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États-Unis

Procès sous tension à Chicago d'un policier blanc qui a tué un jeune noir

Jason Van Dyke quitte la salle d'audience avec son avocat Daniel Herbert, au tribunal pénal de Leighton à Chicago, le 18 décembre 2015.

Seize balles, une vidéo accablante et des mois de manifestations : le procès d'un policier blanc de Chicago qui a abattu un adolescent noir en 2014 s'est ouvert mercredi sous tension, malgré les appels au calme lancés par la famille de la victime.

Accusé de meurtre, Jason Van Dyke, 40 ans, est poursuivi pour avoir tiré à seize reprises sur Laquan McDonald, un mineur de 17 ans lors d'une confrontation un soir d'octobre dans la métropole du nord, une ville violente minée par le trafic de drogues et la guerre des gangs.

Cette affaire, emblématique des bavures policières aux Etats-Unis, fut très mal gérée par les autorités de Chicago, accusées d'avoir cherché à couvrir les forces de l'ordre.

Echo des manifestations de l'époque, des dizaines de personnes se sont rassemblées mercredi devant le tribunal, où se déroulait la sélection des jurés. En chantant "seize balles, une affaire étouffée", ils ont exigé que justice soit faite.

"Nous en avons assez que l'on trouve des excuses aux gens qui tuent d'autres êtres humains", a déclaré à l'AFP Mary Johnson, 85 ans. "Il faut arrêter de couvrir les policiers quand ils ont tort", a renchéri un autre manifestant Charles Edward Perry, 52 ans.

Face à eux, des proches de l'accusé s'étaient également mobilisés pour lui apporter son soutien.

Pour éviter tout débordement, la famille de Laquan McDonald a appelé à "une paix totale". "Nous ne voulons aucune forme de violence pendant ou après la décision de la cour", a déclaré mardi son grand-oncle Martin Hunter.

"Code du silence"

La mort de l'adolescent avait entraîné une onde de choc dans tout le pays après la diffusion d'une vidéo tournée depuis un véhicule policier.

Sur ces images, Jason Van Dyke tire sur l'adolescent, armé d'un couteau, alors qu'il se trouve à plusieurs mètres de distance et continue à vider son chargeur une fois celui-ci au sol.

La diffusion de l'enregistrement, obtenue par un juge après un an de blocage de la municipalité, avait entraîné le limogeage du chef de la police de Chicago et l'ouverture d'une enquête fédérale sur les méthodes des forces de l'ordre de la ville.

Ses conclusions, publiées en février 2017, évoquent des abus policiers fréquents et un "code du silence" en vigueur chez les agents.

Accusé d'avoir voulu étouffer le scandale, le maire démocrate Rahm Emanuel, un proche de l'ancien président Barack Obama, avait vu sa popularité s'effondrer. Mardi, à la surprise générale, il a annoncé qu'il renonçait à briguer un troisième mandat lors des élections de l'an prochain.

"Non coupable"

Jason Van Dyke, qui encourt jusqu'à 20 ans de prison, plaide non coupable. Dans une interview, il a assuré la semaine dernière avoir tiré parce qu'il se sentait menacé par le jeune homme. "Jamais je n'aurais utilisé mon arme si je n'avais pas pensé que ma vie ou celle d'un autre citoyen était en danger", a-t-il déclaré au Chicago Tribune.

L'issue de son procès sera vraisemblablement très suivie aux Etats-Unis, où la justice est plutôt clémente envers les policiers.

Alors qu'environ un millier de personnes meurent chaque année sous les balles de policiers américains, seuls 93 agents ont été inculpés depuis 2005, selon Philip Stinson, criminologue à l'université de Bowling Green State. "Et seulement un tiers d'entre eux ont été condamnés", a-t-il ajouté à la radio NPR.

Plusieurs villes américaines se sont embrasées ces dernières années après des bavures policières dont les Noirs étaient les victimes, donnant naissance au mouvement "Black Lives Matter".

Avec AFP

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Amazon va investir 10 milliards dans l'internet depuis l'espace

Jeff Bezos, fondateur d'Amazon et Blue Origin, à l'occasion du JFK Space Summit, célébrant le 50e anniversaire de l'atterrissage sur la lune, à Boston, Massachusetts, États-Unis, le 19 juin 2019.

Amazon a obtenu l'approbation des autorités américaines pour déployer une constellation de plus de 3.000 satellites en orbite basse, censés fournir de l'internet à haut débit partout dans le monde.

Le géant du commerce en ligne va investir 10 milliards de dollars dans son "Project Kuiper", a-t-il fait savoir jeudi lors de la publication de très bons résultats trimestriels.

Le Project Kuiper de Jeff Bezos, patron du groupe et homme le plus riche au monde, compte 3.236 satellite. Il doit permettre d'amener de la connectivité aux zones actuellement non couvertes.

Il visera d'abord les zones blanches des Etats-Unis, puis dans le monde entier, et pourrait alimenter des réseaux sans-fils et 5G.

"Nous avons entendu tellement d'histoires récemment sur les personnes qui ne peuvent pas travailler ou étudier parce qu'ils n'ont pas d'internet fiable à la maison", a déclaré Dave Limp, vice-président d'Amazon.

"Kuiper va changer cette situation. Nos 10 milliards d'investissements vont créer des emplois et les infrastructures américaines vont nous aider à combler le fossé".

Le projet ciblera en priorité les foyers, ainsi que les écoles, hôpitaux, entreprises et d'autres organisations, et pourra rétablir les télécommunications en cas de catastrophe naturelle.

Plusieurs entreprises se sont déjà positionnés sur le créneau de l'internet depuis l'espace.

Le mastodonte SpaceX du milliardaire américain Elon Musk a déjà déployé la constellation Starlink qui compte quelque 300 satellites en orbite et ambitionne d'en lancer jusqu'à 42.000.

En Europe, le gouvernement britannique, associé au conglomérat indien Bharti, a été choisi comme repreneur de l'opérateur de satellites en faillite Oneweb, qui porte un projet similaire.

Twitter suspend le compte de l'ancien chef du Ku Klux Klan David Duke

David Duke, ancien chef du Ku Klux Klan (KKK), à Baton Rouge, en Louisiane, le 22 juillet 2016. (AP Photo/Max Becherer)

Twitter a confirmé vendredi avoir fermé le compte de l'ancien chef du Ku Klux Klan (KKK) et tenant du suprémacisme blanc David Duke pour avoir publié des contenus à caractère haineux sur le réseau social.

Selon un porte-parole de la plateforme, le compte "a été suspendu de manière permanente pour avoir enfreint à plusieurs reprises la politique en matière de conduite haineuse de Twitter".

Les messages ayant conduit à cette décision n'ont pas été divulgués.

Dans sa charte, l'entreprise indique proscrire les publications incitant à la violence contre les personnes en "se fondant sur la race, l'origine ethnique, la nationalité, la caste, l'orientation sexuelle, l'appartenance religieuse, l'âge, le handicap ou toute maladie grave".

Présent sur Twitter depuis septembre 2009, David Duke y comptait un peu plus de 53.000 abonnés.

Célèbre personnalité publique d'extrême droite, M. Duke a été le chef de file de l'organisation raciste KKK durant les années 1970 avant de prendre officiellement ses distances avec le mouvement à la fin de cette décennie.

Il demeure néanmoins défenseur de la théorie de la supériorité de la race blanche, révisionniste, et s'en prend très régulièrement aux juifs.

M. Duke, 70 ans, a accompli un mandat de député en Louisiane entre 1989 et 1992 et a passé près d'un an et demi en prison au début des années 2000 pour fraude fiscale.

Il s'était déclaré en faveur de Donald Trump lors de la primaire présidentielle républicaine de 2016, un soutien que le milliardaire avait rechigné à désavouer avant de s'y résoudre.

La chaîne YouTube de David Duke avait été supprimée fin juin lors d'une vaste opération contre des chaînes diffusant des contenus suprémacistes et racistes.

Les réseaux sociaux sont fréquemment accusés de laxisme par des organisations de défense des droits civils et des personnalités politiques au sujet de la modération de publications promouvant la haine ou la désinformation.

Facebook, qui fait l'objet des critiques les plus vives, est sous le coup d'un boycott publicitaire sans précédent, suivi par plus de 1.000 annonceurs, pour l'obliger à mieux réguler ce genre de messages.

La semaine dernière, Twitter a supprimé plus de 7.000 comptes liés à la mouvance pro-Trump "QAnon", qui répand des théories du complot en ligne.

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