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Procès Paul Rusesabagina: verdict attendu lundi

Paul Rusesabagina (2e à droite, en uniforme rose de détenu) arrive avec des agents du Service correctionnel du Rwanda à la Cour de justice de Nyarugenge à Kigali, au Rwanda, le 25 septembre 2020.

Paul Rusesabagina, dont l'histoire a inspiré le film "Hotel Rwanda" et qui est devenu un féroce critique du président rwandais Paul Kagame, doit être fixé lundi sur son sort, après des mois d'un procès controversé qui l'a vu notamment jugé pour "terrorisme".

La prison à vie a été requise contre cet ancien directeur de l'Hôtel des Mille Collines à Kigali.

Le film "Hotel Rwanda" sorti en 2004 a raconté comment ce Hutu modéré a sauvé plus de 1.000 personnes durant le génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, principalement des Tutsi.

Aujourd'hui âgé de 67 ans, Paul Rusesabagina a été jugé à Kigali de février à juillet, avec une vingtaine d'autres personnes, pour son soutien présumé au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques au Rwanda qui ont fait neuf morts en 2018 et 2019.

Il est visé par neuf chefs d'accusation, dont celui de "terrorisme".

M. Rusesabagina et ses avocats ont boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès "politique" rendu possible par son "enlèvement" organisé par les autorités rwandaises.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, le Parlement européen et la Belgique, dont il est ressortissant, ont exprimé leurs préoccupations sur les conditions de son arrestation et l'équité du procès.

Le président rwandais Paul Kagame a répondu aux critiques dans une interview à la télévision nationale début septembre.

Paul Rusesabagina est jugé pour "les vies de Rwandais perdues à cause de ses actions et à cause des organisations auxquelles il appartenait ou qu'il dirigeait", a-t-il déclaré. "Cela n'a rien à voir avec le film (...) avec son statut de célébrité", a-t-il ajouté, en assurant qu'il serait "jugé aussi équitablement que possible".

Arrestation ou "enlèvement" ?

Initialement attendu le 20 août, le verdict avait été reporté d'un mois. L'avocat belge de Rusesabagina avait été expulsé le lendemain, les autorités l'accusant d'être venu travailler avec un simple visa touristique.

L'ancien hôtelier est depuis plus de 20 ans un opposant à Paul Kagame, qu'il accuse d'autoritarisme et d'alimenter un sentiment anti-Hutu.

Sa notoriété hollywoodienne lui a permis de donner un écho mondial à ses positions contre le régime.

Vivant en exil aux Etats-Unis et en Belgique depuis 1996, il a été arrêté à Kigali en 2020 dans des circonstances troubles, à la descente d'un avion qu'il pensait à destination du Burundi.

Le gouvernement rwandais a admis avoir "facilité le voyage" vers Kigali, mais affirmé que l'arrestation était "légale" et que "ses droits n'ont jamais été violés".

Paul Rusesabagina a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé. Mais il nie toute implication dans les attaques de 2018 et 2019.

Les cinq mois de procès ont vu des témoignages contradictoires sur son rôle.

Un porte-parole du FLN a déclaré qu'il n'avait "pas donné d'ordres aux combattants du FLN". Un autre coaccusé a, lui, affirmé que tous les ordres venaient de lui.

"Prisonnier politique"

"En tant que dirigeant, soutien et partisan du MRCD/FLN, il a encouragé et permis aux combattants de commettre ces actes terroristes contre le Rwanda", a estimé l'un des procureurs, Jean Pierre Habarurema.

La famille et les proches de Rusesabagina ont dénoncé un procès qui fut une "farce du début à la fin", "un spectacle mis en place par le gouvernement rwandais pour faire taire un critique et refroidir toute dissidence future", selon la Fondation Hotel Rwanda qui le soutient.

"Mon père est un prisonnier politique (...) visé par des accusations inventées et zéro preuve ont été présentées contre lui", a affirmé en juin sa fille adoptive Carine Kanimba.

Pour une responsable de l'opposition, Victoire Ingabire, qui a passé six ans en prison pour terrorisme, le verdict ne fait guère de doute.

"Dans un pays où la liberté est limitée, tout le pouvoir est entre les mains de l'exécutif", a-t-elle déclaré à l'AFP: "Comment un juge oserait-il prendre une décision incompatible avec les volontés du président de la République?"

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Un dissident rwandais condamné à 7 ans de prison pour des propos sur Youtube

Le site de partage de vidéos YouTube.

Un dissident rwandais qui utilisait sa chaîne YouTube pour critiquer le gouvernement a été condamné à sept ans de prison par un tribunal de Kigali, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Dieudonné Niyonsenga, dont la chaîne YouTube Ishema TV avait accumulé plus de 15 millions de vues, a été reconnu coupable de quatre chefs d'accusation, notamment de faux, d'usurpation d'identité.

"Le tribunal estime que les crimes dont Niyonsenga est accusé ont été commis intentionnellement", a déclaré le juge en prononçant le verdict jeudi avec une amende de cinq millions de francs rwandais (4280 euros). "La cour ordonne que Dieudonné Niyonsenga soit immédiatement arrêté et emmené pour purger sa peine de prison."

"Nous faisons appel de ce verdict (...) Ce n'est tout simplement pas légal", a dénoncé vendredi son avocat Gatera Gashabana.

La star de YouTube ne s'était pas présenté au tribunal et a été arrêté peu après le jugement à son domicile.

"Dieudonné Niyonsenga a été arrêté hier en exécution du jugement du tribunal. Il est en train d'être transféré" en prison, a déclaré à l'AFP Thiery Murangira, un porte-parole de la police rwandaise.

Niyonsenga, plus connu sous le nom de Cyuma, qui signifie "fer", sur YouTube, était connu pour ses vidéos dénonçant les violations des droits de l'homme.

En avril 2020, il a diffusé une série de vidéos accusant les soldats rwandais de graves abus à l'encontre des habitants des bidonvilles, dans le cadre du confinement strict mis en place pour lutter l'épidémie de coronavirus.

Peu de temps après, il a été arrêté et accusé d'avoir transgressé les mesures de restriction en se faisant passer pour un journaliste, avant d'être envoyé en prison.

Il a été acquitté et libéré 11 mois plus tard, mais les procureurs ont fait appel.

Le Rwanda, dirigé par Paul Kagame depuis la fin du génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, selon l'ONU, est régulièrement accusé par des ONG de réprimer la liberté d'expression, les critiques et l'opposition politique.

En mars, Human Rights Watch avait exprimé son inquiétude face à l'attitude des autorités contre les personnes utilisant YouTube ou des blogs pour s'exprimer sur des questions parfois controversées.

Selon HRW, au moins huit personnes rapportant ou commentant l'actualité – notamment l'impact des strictes mesures anti-Covid qui ont durement frappé les plus pauvres – avaient été menacées, arrêtées ou poursuivies au cours de l'année écoulée.

En octobre, Yvonne Idamange, mère de quatre enfants, a été condamnée à 15 ans de prison pour incitation à la violence en ligne.

Aimable Karasira, un professeur d'université connu pour sa chaîne YouTube, a aussi été arrêté en juin et inculpé de négationnisme, un crime grave au Rwanda. Il avait accusé le Front patriotique rwandais de Paul Kagame, de bafouer les droits de l'homme.

Affaire Rusesabagina: le parquet rwandais fait appel du jugement

Paul Rusesabagina assiste à une audience du tribunal à Kigali, Rwanda, le 26 février 2021. Il a inspiré le film "Hotel Rwanda" en sauvant plus de 1 000 personnes en les hébergeant dans l'hôtel qu'il gérait pendant le génocide.

Le parquet rwandais a annoncé mercredi avoir fait appel de la condamnation à 25 ans de prison de Paul Rusesabagina, ancien hôtelier dont l'histoire a inspiré le film "Hotel Rwanda" et devenu un féroce critique du président Paul Kagame.

La date du procès en appel sera fixée ultérieurement.

Le ministère public, qui avait requis contre lui la prison à perpétuité, a fait appel de l'ensemble des peines prononcées le 20 septembre contre les 21 prévenus, a précisé à l'AFP le porte-parole du parquet, Faustin Nkusi.

Au moment du verdict, le principal procureur, Aimable Havugiyaremye, avait fait part de l'insatisfaction du parquet, "tous les accusés ayant été condamnés à des peines inférieures aux réquisitions".

La condamnation à "25 ans représente déjà une peine de prison à vie", a déclaré à l'AFP la fille de Paul Rusesabagina, Carine Kanimba, en référence notamment à l'âge et à la santé fragile de son père.

"En faisant appel pour demander davantage, l'accusation ne fait que révéler à quel point ce procès est politique et l'a toujours été", a-t-elle estimé.

Procès dénoncés par les organisations de défense des droits humains

Connu pour avoir permis le sauvetage de plus d'un millier de personnes durant le génocide de 1994, M. Rusesabagina, 67 ans, a été reconnu coupable "d'avoir fondé et d'appartenir" au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d'avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Il a participé à la fondation en 2017 du Mouvement rwandais pour le changement démocratique (MRCD), dont le FLN est considéré comme le bras armé, mais a toujours nié toute implication dans ces attaques.

Le procès s'est tenu dans des conditions dénoncées par les organisations de défense des droits humains. L'accusé et ses avocats ont boycotté les audiences depuis mars, dénonçant un procès "politique" rendu possible par son "enlèvement" organisé selon eux par les autorités rwandaises, ainsi que des mauvais traitements en détention.

Après avoir été arrêté dans des conditions controversées à Kigali en août 2020, Paul Rusesabagina était poursuivi avec 20 autres personnes, pour neuf chefs d'accusation, dont celui de "terrorisme".

La famille et les soutiens de M. Rusesabagina ont accusé le gouvernement rwandais de vouloir "faire taire un critique et refroidir toute dissidence future".

Paul Rusesabagina a utilisé sa notoriété hollywoodienne pour donner un écho mondial à ses positions contre le régime Kagame.

Les Etats-Unis, qui lui ont décerné la médaille présidentielle de la liberté en 2005, se sont dits "préoccupés" par cette condamnation.

Avant son arrestation en 2020, il vivait depuis 1996 en exil aux Etats-Unis - où il est détenteur d'une "carte verte"- et en Belgique, dont il a la nationalité.

Début octobre, les députés européens ont réclamé sa libération pour "raisons humanitaires" et son rapatriement vers la Belgique.

Pour faire pression sur Kigali et son respect des droits humains, les eurodéputés avaient également demandé à la Commission européenne "un réexamen critique de l'aide apportée par l'Union européenne" au gouvernement et institutions rwandaises.

Soldats rwandais en RDC: un accident, selon Kigali

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Le président Kagame visite les soldats rwandais déployés au Mozambique

Le président Paul Kagame et son homologue Philip Nyusi du Mozambique, le 23 septembre 2021. (Twitter)

Le président rwandais Paul Kagame a débuté vendredi une visite de deux jours dans le nord du Mozambique, où un millier de soldats rwandais ont été déployés pour aider Maputo dans sa lutte antijihadiste.

Le Rwanda fut en juillet le premier pays africain à envoyer des troupes pour soutenir l'armée mozambicaine dans sa lutte contre une insurrection jihadiste dans la province de Cabo Delgado, qui abrite l'un des plus importants projets de gaz naturel liquéfié d'Afrique.

Le président rwandais a atterri vendredi matin dans la capitale provinciale Pemba, où l'a accueilli son homologue mozambicain Filipe Nyusi, a tweeté l'Agence rwandaise de Radiodiffusion (RBA) qui chapeaute les médias audiovisuels publics.

Les deux chefs d'Etat ont rencontré les troupes rwandaises déployées dans la provinces, a ajouté la RBA.

Peu après le Rwanda, certains des 16 Etats-membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) y ont aussi déployé des troupes, dont près de 1.500 soldats sud-africains.

L'Union européenne a pour sa part lancé en juillet une mission militaire de formation des forces armées du Mozambique.

Les forces rwandaises ont revendiqué début août leurs premiers succès, affirmant notamment avoir repris le port stratégique de Mocimboa da Praia aux insurgés.

La ville portuaire, cible de la première attaque jihadiste au Mozambique en octobre 2017, était, depuis le 12 août 2020, aux mains des jihadistes locaux, connus sous le nom d'Al-Shabab ("les jeunes" en arabe), et était devenue leur quartier général de facto.

En mars, les jihadistes avaient attaqué la ville de Palma, base des opérations industrielles du géant de l'énergie français Total, forçant le groupe à suspendre ses travaux d'un projet gazier de 20 milliards de dollars.

Malgré les récents succès de l'armée mozambicaine et de ses alliés, les insurgés ont continué leurs attaques.

Des sources au sein des forces de sécurité ont récemment fait état d'une série d'attaques dans le district de Quissanga, au sud de Mocimba da Praia, où les jihadistes sont présumés s'être repliés depuis que la localité portuaire a été reprise.

La dernière attaque en date a été menée jeudi soir dans le village de Lindi.

"Deux personnes ont été tuées et deux blessées" et plusieurs femmes et filles enlevées, a déclaré vendredi une source policière ayant requis l'anonymat.

Les insurgés ont également tendu une embuscade à deux bus transportant des soldats, plus tard dans la nuit, faisant au moins un mort, a indiqué à l'AFP un policier sous le couvert de l'anonymat.

Cette embuscade s'est produite sur une route majeure, fermée depuis deux ans en raison d'attaques similaires et récemment rouverte après l'arrivée des troupes étrangères.

Au total, au moins dix personnes ont été tuées dans plusieurs villages de Quissanga au cours de la semaine écoulée, a indiqué un autre policier.

Selon des sources locales et militaires, cinq civils ont été décapités le 17 septembre par des jihadistes à environ 150 kilomètres au sud de Palma.

Les attaques jihadistes, qui se sont multipliées depuis un an, ont fait au cours des quatre dernières années quelque 3.300 morts, pour moitié des civils, et ont forcé près de 800.000 personnes à fuir, selon l'ONG Acled.

Les présidents Kagame et Nyusi doivent s'adresser à la presse vendredi soir.

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