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Présidentielle annulée: les opposants africains encensent l'exemple kényan

Raila Odinga, leader de l’opposition au milieu d’une en foule en liesse après la décision de la cour suprême a Nairobi, Kenya, 1er septembre 2017.

Emplis d'espoir ou d'amertume, parfois désabusés, de nombreux opposants africains ont encensé la Cour suprême du Kenya pour sa décision historique d'annuler la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta, formulant le voeu qu'elle serve d'exemple sur un continent traversé de nombreuses crises électorales.

"Si cela est arrivé au Kenya, cela peut arriver aussi au Zimbabwe", a lancé samedi devant des milliers de partisans Morgan Tsvangirai, leader de l'opposition dans un pays dirigé par Robert Mugabe depuis 1980 et où les élections ont par le passé été marquées par des violences, des intimidations et des accusations portant sur des fraudes électorales.

Morgan Tsvangirai, au centre, à Harare.
Morgan Tsvangirai, au centre, à Harare.

"C'est une décision sans précédent dans toute l'Afrique", a commenté M. Tsvangirai, trois fois perdant face à M. Mugabe, à propos de l'invalidation de la présidentielle kényane du 8 août par la Cour suprême de ce pays. Saisie par l'opposition, cette dernière a relevé des irrégularités dans la transmission des résultats et ordonné un nouveau scrutin d'ici au 31 octobre.

Rappelant la grave crise politique émaillée de violences qui mine le Burundi depuis l'annonce en avril 2015 de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé, obtenu en juillet de la même année, l'opposition burundaise a elle salué "le courage exceptionnel des juges de la Cour suprême du Kenya".

"Les juges kényans viennent de donner une leçon extraordinaire à l'Afrique et au monde, c'est un modèle d'indépendance de la magistrature à suivre", s'est enthousiasmé Charles Nditije, président de la coalition Cnared, qui regroupe la quasi totalité de l'opposition burundaise.

Ce "cas d'école" tranche selon M. Ndijite avec la "lâcheté" de la Cour constitutionnelle burundaise, qui avait jugé légal un éventuel troisième mandat de M. Nkurunziza. De son côté, le pouvoir burundais a qualifié la décision kényane de "leçon" pour ceux qui ont rejeté cette décision de la Cour constitutionnelle.

'Trahison'

En Ouganda, voisin est-africain du Kenya dirigé depuis 1986 par Yoweri Museveni, l'opposant Kizza Besigye, arrêté à de nombreuses reprises avant, pendant et après la présidentielle controversée de février 2016, a exhorté "la justice ougandaise à apprendre de son homologue kényane".

L'opposant ougandais Kizza Besigye.
L'opposant ougandais Kizza Besigye.

Et d'ironiser: "Je doute que cette décision ait pu être prise en Ouganda" où les observateurs internationaux estiment que l'élection 2016 s'est déroulée dans une "atmosphère d'intimidation" imposée par le régime, et où une contestation en justice du résultat par l'opposition, arguant de fraudes, avait été rejetée.

"Le cas kényan est tout simplement normal, alors que le Gabon ne l'est pas", a pour sa part soutenu Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, porte-parole de Jean Ping, crédité de 47,24% des voix à la présidentielle gabonaise d'août 2016, contre 50,66% au sortant Ali Bongo, qui a succédé à son père en 2009.

L'opposant gabonais Jean Ping, rival malheureux d'Ali Bongo Ondimba à la présidentielle du 27 août 2016, à Addis-Abeba, Ethiopie, 29 janvier 2012.
L'opposant gabonais Jean Ping, rival malheureux d'Ali Bongo Ondimba à la présidentielle du 27 août 2016, à Addis-Abeba, Ethiopie, 29 janvier 2012.

Alors que l'Union africaine et l'Union européenne ont remis en cause la crédibilité du scrutin, la Cour constitutionnelle avait rejeté la demande de Jean Ping de recompter les résultats, une "trahison" aux yeux de celui qui se proclame toujours "président élu".

Pour le gouvernement gabonais, par contre, la décision kényane "est la preuve que ce sont les institutions d'un pays qui closent le processus électoral et pas les observateurs internationaux".

'Choix destructeurs'

"Si une Cour suprême fait l'effort d'annuler les élections truquées, je crois que les commissions électorales chargées d'organiser ces élections feront désormais attention au risque de se voir sanctionnées par l'institution supérieure", a déclaré le chef de l'opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo.

L'opposant guinéen Cellou Dalein Diallo à VOA.
L'opposant guinéen Cellou Dalein Diallo à VOA.

Dans ce pays où des dizaines de milliers de partisans de l'opposition avaient manifesté début août pour exiger du président Alpha Condé le respect d'accords politiques prévoyant notamment la tenue d'élections locales sans cesse repoussées, M. Diallo espère que cette décision inspirera "les autres juridictions chargées du traitement des contentieux électoraux en Afrique (...), généralement inféodées aux pouvoirs".

En Tanzanie, le leader et député d'un petit parti d'opposition, Kabwe Zitto, a appelé à une modification de la Constitution, qui ne permet pour l'heure pas de contester une élection en justice.

Kabwe Zitto, en Tanzanie.
Kabwe Zitto, en Tanzanie.

Et au Rwanda, où le président Paul Kagame a été réélu le 4 août avec près de 99% des suffrages, le candidat du seul parti d'opposition toléré par les autorités, Frank Habineza, a estimé que "l'indépendance de la justice est importante sur le continent, et permet d'éviter le recours à des choix destructeurs comme la formation de groupes rebelles et les manifestations violentes".

Avec AFP

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Guinée: Condé laisse une nouvelle fois planer le doute sur une candidature

Alpha Condé lors d'une réunion à Bruxelles, le 7 octobre 2017

Le président de la Guinée Alpha Condé, en visite officielle à Abidjan, a une nouvelle fois laissé planer le doute sur une modification de la Constitution qui lui permettrait de briguer un troisième mandat en 2020.

"Il y a un débat en Guinée. Moi j'observe (...), ce qui est évident c'est que le peuple guinéen est un peuple souverain, (...) qu'on ne peut pas empêcher le peuple de s'exprimer s'il le souhaite", a-t-il répondu à la presse qui l'a interrogé sur le sujet.

Il a aussi fait valoir qu'il n'avait "de comptes à rendre qu'au peuple de Guinée et éventuellement au peuple africain, mais pas à l'extérieur". "Je fais ce qui sera la volonté du peuple de Guinée. Pour le moment (...) je laisse le débat se dérouler dans le pays", a-t-il ajouté.

Les principaux partis d'opposition guinéens, ainsi que des associations de la société civile et des syndicats, ont annoncé début avril la création d'une coalition pour empêcher Alpha Condé de briguer un troisième mandat en 2020.

Ancien opposant historique et premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest régie jusqu'alors par des pouvoirs autoritaires, Alpha Condé, dont le deuxième mandat constitutionnel s'achève en 2020, a souvent contesté la pertinence de la limitation du nombre de mandats sur le continent.

M. Condé, 81 ans, n'a jusqu'à présent pas annoncé de modification de la Constitution afin de pouvoir se représenter en 2020, mais plusieurs de ses déclarations récentes ont été interprétées en ce sens. "Personne en Guinée ne m'empêchera d'aller devant le peuple pour lui demander ce qu'il veut et faire la volonté du peuple", avait-il dit le 24 mars devant les militants de son parti.

En janvier, la présidence avait publié des propos de l'ambassadeur de Russie, suggérant d'amender la Constitution pour permettre au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat, au grand dam de l'opposition et de la société civile.

Le président ivoirien Alassane Ouattara, 77 ans, dont le deuxième mandat se termine également en 2020, entretient lui aussi le mystère quant à une éventuelle candidature. Il estime avoir le droit de se représenter en raison d'un changement de Constitution en 2016, ce que conteste l'opposition.

Avec AFP

Algérie: dixième vendredi consécutif de manifestations contre le régime

Les manifestants retournent dans les rues pour reclamer des changements démocratiques en Algérie.

Le mouvement algérien de contestation testera vendredi sa capacité à rester mobilisé lors du 10e vendredi consécutif de manifestations à travers le pays, sur fond de limogeages de symboles du régime Bouteflika déchu et de spectaculaires incarcérations dans des affaires de corruption présumée.

"Pas de demi-révolution", titre en une vendredi l'édition week-end du quotidien El Watan, appelant à continuer à manifester jusqu'au départ du "système" dans son entier, tandis que des appels similaires continuent d'être relayés sur les réseaux sociaux.

Le sentiment d'avoir obtenu de nouvelles têtes pourrait encourager les manifestants, à l'issue d'une semaine marquée par de nouveaux limogeages, des convocations judiciaires et poursuites annoncées contre des caciques du régime et le placement en détention provisoire de riches hommes d'affaires.

D'autant que le pouvoir ne cède pas sur l'essentiel des revendications: départ de l'ensemble des figures de l'appareil hérité d'Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné le 2 avril après 20 ans à la tête de l'Etat, et organisation d'une transition hors du cadre institutionnel qu'il a légué.

Apparatchik ayant accompagné M. Bouteflika durant près de deux décennies, Abdelkader Bensalah est toujours président par intérim et Noureddine Bedoui, autre fidèle dévoué, toujours Premier ministre d'un "gouvernement de la honte", comme le nomment les manifestants.

- Rôle de l'armée -

Et ces dirigeants prévoient toujours, avec le soutien de l'armée, replacée au centre de la vie politique depuis le départ de M. Bouteflika, d'organiser le 4 juillet la présidentielle devant élire son successeur, ce que refuse la contestation qui estime qu'ils ne peuvent garantir un scrutin régulier.

L'incarcération en début de semaine de trois frères Kouninef, famille propriétaire d'un géant privé du BTP algérien, bénéficiaires de gigantesques contrats publics, ne peut que satisfaire la contestation qui depuis le 22 février dénonce, aux cris de "voleurs" ou "mafia", les liens troubles entre la présidence Bouteflika et les "oligarques".

Réputés proches de Saïd Bouteflika, frère et conseiller abhorré du président déchu, ces trois frères Kouninef sont notamment soupçonnés de "non respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics" et "trafic d'influence".

Mais le placement en détention préventive, simultanément, d'Issad Rebrab, première fortune d'Algérie et patron du conglomérat Cevital, premier employeur privé du pays, qui entretenait lui des relations notoirement tendues avec l'entourage de M. Bouteflika, a semé le doute sur les objectifs réels de ces enquêtes.

Une partie de la presse algérienne a qualifié "d'injonctions" les appels répétés à "accélérer la cadence" des enquêtes anticorruption, lancés aux autorités judiciaires par le général Ahmed Gaïd Salah, chef d'état-major de l'armée et de facto homme fort du pays depuis le départ de M. Bouteflika.

Ce qui a contraint l'armée à dénoncer, dans une rare "mise au point", "une lecture erronée" des déclarations du général Gaïd Salah, puis le Parquet a assurer n'avoir subi "aucune pression".

- Ministres chahutés -

Certains observateurs voient dans ces enquêtes une forme de "deal" implicite offert aux manifestants: les têtes des "corrompus" ou des symboles du pouvoir, contre un assouplissement des revendications notamment sur la présidentielle, dont le général Gaïd Salah a à nouveau réclamé dans la semaine qu'elle se tienne dans les délais constitutionnels.

Voire une tentative de diviser la contestation, dont au moins une partie a de la sympathie pour M. Rebrab, qui présente son groupe comme "une victime du +système+ (au pouvoir) et de sa mafia économique" qui entravent ses activités.

Dans la semaine, a été limogé le patron du Club des Pins, luxueuse résidence ultraprotégée réservée aux dignitaires, symbole des privilèges accordés aux personnalités du régime.

Mais aussi le PDG de Sonatrach, géant public des hydrocarbures, entreprise au centre de plusieurs scandales ces dernières années. Le lendemain, la justice annonçait enquêter à nouveau sur l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khelil, très proche de M. Bouteflika, qui avait fui l'Algérie car recherché pour une affaire de corruption liée à Sonatrach, avant de rentrer une fois les poursuites abandonnées.

En province, les ministres du "gouvernement de la honte" continue d'être chahutés lors de leurs déplacements, malgré les récentes mises en garde du général Gaïd Salah contre ce phénomène qui se multiplie. Jeudi, le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, a écourté une visite à Saïda (nord-ouest) après avoir été conspué.

Avec AFP

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