Le président égyptien Mohamed Morsi semble maintenant aux commandes de son pays après sa décision, dimanche, de reprendre aux militaires les pouvoirs étendus que ces derniers s’étaient octroyés. Il a aussi mis à la retraite le maréchal Hussein Tantatawi, ministre de la Défense, et le général Sami Enan, chef de l’armée tout en les nommant conseillers à la présidence.
Les médias se félicitent du départ à la retraite de Tantawi, mesure qualifiée de «révolutionnaire» par bon nombre d’Egyptiens.
Est-ce la fin de la crise institutionnelle en Egypte ? Le professeur Moustapha Kemal El Seyed de l’université américaine du Caire ne le pense pas. « Le pays est divisé entre ceux qui soutiennent Morsi et ceux qui ne le soutiennent pas », a-t-il dit. Toutefois, selon le professeur Seyed, le changement intervenu est « un coup de force institutionnel, ce n’est pas un coup de force armé », qui est aussi « une façon assez habile de renforcer le pouvoir des Frères musulmans à peu de frais. »