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La psychose du virus Zika grandit à Rio à la veille du carnaval

Analyse pour détecter le virus Zika au laboratoire Fiocruz de Rio de Janeiro, au Brésil, le 22 janvier 2016. (AP Photo/Leo Correa)

Selon un scientifique, la présence du virus, très dangereux pour les femmes enceintes, est importante au Brésil due à "l'urbanisation désordonnée et des programmes de contrôle de faible efficacité".

A dix jours du carnaval de Rio, la psychose du virus Zika, transmis par une piqure de moustique et associé à une explosion de cas de bébés microcéphales, grandit dans la ville qui accueillera les jeux Olympiques en août.

Malgré les promesses des autorités municipales d'éviter la prolifération du moustique tigre, porteur du virus, Roberto Medronho épidémiologiste à l'Université de Rio (UFRJ) souligne une présence très importante au Brésil due à "l'urbanisation désordonnée et des programmes de contrôle de faible efficacité".

"Il est très difficile de contrôler le moustique Aedes aegypti à Rio, où un tiers de la population vit dans les favelas avec de nombreux foyers de prolifération" comme les eaux stagnantes, déclare-t-il à l'AFP.

Dimanche, la mairie de Rio a assuré que "les inspections seront intensifiées pour les jeux Olympiques d'août, bien que ce soit une période pendant laquelle il y a moins de moustiques", puisque la région sera plongée dans l'hiver austral.

"Mais pendant le carnaval, en plein été et avec une grande circulation de personnes, il y a un risque objectif de contracter le Zika", affirme l'épidémiologiste.

Le ministre de la Santé, Marcelo Castro, s'est montré peu optimiste vendredi, estimant que le moustique Aedes aegypti était en train de remporter la "guerre" que lui mène depuis trente ans les autorités sanitaires au Brésil. Il a explicitement recommandé aux femmes "d'éviter de tomber enceinte en ce moment".

- "J'étais vraiment très nerveuse" -

Certaines ambassades (Royaume Uni et France) ont fait passé des messages de précaution à leurs sportifs et leurs ressortissants au Brésil tandis que celle des Etats-Unis a recommandé aux femmes enceintes d'éviter les voyages en Amérique latine.

Le Zika "va continuer à s'étendre" à tout le continent américain, à l'exception du Canada et du Chili, a prévenu lundi l'Organisation mondiale de la santé qui y voit un "sérieux sujet d'inquiétude".

Comme toutes les Brésiliennes enceintes, Manuela Mehl, procureur de 37 ans, relate l'expérience traumatisante d'avoir appris le lien entre Zika et bébé microcéphale au tout début de sa grossesse, la période considérée comme la plus dangereuse pour le foetus.

"Dans les premières semaines, vraiment j'étais très nerveuse. Je ne sortais plus de chez moi", raconte à l'AFP cette habitante de Copacabana qui en est à sa 16e semaine de grossesse.

"Mon médecin m'a dit de me protéger avec de l'anti-moustique, c'est le seul moyen de ne pas se faire piquer", ajoute-t-elle en montrant une trentaine de produits qu'elle a stockés en hâte car ils avaient pratiquement disparu des étagères des pharmacies.

"On voulait ce deuxième enfant. Mais si je n'avais pas été enceinte au moment où les informations ont surgies, j'aurais retardé ma grossesse pour éviter tout ce stress", confit-elle rappelant que l'avortement est interdit au Brésil sauf en cas de viol ou de foetus acéphale (sans cerveau).

- Situation comparable à la thalidomide -

Depuis 2015, 3.893 cas de microcéphalie chez des nourrissons, une malformation de la tête qui altère le développement intellectuel, ont été recensés au Brésil -la plupart dans le nord-est du pays - et sont probablement liés au virus Zika contracté par la mère et qui contamine le placenta, selon le ministère de la santé. En 2014, 147 cas seulement avaient été dénombrés.

"Certains bébés ne survivent même pas et d'autres auront des séquelles. Au long des années pourront surgir d'autres anomalies comme la surdité, comme cela a été le cas avec la rubéole. C'est sans doute seulement la pointe de l'iceberg aujourd'hui, affirme M. Medronho.

Pour lui, la situation est "comparable à celle de la thalidomide (médicament, ndlr) dans les années 1960 où nous avons eu une génération de bébés sans bras ou jambes".

"Il y a un risque d'enfants microcéphales avec des neuropathies qui ne pourront ni étudier ni travailler. C'est une tragédie pour les familles, généralement les plus pauvres. L'épidémie va passer mais les microcéphales seront toujours là et cela va surcharger le système de santé", souligne le chercheur.

L'infection en elle-même, non contagieuse, se manifeste par des symptômes grippaux (fièvre, maux de tête, courbatures) avec des éruptions cutanées.

AFP

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Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

Le Vatican rassurant sur la santé de l'ancien pape Benoît XVI

L'ancien pape Benoît XVI et son successeur Pape François, le 8 décembre 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le Vatican s'est voulu lundi rassurant sur l'état de santé de l'ancien pape Benoît XVI, jugé pourtant "extrêmement fragile", selon le quotidien régional allemand Passauer Neue Presse qui cite un biographe de l'ancien pape, Peter Seewald.

"Les conditions de santé du pape émérite ne sont pas source d'inquiétudes particulières, sinon celles entourant une personne âgée de 93 ans en train de surmonter la phase la plus aiguë d'une maladie douloureuse, mais non grave", a annoncé la salle de presse du Vatican, citant son secrétaire personnel Mgr Georg Gänswein.

Selon le journal Passauer Neue Presse, Benoît XVI souffre d'érysipèle au visage, une maladie infectieuse caractérisée par une tuméfaction rougeâtre qui entraîne de fortes démangeaisons et des douleurs intenses.

"D'après Seewald, le pape émérite est désormais extrêmement fragile (...). Ses capacités intellectuelles et sa mémoire ne sont pas affectées, mais sa voix est à peine audible", a écrit lundi le Passauer Neue Presse.

Peter Seewald a rencontré samedi à Rome Benoît XVI pour lui présenter sa biographie, selon le quotidien. "Lors de cette rencontre, le pape émérite, en dépit de sa maladie, s'est montré optimiste et a déclaré que si ses forces augmentaient à nouveau, il reprendrait peut-être sa plume", a-t-il ajouté.

Premier pape à démissionner en près de 600 ans, Benoît XVI, qui avait invoqué des raisons de santé, mène une vie retirée dans un petit monastère du Vatican depuis sa renonciation en 2013.

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