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Premier retour de Malala Yousafzai au Pakistan depuis 2012

Malala Yousafzai arrive au camp de refugiés de Dadaab, à la frontière entre la Somalie et le Kenya, le 12 juillet 2016.

La prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a retrouvé, en larmes, son Pakistan natal, laissé derrière elle dans des circonstances dramatiques en 2012.

"Je suis très heureuse. Je n'arrive toujours pas à croire que je suis ici", a-t-elle déclaré, bouleversée, dans un discours prononcé à la résidence du Premier ministre Shahid Khaqan Abbasi à Islamabad, quelques heures après une arrivée qui a pris le pays de court.

"Ces cinq dernières années j'ai toujours rêvé de pouvoir revenir dans mon pays", a-t-elle lancé devant le public.

"Si cela avait été possible, je ne (l)'aurais jamais quitté", a-t-elle ajouté, évoquant avec nostalgie la "beauté" de sa vallée natale de Swat, parfois comparée à la Suisse pour ses paysages verdoyants. Elle en avait été évacuée d'urgence vers la Grande-Bretagne en 2012 après avoir reçu une balle dans la tête lors d'un attentat la ciblant à son retour de l'école.

"Nous sommes vraiment ravis que notre fille, qui a fait beaucoup pour le nom du Pakistan, soit de retour à la maison", a déclaré de son côté le chef du gouvernement. "Vous recevrez un respect total ici".

Visite non annoncée

La jeune femme et ses parents ont atterri au petit matin à l'aéroport d'Islamabad. Leur visite, qui doit durer quatre jours, n'avait pas été annoncée et leur programme n'a pas été rendu public "pour des raisons de sécurité", ont indiqué les autorités. La famille se déplace sous forte escorte policière.

On ignore ainsi si Malala, âgée aujourd'hui de 20 ans, entend se rendre dans son district natal de Shangla, ou dans la ville de Mingora, où s'est produit l'attentat, tous deux situés dans la vallée de Swat (nord-ouest).

​>> Lire aussi : Les femmes "doivent changer le monde" par elles-mêmes selon Malala

Si elle est célébrée en Occident, son image est plus controversée dans son pays où certains la considèrent comme un "agent de l'étranger" manipulé ou payé pour nuire au Pakistan.

Outre les cercles islamistes radicaux opposés à l'émancipation des femmes, Malala est également critiquée par une partie de la classe moyenne pakistanaise qui lui reproche de ternir l'image du pays.

Nombre de ses compatriotes ont toutefois salué l'annonce de son arrivée, notamment dans sa vallée de Swat et sur les réseaux sociaux.

"Elle est un symbole de courage pour tous les Pakistanais et nous nous réjouissons de sa visite. Elle aurait dû revenir bien plus tôt", a jugé de son côté Ahmad Shah, un ami du père de la jeune femme et habitant de Swat.

"Chers Pakistanais, Malala n'est pas votre ennemie. Vos ennemis sont les monstres qui lui ont tiré dessus à bout portant sur le chemin de l'école", a plaidé une internaute, Shahira Lashari, sur Twitter.

"Certains pensaient que cela n'arriverait jamais. Certains ne voulaient pas que cela arrive", a commenté de son côté l'analyste Michael Kugelman, spécialiste de la région au Wilson Center à Washington, saluant "un grand moment pour le Pakistan".

Six millions pour l'éducation

C'est dans des circonstances dramatiques, entre la vie et la mort, que Malala avait dû quitter son pays en 2012 après sa tentative d'assassinat par des talibans pakistanais.

Elle n'avait plus foulé le sol pakistanais depuis lors. "C'est dur de ne pas voir sa maison, sa famille et ses amis pendant plus de cinq ans", avait-elle déclaré en janvier.

Soignée en Angleterre, où elle vit, elle est devenue une icône du droit des filles à l'éducation. C'est à ce titre qu'elle s'est vue décerner le Prix Nobel de la paix en 2014, conjointement avec l'Indien Kailash Satyarthi.

Après avoir vécu avec sa famille à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, elle poursuit aujourd'hui des études à Oxford.

Malala avait commencé son combat en 2007 lorsque les talibans imposaient leur loi sanglante dans sa vallée de Swat, autrefois paisible région touristique des contreforts de l'Himalaya.

Du haut de ses 11 ans, la fillette alimentait un blog sur le site de la BBC en ourdou, la langue nationale du Pakistan. Sous le pseudonyme de Gul Makai, elle y décrivait le climat de peur régnant dans sa vallée sous la férule des extrémistes.

L'attentat qui a failli lui coûter la vie n'a nullement entamé sa détermination.

"La nouvelle génération du Pakistan est l'avenir du Pakistan. Ce sont les gens. Donc nous devrions investir dans l'éducation de ces enfants", a-t-elle déclaré jeudi matin, soulignant que le Fonds qui porte son nom avait déjà contribué à hauteur de plus de 6 millions de dollars à l'éducation des filles dans le pays.

Avec AFP

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Annexion du Golan: Trump rompt de nouveau avec le consensus international

Le président Donald Trump lors d'un point de presse au jardin Rose de la Maison Blanche, Washington, 25 janvier 2019.

En se disant favorable à la reconnaissance de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, Donald Trump rompt de nouveau avec le consensus international, au risque de justifier l'expansionnisme d'autres pays, selon les experts.

Israël a conquis une grande partie du Golan lors de la guerre des Six Jours en 1967 et l'a annexée en 1981, mais la communauté internationale n'a jamais reconnu cette annexion. Jeudi, le président américain a tweeté que "52 ans après", il était "temps" pour les Etats-Unis de la reconnaître.

Le droit international "interdit d'accroître son territoire par la guerre", a rappelé vendredi l'ancien diplomate Richard Haas, président du centre de réflexion Council on foreign relations (CFR).

"C'est un des principes les plus fondamentaux de l'ordre international et c'est ce qui a servi de base à l'opposition américaine à la conquête du Koweït par Saddam Hussein et de la Crimée par Poutine", a-t-il ajouté.

Il faisait référence à la guerre du Golfe qui a permis de bouter l'ex-dictateur irakien hors du Koweït en 1991 et le rattachement de la région ukrainienne de la Crimée par le président russe Vladimir Poutine en 2014.

Les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions à la Russie après son annexion de la Crimée, mènent-ils une politique internationale à deux vitesses? "Pas du tout", a répondu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un entretien à Sky News.

"Ce que le président Trump a fait avec le plateau du Golan est de reconnaître la réalité du terrain et la situation sécuritaire nécessaire à la protection de l'Etat israélien. C'est aussi que simple que cela", a-t-il expliqué.

- "Loi de la jungle" -

Ce n'est pas la première fois que M. Trump balaie de la main les conventions internationales pour apporter son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, aujourd'hui confronté à une réélection incertaine: en décembre 2017, il avait reconnu unilatéralement Jérusalem comme la capitale d'Israël.

Mais cette fois-ci, Washington va plus loin, a estimé l'ancien chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt. "C'est de nouveau la loi de la jungle", a-t-il tweeté. "Le Kremlin va applaudir et appliquer le même principe à la Crimée, Pékin va applaudir et appliquer le même principe à la mer de Chine méridionale".

Les Européens et les pays arabes se sont de fait inquiétés de l'intention affichée par M. Trump, qui n'a pas encore été formalisée.

La France a immédiatement estimé que la reconnaissance de cette annexion serait "contraire au droit international", rappelant que "cette situation a été reconnue comme nulle et non avenue par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité" des Nations unies.

La Syrie l'a rejetée vendredi comme "une violation flagrante du droit international", jurant que "le Golan est et restera arabe et syrien".

A New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU, Bashar Ja'afari, a affirmé que le régime de Damas n'hésiterait pas à faire usage de la force pour récupérer le plateau du Golan. "C'est notre territoire, et nous le récupèrerons tôt ou tard", a-t-il dit.

Le président turc a jugé que la région était au bord d'une "nouvelle crise". "Nous n'autoriserons jamais la légitimation de l'occupation du plateau du Golan", a ajouté Recep Tayyip Erdogan qui, bien qu'hostile au président syrien Bachar al-Assad, ne cesse de dire son attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie, craignant l'émergence d'une entité kurde dans les zones frontalières de la Turquie.

Pour Ilan Goldenberg, du Center for a new american security, la décision de M. Trump sur le Golan "aura un goût amer: elle affaiblit la sécurité d'Israël et affecte les intérêts des Etats-Unis au Moyen-Orient et au-delà, tout en donnant un coup de pied dans une fourmilière qui n'en avait vraiment pas besoin".

"Si Washington cesse de respecter les principes internationaux, il faut s'attendre à ce que d'autres Etats annexent des territoires de leurs voisins", a ajouté cet expert, évoquant la possibilité que l'Arabie saoudite envahisse le Qatar.

Pour Steven Cook, un expert du Proche-Orient au CFR, Donald Trump aurait mieux fait de s'abstenir: le statu quo satisfaisait tout le monde, y compris la Syrie, alors que reconnaître officiellement l'annexion du Golan "va créer de l'opposition, là où il y avait jusque là de l'acceptation".

"Israël est sur le Golan pour ses propres raisons, et rien de ce que l'administration Trump décidera n'y changera quoi que ce soit", conclut-il.

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