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Procès en appel d'Oscar Pistorius : le parquet défend la thèse du meurtre

Oscar Pistorius en octobre 2014, archives. (AP Photo/Alon Skuy, Pool)

Le parquet sud-africain a tenté de convaincre la Cour d'appel, mardi, que la mort de la petite amie du champion paralympique, Reeva Steenkamp, était un meurtre et non un "homicide involontaire".

Le procès de en appel d’Oscar Pistorius, champion paralympique accusé du meurtre de sa petite amie, s’est ouvert mardi 3 novembre en Afrique du Sud. L'audience de près de trois heures, retransmise en direct à la télévision, a donné lieu à des échanges très musclés entre les juges et la défense, qui a semblé à plusieurs reprises déstabilisée. L'interprétation faite en première instance par la juge Thokozile Masipa a été au coeur des débats.

A l’ouverture de l’audience, le parquet sud-africain a tenté de convaincre la Cour d'appel que la mort de Reeva Steenkamp était un meurtre et non un "homicide involontaire", qualification qui avait été retenue en première instance.

De son côté, la défense a tenté de convaincre des juges très pugnaces de ne pas renvoyer en prison le jeune homme.

Oscar Pistorius avait été condamné en 2014 à cinq ans de prison pour avoir tué sa petite amie la nuit de la Saint-Valentin en 2013 à Pretoria. Mais l'ancien athlète a été libéré par anticipation le 19 octobre, et se trouve en résidence surveillée chez son oncle.

S'il est reconnu coupable de meurtre, il risque de retourner immédiatement derrière les barreaux, le meurtre étant passible d'une peine d'au moins 15 ans de prison.

"Il est dans les prérogatives du parquet de s'assurer que la loi est correctement appliquée", a déclaré mardi le procureur Gerrie Nel devant les cinq juges de la Cour suprême d'appel de Bloemfontein (centre), la capitale judiciaire de l'Afrique du Sud.

"La cour a ignoré les preuves", selon le procureur

En première instance, "la cour a ignoré les preuves, les preuves circonstanciées les plus importantes, qui auraient rendu (...) impossible la version de l'accusé", a-t-il estimé.

"Nous avons deux obstacles à franchir", a ajouté mardi Gerrie Nel, expliquant qu'il devait d'abord convaincre la Cour du bien-fondé d'entendre l'appel de l'accusation et ensuite la convaincre que la loi avait été mal interprétée.

Pistorius, amputé des deux jambes, a toujours plaidé l'erreur tragique. Il affirme qu'il a cru qu'un cambrioleur avait fait irruption dans sa salle d'eau dans sa maison ultra sécurisée de Pretoria et qu'il avait tiré dans la panique.​

"L'analyse du meurtre (faite par la juge de première instance) semble erronée", a lancé le juge Eric Leach. "Quand il (Pistorius) a tiré, savait-il qu'il y avait quelqu'un derrière la porte (des toilettes)?"

"Voici un homme qui se tient sur ses moignons", a répondu Barry Roux, l'avocat de la défense : "Il est vulnérable (...). Il pensait sincèrement qu'il était en danger et c'est la raison pour laquelle il a tiré."

Ténor du barreau, Barry Roux, retors lors du procès en première instance, s'est trouvé en difficulté pour soutenir sa thèse mardi. A plusieurs reprises, il a bégayé et interrompu son argumentaire pour se plonger longuement dans ses notes.

Trois possibilités

En Afrique du Sud, la procédure d'appel s'apparente plus à la cassation française qu'à un appel proprement dit. La Cour suprême d'appel ne se prononce pas sur le fond, mais sur le droit uniquement.

Il y a trois possibilités : l'appel est rejeté et Pistorius continuera de purger le reste de sa peine de cinq ans de prison chez son oncle à Pretoria ; l'appel est accepté et la Cour d'appel prononce une nouvelle peine pour meurtre, passible d'au moins 15 ans de prison ; l'appel est accepté et la Cour d'appel décide d'une nouveau procès.

L'homicide involontaire retenu en première instance avait suscité l'incompréhension d'un grand nombre de juristes en Afrique du Sud, et valu une volée de critiques à la juge Thokozile Masipa de la Haute Cour de Pretoria.

Quelle que soit la décision de la Cour d'appel, la saga judiciaire Pistorius pourrait être loin d'être terminée : les parties peuvent encore saisir la Cour constitutionnelle, la plus haute instance judiciaire du pays, à condition d'en avoir les moyens.

Avec AFP

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Les intempéries les plus meurtrières en Afrique australe depuis 20 ans

Zimbabwe Cyclone

L'Afrique australe a plusieurs fois été meurtrie par des tempêtes et inondations, comme lors du cyclone Idai qui vient de dévaster le Mozambique et le Zimbabwe. Rappel des intempéries les plus meurtrières des vingt dernières années :

- La plus meurtrière au Mozambique en 2000 -

En février et mars 2000, des inondations sans précédent depuis un demi-siècle au Mozambique font quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affectent environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Les provinces les plus touchées sont Maputo, Gaza et Inhambane (sud). Cette catastrophe, à laquelle s'ajoutent les effets du passage du cyclone Eline, porte un coup sévère à l'économie du pays. Eline tue également 130 personnes à Madagascar.

En janvier et février 2013, de nouvelles inondations dans la province de Gaza font plus d'une centaine de morts et environ 250.000 sinistrés, emportant routes, hôpitaux et maisons.

En janvier 2015, le Mozambique connaît une autre catastrophe majeure: après de fortes précipitations, le fleuve Licungo, qui sépare le pays en deux, monte subitement de 12 mètres, dévastant la province de Zambézie (centre), plongeant la moitié nord du pays dans le noir et coupant l'axe autoroutier Nord-Sud, ce qui complique l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces inondations font près de 160 morts (hors cas de choléra) et 177.000 sinistrés. Au Malawi voisin, des crues tuent 176 personnes.

- 2004 : Madagascar -

En mars 2004 à Madagascar, le cyclone Gafilo dévaste le nord et l'ouest faisant au moins 241 morts, ainsi que plus de 300.000 sans-abri.

L'île est fréquemment frappée par de nombreux cyclones et tempêtes tropicales, comme Géralda en février 1994 (au moins 200 morts, 500.000 sinistrés) et Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60.000 sans-abri).

- 2016-2017 : Zimbabwe -

Entre décembre 2016 et février 2017, le Zimbabwe, déjà touché par la sécheresse, subit des inondations qui font au moins 246 morts. Plus de 2.000 personnes sont déplacées.

S'ensuit une recrudescence du paludisme, qui provoque 150 morts en deux mois.

Les intempéries les plus meurtrières des dernières décennies sur l'ensemble du continent africain ont frappé entre octobre 1997 et janvier 1998 une vaste zone englobant la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. De gigantesques inondations, suite à des pluies torrentielles causées par El Niño, une anomalie océanique et atmosphérique qui s'empare du Pacifique tropical, qui perturbe tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations, avaient alors affecté ces cinq pays pendant trois mois, faisant plus de 6.000 morts.

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