Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Prison à vie pour trois journalistes renommés en Turquie

Le district d’Ortakoy à Istanbul en Turquie, 14 février 2018

La Turquie a condamné à la prison à vie trois journalistes de renom accusés de liens avec la tentative de coup d'Etat de 2016, au terme d'un procès critiqué par les défenseurs de la liberté de la presse.

Les frères Ahmet et Mehmet Altan, la journaliste Nazli Ilicak et trois autres co-accusés ont été reconnus coupables de "tentative de renversement de l'ordre constitutionnel", selon l'agence de presse étatique Anadolu.

MM. Altan et Mme Ilicak, des journalistes et intellectuels respectés en Turquie, ont toujours nié toute implication dans la tentative de coup d'Etat qui a secoué le pays dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, rejetant des accusations "absurdes".

Depuis le putsch avorté, les autorités turques traquent sans relâche ceux qu'elles soupçonnent d'être des partisans du prédicateur Fethullah Gülen, qu'Ankara accuse d'être dernière le coup de force.

MM. Altan et Mme Ilicak étaient notamment accusés d'avoir envoyé des "messages subliminaux" lors d'une émission retransmise en direct à la télévision à la veille du putsch manqué.

Leur procès a renforcé les inquiétudes liées à la liberté de la presse, mais aussi à l'indépendance du pouvoir judiciaire : le mois dernier, la Cour constitutionnelle avait ordonné la libération de Mehmet Altan. En vain.

L'ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a déploré "un jour noir" pour la liberté de la presse en Turquie après la décision du tribunal vendredi.

Avec cette condamnation, "la justice turque et le pouvoir qui la contrôle se ridiculisent aux yeux du monde", a estimé sur Twitter Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

- 'Etat de droit ébranlé' -

Agé de 65 ans, Mehmet Altan est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la politique. Il a été arrêté en septembre 2016 avec son frère Ahmet, un romancier et journaliste âgé de 67 ans qui a notamment fondé le journal d'opposition Taraf.

Mme Ilicak, journaliste et écrivaine de 73 ans qui a travaillé jusqu'en 2013 pour le grand quotidien pro-gouvernemental Sabah, est en détention depuis fin juillet 2016.

Les trois autres personnes condamnées vendredi sont l'ancien directeur du marketing du quotidien Zaman, Yakup Simsek, l'instructeur de l'académie de police Sükrü Tugrul Özsengül et le graphiste de Zaman Fevzi Yazici.

Une septième personne accusée dans cette affaire a été acquittée et remise en liberté, selon Anadolu.

Cette affaire a été marquée par un épisode qui a provoqué une levée de boucliers le mois dernier, lorsqu'un tribunal turc a refusé de libérer Mehmet Altan malgré un arrêt de la Cour constitutionnelle estimant que son incarcération était une "violation" de ses droits.

Lors d'un déplacement à Ankara vendredi, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, dont fait partie la Turquie, a insisté sur le caractère "obligatoire" des décisions de la Cour constitutionnelle.

"Les autres tribunaux doivent s'y soumettre", a insisté Thorbjorn Jagland lors d'un discours devant des élèves magistrats. "Si les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont pas appliquées, l'Etat de droit est ébranlé", a-t-il ajouté.

La Turquie est régulièrement critiquée pour l'ampleur des purges qu'elle a lancées après la tentative de coup d'Etat : plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 140.000 limogées ou suspendues, dont des journalistes et des opposants politiques.

Les autorités turques accusent les frères Altan et Mme Ilicak de faire partie du "bras médiatique" du mouvement du prédicateur Gülen qu'Ankara qualifie d'"organisation terroriste".

Ancien allié du président Recep Tayyip Erdogan, M. Gülen, exilé aux Etats-Unis, nie toute implication dans le putsch avorté.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par RSF.

La condamnation de MM. Altan et Mme Illicak est survenue peu après la décision par un autre tribunal turc de remettre en liberté conditionnelle le journaliste germano-turc Deniz Yücel, emprisonné pour "terrorisme" depuis un an.

Avec AFP .

See all News Updates of the Day

La pollution plastique continue de s’aggraver dans le monde malgré les initiatives

La pollution plastique continue de s’aggraver dans le monde malgré les initiatives
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:39 0:00

La politique d'investissements de Pékin inquiète Macron

La politique d'investissements de Pékin inquiète Macron
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:43 0:00

Manifestations à travers la Syrie contre la décision américaine sur le Golan

Des Syriens contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan le 26 mars 2019.

Des manifestations ont eu lieu mardi dans de nombreuses villes de Syrie pour protester contre la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur la partie occupée et annexée du plateau du Golan.

Le président américain Donald Trump a signé lundi à la Maison Blanche, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un décret reconnaissant la souveraineté israélienne sur ce territoire conquis en 1967 par l'Etat hébreu et annexé en 1981. L'ONU n'a jamais reconnu cette annexion.

Le gouvernement syrien avait dénoncé dès lundi "une violente attaque contre l'intégrité territoriale" de la Syrie.

Mardi, des Syriens sont descendus dans la rue pour protester contre la décision américaine à Homs (centre), Qamichli et Hassaké, dans le nord-est du pays sous administration kurde, à Alep (nord), Deir Ezzor (est) ainsi que dans la capitale Damas et les fiefs du président Bachar al-Assad à Lattaquié et Tartous (ouest), selon l'agence de presse officielle Sana.

Ils ont brandi des portraits du président ainsi que des drapeaux syriens et palestiniens, selon la même source.

"Le parti pris éhonté des Etats-Unis en faveur d'Israël ne changera pas l'identité syrienne du Golan", a affirmé le ministre de l'Information Imad Sara à la télévision d'Etat syrienne lors de la manifestation à Damas.

"Le Golan est arabe et syrien que ça leur plaise ou non", a déclaré à l'AFP un des manifestants, Mohammad Shaaban, à Alep.

"L'Amérique est maintenant le premier ennemi des Arabes", a dénoncé dans une déclaration lue devant le palais de justice de Damas un représentant de l'ordre des avocats syriens, selon des images de la télévision d'Etat. A Hama (centre), les avocats ont interrompu les audiences pendant une heure en signe de protestation, selon Sana.

La Russie et l'Iran, alliées du régime syrien, ainsi que plusieurs Etats arabes ont rejeté la décision des Etats-unis.

Prévues de longue date, des consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la force de l'ONU (Fnuod) déployée sur le plateau du Golan doivent se tenir mercredi à New York. Dès mardi, une réunion mensuelle publique du Conseil sur le Proche-Orient devrait aussi permettre aux membres de l'instance de l'ONU d'évoquer la décision américaine.

Nouvelles frappes à Gaza en riposte d’un tir de roquette

Nouvelles frappes à Gaza en riposte d’un tir de roquette
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:36 0:00

Nouvelle coupure d'électricité massive au Venezuela

Nouvelle coupure d'électricité massive au Venezuela
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:36 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG