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Procès d'un ex-ministre du Pétrole accusé de détournements au Gabon


Une vue générale montre la Cour constitutionnelle de Libreville le 22 septembre 2016.

Le procès d'un ex-ministre du Pétrole gabonais, en détention préventive depuis 19 mois pour "détournements de deniers publics", s'est ouvert jeudi à la Cour criminelle spéciale de Libreville, a-t-on appris de source judiciaire.

L'ex-ministre des Hydrocarbures Etienne Dieudonné Ngoubou, emprisonné depuis le 12 janvier 2017, est accusé d'avoir détourné quelques 5 milliards de FCFA (plus de 7.6 millions d'euros).

Un arrêt de renvoi de la chambre d'accusation a revu à la baisse le montant du détournement présumé, initialement de 27 milliards de francs CFA (plus de 44 millions d'euros).


En juin, le Groupe de travail sur la détention arbitraire (GTDA) du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, avait jugé la détention préventive prolongée de M. Ngoubou "arbitraire" et demandé sa libération immédiate.

"La détention préventive n'est pas la règle et ne devrait plus être une pratique au Gabon", avait ajouté le GTDA.

M. Ngoubou est le premier ministre arrêté dans le cadre de l'opération anti-corruption Mamba, dite "mains propres", à comparaître à la barre de la Cour criminelle spéciale (CCS).

Cette juridiction d'exception créée en 2018 juge les auteurs présumés de détournements de fonds publics d'un montant supérieur à 250.000 FCFA (381 euros).

Incarcéré depuis le 10 janvier 2017, l'ex-ministre de l'Economie puis conseiller à la présidence, Magloire Ngambia, est une autre importante personnalité dont le procès est attendu à la CCS.

Plusieurs hauts responsables ont été arrêtés dans le cadre de l'opération Mamba, qui a débuté début 2017 et se poursuit encore.

Les procès à la CCS ont débuté le 15 mars 2018. En avril, Blaise Wada, ancien directeur général de l'Unité de coordination des études et des travaux (UCET), qui a reconnu toucher des rétrocommissions dans des attributions de marché, a été condamné à 20 ans de prison.

Les avocats de la défense des personnes poursuivies dénoncent une opération à visée "politique" touchant de manière sélective les auteurs de détournements de fonds publics au Gabon.

Avec AFP

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