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Cinq morts lors de violences dans la capitale de la Centrafrique


Une équipe de la Minusca patrouille dans les rues de Bangui, en Centrafrique, le 12 février 2016.

Des affrontements entre des hommes armés et les forces de sécurité qui tentaient d'interpeller un "chef de groupe d'auto-défense" ont fait cinq morts mardi à Bangui dans le quartier du PK-5, épicentre des violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine.

"Une opération a eu lieu mardi après-midi au PK-5 dans le 3e arrondissement. Au cours de cette opération, Youssouf Malinga alias +Big Man+ et ses hommes ont ouvert le feu sur les forces de sécurité intérieures tuant deux passants: un homme et une femme et causant des blessés", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole de la force de l'ONU (Minusca), Vladimir Monteiro.

"La riposte des forces de sécurité intérieures, a entrainé la mort de Youssouf Malinga et d'un de ses hommes. Au cours de cet incident, trois gendarmes centrafricains ont également été blessés", a-t-il ajouté.

Sur Twitter, la Minusca présente ses condoléances :

Un pasteur de l'église apostolique venu demander aux croyants de quitter les lieux, a été pris à partie et poignardé mortellement, selon un membre de sa famille. La victime, Jean-Paul Sankagui, avait été conseiller en communication à la Primature auprès de l'ex-Premier ministre Martin Ziguélé (2001-2003).

"Le pasteur de mon église au PK-5, Jean-Paul Sankagui, a été assassiné et l'église brûlée", a confirmé à l'AFP Lazare Ndjadder du Collectif 236 KM5, une association militant pour la paix.

Aucun bilan officiel n'était encore établi. Toutefois, selon la police, "les éléments de la Minusca ont circonscrit la zone de la fusillade et ont réussi à contenir les velléités des hommes de Big Man".

Sur Twitter, la Minusca explique que "l’opération des forces de sécurité de Centrafrique mardi à Bangui PK5 a été appuyée par la Force et la police de la Minusca".

La Minusca et le gouvernement centrafricain appellent au calme des populations :

Le 3 février, le président Faustin-Archange Touadéra avait averti qu'un plan "visant à réduire les malfaiteurs était en cours". Big Man avait pris la place d'un autre chef, tué l'an dernier dans une rixe entre groupes armés rivaux du PK-5.

La Centrafrique, un des pays les plus pauvres au monde, peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par la rébellion Séléka, à dominante musulmane. La contre-offensive des anti-balaka majoritairement chrétiens a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

L'intervention de la France et des Nations unies a ensuite permis la fin des massacres de masse, l'élection d'un nouveau président et le retour d'un calme relatif dans Bangui. Mais des groupes armés maintiennent une insécurité permanente dans plusieurs régions du pays.

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