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Poutine s'offre 16 années supplémentaires à la tête de la Russie

Russian President Vladimir Putin shows his passport to a member of an election commission as he arrives to take part in voting at a polling station in Moscow, Russia, July 1, 2020.

La Russie a adopté la vaste révision constitutionnelle autorisant Vladimir Poutine à se maintenir au Kremlin jusqu'en 2036, un référendum dénoncé par l'opposition qui y voit une manoeuvre pour perpétuer sa mainmise sur le pays.

Les Russes ont validé à 74,1% ce bloc d'amendements qui, outre la question des mandats du président en exercice, introduisent aussi ses principes conservateurs dans la Constitution, selon des résultats portant sur près de 30% des bureaux de vote répartis sur l'immense territoire russe et diffusés mercredi par la Commission électorale centrale.

La participation tournait, quant à elle, autour de 65%.

Le doute n'a jamais pesé quant à l'issue du scrutin : la réforme a été approuvée par le législateur en début d'année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies.

Vladimir Poutine avait, pour sa part, demandé mardi aux Russes de garantir "la stabilité, la sécurité et la prospérité" de la Russie, qu'il se targue d'avoir sortie du chaos post-soviétique.

Le scrutin, prévu à l'origine pour avril, a été repoussé à cause de la pandémie de Covid-19. Pour éviter une trop forte affluence dans les bureaux de vote, il s'est déroulé sur une semaine et les électeurs devaient se munir de masques de protection et de gants.

Amendement le plus controversé : celui accordant à Vladimir Poutine l'option de deux mandats supplémentaires à l'issue de l'actuel en 2024. Une nécessité selon lui, car la classe politique ne doit pas se perdre dans "une quête de successeurs potentiels".

- Dieu, mariage, retraite -

Ce changement lui permettrait de rester au Kremlin jusqu'en 2036, l'année de ses 84 ans. D'autres amendements renforcent certaines prérogatives présidentielles.

La révision introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président - foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique -, ainsi que des garanties sociales, comme l'indexation des retraites.

Ioulia Zabolotova, une retraitée de 83 ans, était enthousiaste dans un bureau de vote moscovite mercredi : "Il faut soutenir Poutine, jamais je n'ai vécu aussi bien qu'avec lui. Il a relevé le pays du chaos !".

Les détracteurs de M. Poutine, notamment l'opposant Alexeï Navalny, jugent quant à eux que le référendum n'a d'autre but que de lui garantir "une présidence à vie" et que les autres mesures ont visé à faire aller les Russes aux urnes.

Sergueï Lepnoukhov, un juriste moscovite de 47 ans, ne décolérait pas. "Il ne faut pas toucher à la Constitution, elle doit être inaliénable (...) mais (Poutine) veut s'accaparer le pouvoir, alors il s'est trouvé une porte dérobée. C'est honteux et malheureux".

Un petit groupe de Moscovites a manifesté son mécontentement place Pouchkine, dans le centre de Moscou, et en début de soirée mercredi, sans être dispersé par la police présente en nombre et malgré l'interdiction des rassemblements imposée à cause du nouveau coronavirus, selon des journalistes de l'AFP.

- Succès sur-mesure -

Le vote est intervenu sur fond de baisse de la popularité de M. Poutine à cause d'une réforme des retraites décriée et de la crise du Covid-19. De mai 2018 à juin 2020, le taux d'approbation de sa politique mesuré par l'institut indépendant Levada est descendu de 79% à 60%.

Selon les critiques du Kremlin, le pouvoir a multiplié les ruses pour s'assurer un succès retentissant et une participation électorale forte au scrutin.

L'aspect le plus insolite aura été l'installation de lieux de vote de fortune en extérieur, dans les cours ou sur des terrains de jeux, sans grand respect du secret du vote ni surveillance adéquate des urnes.

Le but de la manoeuvre, d'après l'opposition, n'était pas de protéger l'électorat du nouveau coronavirus mais de se fabriquer un résultat sur-mesure.

L'ONG Golos, spécialisée dans l'observation des élections et honnie des autorités, a en outre dénoncé des pressions hiérarchiques sur les fonctionnaires et les salariés pour qu'ils aillent voter.

La commission électorale russe n'a constaté pour sa part "aucune infraction sérieuse" pendant le scrutin.

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Coronavirus: "La fatigue pandémique" fait craindre les autorités sanitaires

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Vaccin anti-coronavirus: le G20 promet "un accès abordable et équitable pour tous"

Des flacons avec un autocollant indiquant "COVID-19 / Vaccin contre le coronavirus / Injection uniquement" et une seringue médicale, le 31 janvier 2020. REUTERS / Dado Ruvic

En quelques jours, les annonces sur l'efficacité de projets de vaccin contre la maladie Covid-19 se sont enchaînées. Avec la vaccination à portée de main, les enjeux financiers de cette course planétaire sont énormes. L'OMS reste prudente.

Lors de leur sommet virtuel qui s'est achevé dimanche, les leaders du G20 se sont engagés à garantir "un accès abordable et équitable pour tous" aux vaccins.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà recensé 48 candidats vaccins dont 11 qui en sont au dernier stade des essais sur des dizaines de milliers de volontaires à travers le monde.

L'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech a affirmé en premier, le 9 novembre, que son vaccin est efficace à 90%. Deux jours plus tard, les Russes de l'institut Gamaleïa ont renchéri, avec 92% d'efficacité.

Puis c'est au tour d'une autre société américaine, Moderna, d'assurer que l'efficacité de son produit est de 94,5%. Deux jours après, Pfizer/BioNTech révise à la hausse les résultats de ses essais cliniques avec une efficacité annoncée a 95%.

La pandémie de Covid-19 était à l'ordre du jour du sommet virtuel du G20 ce week-end. L'Arabie Saoudite était le pays hôte. Photo prise le samedi 21 novembre 2020.
La pandémie de Covid-19 était à l'ordre du jour du sommet virtuel du G20 ce week-end. L'Arabie Saoudite était le pays hôte. Photo prise le samedi 21 novembre 2020.

L’espoir est donc permis, mais des questions restent en suspens: ces vaccins empêchent-ils carrément la transmission du coronavirus? Pendant combien de temps durera la protection qu'ils accordent? Quels sont leurs effets secondaires?

Aux États-Unis, des sénateurs se sont portés volontaires pour participer aux essais cliniques dans l'espoir de rassurer le public dont une grande partie, les "anti-vaxxers", reste méfiante à l'égard des vaccins.

C'est le cas par exemple du sénateur Rob Portman, un républicain qui représente l'État de l'Ohio. Il a participé aux essais cliniques menés par l'équipe de la multinationale Johnson & Johnson.

Un autre sénateur républicain, Steve Daines du Montana, a choisi de participer aux essais de Pfizer. "Il s'agit de restaurer l'espoir. Il s'agit de rétablir la normalité dans notre mode de vie", a-t-il confié à Fox News.

Toutefois, le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, a prévenu mercredi que les vaccins n'arriveront pas à temps pour lutter contre la deuxième vague de la pandémie, et beaucoup de pays devraient s'apprêter à " l'affronter sans vaccins".

Selon l'expert, il faudra "au moins quatre à six mois" avant qu'il y ait des niveaux suffisants de vaccination.

Les chiens renifleurs sont désormais utilisés pour identifier les personnes infectées par le coronavirus

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Le Brésil accuse la France d'entraver l'application de l'accord Mercosur-UE

Le président brésilien Jair Bolsonaro lors d'une cérémonie marquant la Journée des diplomates au palais Itamaraty à Brasilia, au Brésil, le jeudi 22 octobre 2020.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a estimé jeudi que "le grand problème" pour la mise en oeuvre de l'accord entre le Mercosur et l'Union européenne était "en France".

"La France est notre concurrent en termes de matières premières. Notre gros problème pour la progression de l'accord Mercosur-UE est justement en France. Nous faisons tout notre possible, mais la France, défendant ses intérêts, nous rend cette affaire difficile", a dit le chef de l'État lors de sa retransmission hebdomadaire en direct sur Facebook.

L'accord entre le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) et l'UE, adopté l'année dernière après 20 ans de négociations pour créer la plus grande zone de libre-échange du monde, n'a pas encore été ratifié par plusieurs pays européens, dont la France, inquiets des conséquences environnementales.

Les tensions ont augmenté depuis l'arrivée au pouvoir de M. Bolsonaro en 2019 et la multiplication des incendies et de la déforestation dans les zones protégées du Brésil, notamment en Amazonie.

Le président brésilien avait d'abord menacé cette semaine de révéler une liste de pays qui critiquent sa politique environnementale et qui toutefois achèteraient du bois récolté illégalement au Brésil.

Mais ce jeudi, il a déclaré qu'il ne viserait pas des "pays" mais des "entreprises". Il a précisé que des entreprises françaises figuraient sur la liste, sans toutefois en mentionner aucune.

Selon la presse brésilienne, cela fait référence à une opération de la la police fédérale (PF), en 2017, au cours de laquelle du bois illégalement extrait d'Amazonie a été saisi et destiné à des entreprises de plusieurs pays (notamment Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas et Royaume-Uni).

Les experts en environnement et les ONG assurent que le gouvernement Bolsonaro a affaibli les agences de contrôle environnemental et que son discours en faveur des activités extractives dans les aires protégées favorise la déforestation et les incendies de forêt.

Il y a deux semaines, le vice-président Hamilton Mourao a fait un voyage en Amazonie avec des ambassadeurs de huit pays, dont des représentants de l'Allemagne et de la France, dans le but d'améliorer l'image du gouvernement.

Liberté de la presse: tollé après des propos du ministre de l'Intérieur français

Des communiqués de presse sont présentés le 25 avril 2018 à Paris lors d'une conférence de presse de Reporters sans frontières (RSF) pour présenter son indice mondial de la liberté de la presse pour 2018.

Le ministre de l'Intérieur français Gérald Darmanin a provoqué un tollé dans la presse en estimant que les journalistes devaient prévenir les autorités avant de couvrir une manifestation, avant de rétropédaler en soulignant qu'il ne s'agissait pas d'une "obligation".

La déclaration de M. Darmanin a alimenté la tension entre l'exécutif et un collectif de plusieurs dizaines d'organisations (syndicats de journalistes, associations de défense des droits humains, sociétés et collectifs de journalistes, de réalisateurs de documentaires...) qui dénonce une proposition de loi sur la "sécurité globale", examinée depuis mardi par l'Assemblée nationale.

Cette proposition de loi limite notamment la diffusion d'images de policiers en opération, une disposition considérée par les médias et les défenseurs des droits de l'Homme comme une possible entrave au droit à l'information.

D'autant qu'elle intervient après la publication en septembre d'un nouveau "schéma national de maintien de l'ordre" (SNMO), document destiné aux gendarmes et policiers, qui rappelle que "le délit constitué par le fait de se maintenir dans un attroupement après sommation ne comporte aucune exception, y compris au profit des journalistes ou de membres d'associations". Les journalistes estiment qu'ils ne peuvent ainsi plus couvrir les fins de manifestations et les éventuelles violences qui se produisent à ce moment-là.

Dans plusieurs villes de France, des milliers de manifestants ont protesté mardi contre la nouvelle proposition de "loi liberticide" et, à Paris, une trentaine de personnes ont été interpellées, dont plusieurs journalistes qui se sont vu opposer les nouvelles règles du SNMO.

Un journaliste de la télévision publique France 3 qui filmait ces interpellations a passé 12 heures en garde à vue.

Interrogé mercredi à ce sujet, M. Darmanin a alors estimé que les journalistes "doivent se rapprocher des autorités" en amont des manifestations qu'ils veulent couvrir afin de pouvoir en "rendre compte" et "faire (leur) travail" en étant "protégés par les forces de l'ordre".

Ces déclarations ont fait bondir des journalistes, nombre d'entre eux interpellant le ministre sur Twitter pour souligner que la couverture de manifestations sur la voie publique était libre et ne pouvait être subordonnée à une "accréditation" auprès de la préfecture.

La nouvelle loi sur la sécurité globale prévoit des mesures destinées à répondre aux récriminations des syndicats policiers, qui se plaignent de menaces et agressions de plus en plus fréquentes.

La disposition la plus polémique est son article 24 qui entend pénaliser par un an de prison et 45.000 euros d'amende la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" d'un policier ou d'un gendarme en intervention lorsque celle-ci vise à porter "atteinte à son intégrité physique ou psychique".

Le Collectif StopLoiSécuritéGlobale dénonce une mesure qui s'appliquera non seulement aux médias mais à tout citoyen qui photographiera ou filmera une opération policière. Il fait aussi valoir que plusieurs cas de violences policières ont été dévoilés grâce à des captures vidéo ou photo des incidents.

Jeudi, l'entourage de M. Darmanin a fait savoir que le ministre allait proposer d'amender le texte pour garantir la liberté de la presse. Pas question pour autant de supprimer l'article polémique: "C'est tranché, il n'y a pas de suppression", a affirmé à l'AFP une source proche du dossier.

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