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Soul To Soul écroué à Abidjan


Des membres de la force de sécurité présidentielle près du parlement ivoirien à Abidjan, Côte d'Ivoire, le 10 janvier 2017.

Souleymane Kamaraté Koné, dit "Soul To Soul", chef du protocole du président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro, ancien chef de la rébellion, a été écroué lundi après son audition dans le cadre de la découverte en mai d'une cache d'armes lors de la mutinerie à Bouaké, a annoncé le procureur Richard-Christophe Adou.

"M. Karamaté a été interpellé ce lundi. Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui (...) pour complot contre l'autorité de l'Etat", a-t-il précisé devant la presse au palais de justice d'Abidjan.

Sur place, le correspondant de VOA Afrique nous signale que l'enquête, ouverte pour faire la lumière sur cette affaire, a permis d'établir que la villa abritant cette cache d'armes est la propriété de Souleymane Kamaraté Koné, responsable du protocole du président de l'Assemblée nationale.

Les experts en armement ont évalué ces armes et ont conclu que cette cache d'armes contenait plus de 6 tonnes de diverses armes de guerre et de munitions prêtes à l'emploi.

La présence d'une telle quantité d'armes de guerre dans cette villa est surprenante d'autant plus que les autorités civiles et militaires avaient enjoint en 2012, dans le cadre du processus de désarmement, toute personne détentrice d'armes de guerre de les déposer à l'autorité pour le désarmement.

Il ressort des éléments de l'enquête que la détention et la dissimulation de ces armes de manière illégale et ensuite leur mise à disposition visaient à la déstabilisation de l'Etat. Une information judiciaire avec mandat de dépôt à été ouverte contre Souleymane Kamaraté Koné et toutes les personnes concernées.

Le procureur Richard-Christophe Adou, à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 10 octobre 2017.
Le procureur Richard-Christophe Adou, à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 10 octobre 2017.

Mutineries

Des mutineries d'anciens rebelles intégrés à l'armée ont secoué la Côte d'Ivoire et ébranlé le pouvoir en janvier et en mai 2017. Une cache d'armes avait été découverte en mai lors de la mutinerie à Bouaké, deuxième ville du pays et fief de l'ancienne rébellion des années 2000.

"Dans la nuit du 11 au 12 mai, des armes de guerre neuves dissimulées ont été découvertes dans une villa de Bouaké (...). Les enquêtes ont permis d'établir que la villa est la propriété de M. Koné", a indiqué le procureur.

La cache contenait plus de "six tonnes de diverses armes de guerre et de munitions (lance-roquettes RPG7, mitrailleuses lourdes, fusils d'assaut AK47 - kalachnikov -, bombes, mortiers...", selon le procureur.

"Les enquêtes ont également révélé que des personnes avaient été informées de l'existence de ces armes dans la ville de M. Koné et invitées à se servir (...) Leur mise à disposition visaient la déstabilisation de l'Etat", a souligné le procureur.

Le 12 mai, lors de la mutinerie, des mutins avaient exhibé une partie de ces armes devant des journalistes de l'AFP. Les armes neuves - notamment des kalachnikovs, des munitions et des lance-roquettes - étaient emballées dans des sacs en plastique transparents. Un des mutins avait confié à l'AFP que les armes provenaient de la propriété de M. Koné et que cette cache était connue de "plein de gens".

L'actuel président de l'Assemblée nationale est l'ancien chef de la rébellion de 2002-2011, dont Bouaké était le fief.

M. Soro, à qui certains prêtent des ambitions présidentielles, s'était gardé d'intervenir officiellement dans la crise de mai, mais de nombreux proches du pouvoir du président Alassane Ouattara assurent en privé que M. Soro joue sa "carte personnelle" en vue de la succession du président en 2020.

Avec AFP

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