qui ont débuté avant la crise économique, se concentrent sur un triangle s'étendant de Gubio à l'ouest à Marte à l'est, jusqu'à Kukawa, dans l'extrême nord-est, près du lac Tchad.

"Nous avons dû suspendre les opérations le 24 novembre 2014", date à laquelle Boko Haram, à l'apogée de sa puissance, contrôlait de vastes territoires dans le Borno, explique Mazadu Bako, directeur général des Services d'exploration frontalière à la NNPC.

Il affirme que la NNPC a reçu le feu vert des autorités pour revenir.

Expertise chinoise

Pour mener les recherches, le NNPC travaille avec le Bureau for Geophysical Corporation, une filiale du géant pétrolier China National Petroleum Corporation (CNPC) spécialisée dans l'exploration de données sismiques.

Le Nigeria mise sur l'expérience de la CNPC au Tchad et au Niger voisins pour faire des découvertes significatives.

Dans le bassin de Doba au Tchad, près de la frontière camerounaise, CNPC, Exxon et Glencore produisent environ 110.000 barils/jour, selon le cabinet de conseil Wood Mackenzie.

Au Niger, la CNPC a découvert un milliard de barils sur le bloc d'Agadem (est) et produit actuellement environ 17.000 barils/jour.

Des chiffres modestes par rapport à la capacité de production du delta - 2,2 millions de barils/jour -, mais qui représentent une source importante de revenus pour cette région sous-développée.

D'autres investisseurs étrangers ont manifesté leur intérêt. En novembre dernier, la NNPC a signé un protocole d'accord avec le britannique Savannah Petroleum, acteur majeur au Niger, afin d'évaluer le potentiel commercial de la région.

En janvier, la NNPC a déclaré avoir "intensifié sa collaboration" avec le groupe franco-américain de services pétroliers Schlumberger pour explorer la zone du lac Tchad.

"Il y a un tas de bassins dans cette région du Nord, qui (...) sont clairement sous-explorés", affirme Gail Anderson, analyste Nigeria chez Wood Mackenzie.

"Il y a un potentiel certain et avec l'insécurité dans le delta du Niger, il y a beaucoup de sens à cela. Mais encore une fois, si Boko Haram est présent, vous n'avez peut-être pas envie d'aller forer dans le Nord-Est".

Le gouvernement a jusque-là concentré ses efforts d'exploration à Bauchi et à Gombe, à distance des points chauds où Boko Haram opère. Pour l'instant donc, la production de pétrole dans le Nord-Est reste un rêve lointain.

Par le passé, des campagnes similaires n'avaient d'ailleurs pas débouché sur une découverte commerciale, selon Aaron Sayne, chercheur à l'Institut de gouvernance des ressources naturelles à New York.

Des hommes politiques du Nord, comme Buhari, avaient voulu croire que l'or noir était à portée de main, comme une promesse d'espoir pour leur électorat pauvre, susceptible de rééquilibrer le rapport de force avec le Sud si prospère.

"Je suis sûr que ça pourrait être réel, mais ça semble bien loin", estime M. Sayne.

Avec AFP

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Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

Algérie: dixième vendredi consécutif de manifestations contre le régime

Les manifestants retournent dans les rues pour reclamer des changements démocratiques en Algérie.

Le mouvement algérien de contestation testera vendredi sa capacité à rester mobilisé lors du 10e vendredi consécutif de manifestations à travers le pays, sur fond de limogeages de symboles du régime Bouteflika déchu et de spectaculaires incarcérations dans des affaires de corruption présumée.

"Pas de demi-révolution", titre en une vendredi l'édition week-end du quotidien El Watan, appelant à continuer à manifester jusqu'au départ du "système" dans son entier, tandis que des appels similaires continuent d'être relayés sur les réseaux sociaux.

Le sentiment d'avoir obtenu de nouvelles têtes pourrait encourager les manifestants, à l'issue d'une semaine marquée par de nouveaux limogeages, des convocations judiciaires et poursuites annoncées contre des caciques du régime et le placement en détention provisoire de riches hommes d'affaires.

D'autant que le pouvoir ne cède pas sur l'essentiel des revendications: départ de l'ensemble des figures de l'appareil hérité d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril après 20 ans à la tête de l'Etat, et organisation d'une transition hors du cadre institutionnel qu'il a légué.

Apparatchik ayant accompagné M. Bouteflika durant près de deux décennies, Abdelkader Bensalah est toujours président par intérim et Noureddine Bedoui, autre fidèle dévoué, toujours Premier ministre d'un "gouvernement de la honte", comme le nomment les manifestants.

- Rôle de l'armée -

Et ces dirigeants prévoient toujours, avec le soutien de l'armée, replacée au centre de la vie politique depuis le départ de M. Bouteflika, d'organiser le 4 juillet la présidentielle devant élire son successeur, ce que refuse la contestation qui estime qu'ils ne peuvent garantir un scrutin régulier.

L'incarcération en début de semaine de trois frères Kouninef, famille propriétaire d'un géant privé du BTP algérien, bénéficiaires de gigantesques contrats publics, ne peut que satisfaire la contestation qui depuis le 22 février dénonce, aux cris de "voleurs" ou "mafia", les liens troubles entre la présidence Bouteflika et les "oligarques".

Réputés proches de Saïd Bouteflika, frère et conseiller abhorré du président déchu, ces trois frères Kouninef sont notamment soupçonnés de "non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics" et "trafic d'influence".

Mais le placement en détention préventive, simultanément, d'Issad Rebrab, première fortune d'Algérie et patron du conglomérat Cevital, premier employeur privé du pays, qui entretenait lui des relations notoirement tendues avec l'entourage de M. Bouteflika, a semé le doute sur les objectifs réels de ces enquêtes.

Une partie de la presse algérienne a qualifié "d'injonctions" les appels répétés à "accélérer la cadence" des enquêtes anticorruption, lancés aux autorités judiciaires par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort du pays depuis le départ de M. Bouteflika.

Ce qui a contraint l'armée à dénoncer, dans une rare "mise au point", "une lecture erronée" des déclarations du général Gaïd Salah, puis le Parquet a assurer n'avoir subi "aucune pression".

- Ministres chahutés -

Certains observateurs voient dans ces enquêtes une forme de "deal" implicite offert aux manifestants: les têtes des "corrompus" ou des symboles du pouvoir, contre un assouplissement des revendications notamment sur la présidentielle, dont le général Gaïd Salah a à nouveau réclamé dans la semaine qu'elle se tienne dans les délais constitutionnels.

Voire une tentative de diviser la contestation, dont au moins une partie a de la sympathie pour M. Rebrab, qui présente son groupe comme "une victime du +système+ (au pouvoir) et de sa mafia économique" qui entravent ses activités.

Dans la semaine, a été limogé le patron du Club des Pins, luxueuse résidence ultraprotégée réservée aux dignitaires, symbole des privilèges accordés aux personnalités du régime.

Mais aussi le PDG de Sonatrach, géant public des hydrocarbures, entreprise au centre de plusieurs scandales ces dernières années. Le lendemain, la justice annonçait enquêter à nouveau sur l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, très proche de M. Bouteflika, qui avait fui l'Algérie car recherché pour une affaire de corruption liée à Sonatrach, avant de rentrer une fois les poursuites abandonnées.

En province, les ministres du "gouvernement de la honte" continue d'être chahutés lors de leurs déplacements, malgré les récentes mises en garde du général Gaïd Salah contre ce phénomène qui se multiplie. Jeudi, le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, a écourté une visite à Saïda (nord-ouest) après avoir été conspué.

Avec AFP

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