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Crimes/enquêtes

Près d’un millier de civils tués dans l’Est de la RDC en toute impunité, selon l’ONU

Des soldats des FARDC traquent les rebelles ADF dans le village de Manzalaho près de Beni le 18 février 2020. (AFP)

Un rapport des Nations unies constate une augmentation alarmante des violations des droits de l'homme et des tueries dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo.

Le rapport attribue cette augmentation aux attaques croissantes d'un groupe armé, les Forces démocratiques alliées (ADF).

Les ADF sont un groupe rebelle ougandais qui a vu le jour dans les années 1990, mais qui a été principalement actif dans l'est du Congo ces dernières années.

Le rapport de l’ONU les ADF de prendre délibérément pour cible les populations civiles, de commettre des abus sexuels et de kidnapper des centaines de civils pour effectuer des travaux forcés.

Le Bureau conjoint des droits de l'homme des Nations unies en RDC affirme que l'année dernière, les ADF ont tué au moins 849 civils à Irumu et dans le territoire de Mambasa, dans la province de l'Ituri, ainsi qu'à Beni, dans le Nord-Kivu.

Les observateurs des droits de l'homme de l'ONU signalent que les ADF ont également kidnappé 534 civils, dont 457 sont toujours portés disparus.

La porte-parole des droits de l'homme des Nations unies, Marta Hurtado, a déclaré que la violence s'est poursuivie cette année. Lors d'une attaque le 13 janvier, elle a déclaré que des hommes armés non identifiés ont tué au moins 14 personnes, dont deux femmes enceintes.

"Étant donné la nature généralisée et systématique de l'attaque dirigée contre la population civile, certaines des violations des droits de l'homme documentées peuvent constituer des crimes contre l'humanité", a déclaré Mme Hurtado. "La violence se déroule dans un contexte d'impunité, où peu d'abus des droits de l'homme et de violations du droit humanitaire international font l'objet d'enquêtes et de poursuites en bonne et due forme", a-t-elle ajouté.

D'après Mme Hurtado, le rapport documente aussi de nombreuses atrocités commises par les forces de sécurité de la RDC.

"Selon le rapport, de juillet à décembre 2020, 25 civils ont été tués, 18 femmes et 10 enfants ont été abusés sexuellement, et 45 ont été arrêtés arbitrairement par les forces de sécurité. De janvier à juin, 22 civils ont été tués, 9 femmes et 12 enfants ont été abusés sexuellement, et 81 ont été arrêtés arbitrairement par les forces de sécurité", a précisé Mme Hurtado.

Le bureau des Nations unies appelle les autorités de la RDC à maintenir leurs forces de sécurité en ordre et à s'assurer qu'elles agissent dans le respect du droit international humanitaire. Il exhorte également le gouvernement à enquêter sur les crimes, à traduire les auteurs en justice et à fournir une aide humanitaire aux survivants, y compris ceux qui ont été déplacés par la violence.

Article traduit et adapté de l’anglais par VOA Afrique. Lire l’original >>

1.200 civils tués en un an dans la région de Beni
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Enlèvements contre rançon, une pratique courante au Nigeria

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RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

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Une fille meurt sous les coups d'une "exorciste" au Sri Lanka

La police a arrêté dimanche au Sri Lanka une femme se disant "exorciste" après la mort d'une fille de neuf ans qu'elle avait rouée de coups dans le cadre d'un rituel.

La femme, dont l'identité n'a pas été communiquée, est accusée d'avoir battu à plusieurs reprises la petite fille à coups de bâton en affirmant vouloir "faire sortir un démon qui avait pris possession de l'enfant", a expliqué le porte-parole de la police Ajith Rohana.

La petite fille avait été conduite par ses parents chez cette femme dans le village de Meegahawatte, tout près de la capitale Colombo. Des voisins, alertés par les appels au secours de l'enfant, sont arrivés trop tard pour la sauver.

"L'enfant s'était écroulée après les violents coups reçus. Elle a été déclarée morte à l'hôpital", selon M. Rohana.

La région a connu ces dernières années plusieurs cas de soi-disant tentatives d'exorcismes dont plusieurs ont provoqué des blessures voire le décès de ceux qui y étaient soumis, a-t-il ajouté.

Parmi les 21 millions d'habitants du Sri Lanka, nombreux sont ceux qui ont recours à des guérisseurs, sorciers ou exorcistes auto-proclamés.

La tentative d'interpellation d'un opposant tchadien vire au drame: 2 morts

Le siège du parti UNDR de l’opposant Saleh Kebzabo investi par les éléments du GMIP (groupement mobile d’intervention de la police), le 31 octobre 2020. Le 28 février 2021, une tentative d'interpellation a viré au drame au domicile d'un autre opposant, Yaya Dillo Djerou.

Au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche dans la capitale tchadienne N'Djamena dans des échanges de tirs au cours d'une tentative d'interpellation d'un opposant candidat déclaré à la présidentielle du 11 avril, a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

"Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l'ordre", lors d'une tentative d'interpeller l'opposant Yaya Dillo Djerou à son domicile, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement.

Pour l'heure, l'identité des victimes n'a pas été confirmée par les autorités. Mais d''après la journaliste Hawa Séméga, les deux victimes sont la mère et le fils de Yaya Dillo Djerou.

"Les forces de défense et de sécurité (...) ayant essuyé des tirs d'armes" venant du domicile de l'opposant, elles "n'ont pas eu d'autres choix que de riposter en légitime défense", a-t-il affirmé.

"Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date", a accusé le porte-parole.

Dans la nuit, Yaya Dillo, un ancien chef rebelle devenu ministre après avoir rallié le président Idriss Déby Itno, a indiqué sur sa page Facebook que sa maison à N'Djamena était encerclée par l'armée et la police.

"Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents", a-t-il dit quelques minutes plus tard. "Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. (...) Mes chers compatriotes levons nous!", a-t-il ajouté, dans un dernier post publié au lever du jour.

Ces informations n'ont pu être confirmées de source indépendante et les autorités n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP. De même, dimanche en milieu d'après-midi, il était impossible de savoir si M. Dillo avait été arrêté.

Internet et les réseaux téléphoniques étaient très perturbés à N'Djamena. Des blindés et militaires quadrillaient les axes menant au domicile de Yaya Dillo, dans le quartier Karkadjiye, dans la commune du 5ème arrondissement, a constaté l'AFP.

M. Dillo est sous le coup de deux mandats d'arrêt, après avoir été visé par une plainte pour diffamation et injures à l'encontre de la Première dame Hinda Déby Itno. Il avait notamment dénoncé une convention signée entre l'épouse du chef de l'Etat et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de coronavirus.

"Suite à un refus systématique depuis 48 heures de Monsieur Yaya Dillo, appuyé d’un groupe de personnes armées, de répondre à deux mandats judiciaires", celui-ci "a vertement défié l’autorité de l’État en opposant une résistance armée", a justifié le porte-parole du gouvernement.

RDC : dix civils tués dans deux attaques attribuées aux ADF

Une patrouille de la Monusco pour traquer les rebelles ougandais des Forces Démocratiques Alliés (ADF), le 13 novembre 2018.

Dix civils ont été dans la nuit de samedi à dimanche dans deux attaques attribuées au groupe armé Forces démocratiques alliées (ADF) dans la partie orientale de la République démocratique du Congo, selon l'armée.

"Nous déplorons la mort de huit civils, décapités dans le village de Boyo, ici en Ituri par des ADF (...) qui ont aussi tué deux autres civils par balle à Kainama", a déclaré à l'AFP le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l'armée dans la province de l'Ituri (nord-est).

"La poursuite de l'ennemi pour nettoyer la zone continue", a-t-il affirmé.

Des sources administrative et locales ont confirmé les deux attaques, précisant que des maisons ont également été "incendiées" par les assaillants.

Le village de Kainama est situé dans l'extrême nord de la province du Nord-Kivu, à la limite avec l'Ituri. Il est à 5 km de celui de Boyo.

Les ADF sont historiquement des rebelles musulmans ougandais installés dans l'est de la RDC depuis 1995. Sans s'attaquer à l’Ouganda depuis des années, ces bandes armées commettent régulièrement des massacres sur des civils sans défense depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs.

L'armée congolaise mène des opérations militaires contre ces ADF dans cette zone depuis fin octobre 2019, sans toutefois avoir pu mettre fin aux massacres.

Dispersés par ces opérations militaires, les ADF opèrent désormais en petits groupes mobiles, selon des experts de l'ONU.

Après une relative accalmie en janvier, les membres présumés des ADF multiplient des tueries des civils depuis début février dans les territoires de Beni (Nord-Kivu) et Irumu (Ituri, nord-est).

Depuis près de trois décennies, l'est de la RDC est déstabilise par la présence de dizaines de groupes armés locaux et étrangers d'importance diverses.

Dans un récent rapport, les experts du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST en anglais) ont recensé au moins "122 groupes armés" actifs dans quatre provinces orientales (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu et Tanganyika).

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