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Poutine et Zelenski conviennent à Paris d'un échange de prisonniers

Rencontre entre les présidents Poutine et Zelensky à l'Elysée le lundi 9 décembre 2019 à Paris, sous les auspices du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Les présidents russe et ukrainien ont convenu de procéder d’ici la fin de l’année à l’échange de l’ensemble des personnes faites prisonnières dans le cadre du conflit dans l’est de l’Ukraine, laissant de côté les questions sur le statut du Donbass, qui doit faire l’objet de nouvelles discussions.

Réunis lundi à Paris pour une réunion en “format Normandie” sur l’Ukraine, la première depuis 2016, Vladimir Poutine et Volodimir Zelenski ont pris part à neuf heures de discussions sous l’égide du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Il s’agissait de la première rencontre entre Poutine et Zelenski, ancien comédien qui a remporté cette année l’élection présidentielle ukrainienne en promettant de résoudre le conflit dans l’est du pays.

Aucune poignée de mains publique n’a été échangée entre les deux dirigeants, qui ont évité les contacts visuels.

Mais les échanges ont permis d’aboutir à des engagements spécifiques, avec un communiqué final annonçant l’échange de prisonniers et la promesse de mettre en oeuvre avant la fin de l’année le cessez-le-feu conclu dans le cadre des accords de Minsk en 2014.

Les parties prenantes au sommet ont aussi annoncé avoir convenu de travailler, lors des quatre prochains mois, à la tenue d’élections locales au Donbass - un point d’achoppement majeur jusqu’alors. Aucun détail n’a cependant été donné sur l’organisation du scrutin, et Emmanuel Macron a admis que des divergences subsistaient sur la question.

“Nous avons accompli des progrès sur le désengagement, l’échange de prisonniers, la clarification du cessez-le-feu, un agenda de confiance sur les évolutions politiques des prochains mois”, a déclaré le président français lors d’une conférence de presse commune, durant laquelle la chancelière allemande et lui étaient assis entre Poutine et Zelenski.

Emmanuel Macron a ajouté que les dirigeants avaient demandé à leur ministres de travailler durant les quatre prochains mois sur les “conditions sécuritaires et politiques” de l’organisation d’élections locales.

Quelque 13.000 personnes ont été tuées depuis le printemps 2014 dans le conflit qui oppose dans l’est de l’Ukraine les forces ukrainiennes à des combattants séparatistes pro-russes à la suite de l’annexion de la Crimée par la Russie.

PAIX INCERTAINE

Zelenski a déclaré avoir convenu avec Poutine des contours d’un accord qui permettrait la poursuite du transit du gaz naturel russe en territoire ukrainien, sans donner de précisions. Un membre de la délégation russe a indiqué que des représentants avaient reçu pour consigne d’en rédiger les détails.

Cependant aucun accord définitif n’a été conclu sur les questions politiques qui font obstacle à une résolution du conflit: le statut du Donbass et le contrôle de facto de la frontière entre cette région et la Russie.

Il a été convenu d’organiser sous quatre mois un nouveau sommet en “format Normandie”.

Conclus en 2015 pour régler le conflit, les accords de Minsk sont en grande partie restés lettre morte en dépit des efforts déployés par l’Allemagne et la France.

De nombreux Ukrainiens s’inquiètent d’un possible compromis avec la Russie, qu’ils continuent de voir comme un “agresseur”, cinq ans après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou - annexion jugée illégale par la communauté internationale.

Réunis devant le palais présidentiel à Kiev, les manifestants qui avaient exhorté Zelenski à ne pas capituler face à Poutine ont assisté sur un écran géant à la diffusion de la conférence de presse de clôture du sommet.

Zelenski a déclaré lors de la conférence de presse qu’il n’avait rien cédé à propos de la souveraineté de l’Ukraine et son intégrité territoriale. Il a ajouté que Poutine et lui-même s’étaient opposés sur plusieurs questions.

Le président russe, pour sa part, ne veut pas donner l’impression de fléchir face aux pressions externes sur la question de l’est de l’Ukraine et laisser la population russophone du Donbass à la merci du gouvernement de Kiev.

Poutine a seulement fait part d’un espoir mesuré pour les négociations de paix. “Tout cela nous donne les bases pour supposer que le processus avance dans la bonne direction”, a-t-il dit.

Avec Reuters

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UE: la Commission et le Conseil signent l'accord de Brexit avant la ratification par le Parlemen

Ursula von der Leyen et Charles Michel, respectivement présidents de la Commission et du Conseil européens ont validé l'accord de Brexit.

Les présidents de la Commission européenne et du Conseil ont signé vendredi l'accord de Brexit approuvé par le Royaume-Uni pour permettre sa ratification par le Parlement européen, a annoncé Ursula von der Leyen.

"Nous avons avec Charles Michel signé l'accord pour la sortie du Royaume-Uni, ouvrant la voie à sa ratification par le Parlement européen", a annoncé la présidente de la Commission européenne dans un message sur son compte tweeter.

Avec l'aval formel d'Ursula von der Leyen et de Charles Michel, le texte va maintenant être soumis au Parlement européen le 29 janvier pour ratification. Puis, jeudi prochain, les diplomates des États membres de l'UE approuveront par écrit l'accord, assurant ainsi le départ en bon ordre de la Grande-Bretagne le 31 janvier à minuit.

"Les choses vont inévitablement changer, mais notre amitié restera. Nous entamons un nouveau chapitre en tant que partenaires et alliés", a souligné le président du Conseil dans un tweet sur son compte officiel. Et il a ajouté, en français: "Je tiens à écrire cette nouvelle page ensemble".

Le négociateur de l'UE, le Français Michel Barnier, a assisté à cette signature organisée tôt au siège de la Commission européenne à Bruxelles car le président du Conseil européen se rend ensuite à Tirana.

L'accord doit être envoyé à Londres pour être paraphé par le Premier ministre Boris Johnson.

Elizabeth II a donné jeudi son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d'un mariage tumultueux avec l'Union européenne. Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement britannique.

Le Parlement européen sera la dernière instance à se prononcer. Les élus membres de la commission des Affaires constitutionnelles ont recommandé jeudi soir à une très large majorité de 23 voix contre 3 de l'approuver lors du vote en plénière le 29 janvier.

Le travailliste britanniques Richard Corbett, un des trois élus européens ayant voté contre la recommandation en faveur du vote de l'accord par le Parlement européen, a dénoncé un "Brexit qui n'est plus depuis longtemps la volonté du peuple britannique". Il a assuré qu'il voterait à nouveau contre lors du vote le 29 janvier.

Le départ officiel s'accompagne d'une période de transition jusqu'à la fin de l'année 2020. Le Royaume-Uni continuera d'appliquer les règles de l'UE durant cette période, sans toutefois prendre part aux décisions communautaires.

Il s'agit de permettre une sortie en douceur. Ce laps de temps doit aussi permettre aux deux parties de négocier leur future relation, en particulier un accord de commerce. Mais il est jugé particulièrement court pour une telle négociation.

La reine promulgue le Brexit à huit jours du grand départ

Elizabeth 2

Le divorce sera bientôt consommé: la reine Elizabeth II a promulgué jeudi l'accord de Brexit, une des dernières étapes avant que le Royaume-Uni ne largue définitivement les amarres fin janvier, après plus de trois ans de déchirements.

A huit jours du grand saut, Elizabeth II a donné son consentement royal au texte réglant les modalités de la rupture après 47 ans d'un mariage tumultueux avec l'Union européenne, a annoncé sur Twitter le ministre du Brexit, Steve Barclay.

Le texte avait été adopté définitivement mercredi soir par le Parlement.

"Parfois, nous avions l'impression que nous ne franchirions jamais la ligne d'arrivée du Brexit, mais nous l'avons fait", avait réagi, à la suite de ce vote, Boris Johnson dans un communiqué. "Nous pouvons maintenant oublier les rancœurs et les divisions de ces trois dernières années et nous concentrer sur la mise en œuvre d'un avenir radieux et palpitant".

Mais le sujet continue de nourrir les passions. Aussitôt l'annonce de la promulgation, le chef du groupe des indépendantistes écossais du SNP, Ian Blackford, a dénoncé une "crise constitutionnelle", car le parlement écossais n'a pas approuvé l'accord de Brexit. Lors du référendum de 2016, 62% des Ecossais avaient voté en faveur du maintien dans l'UE.

Pour la députée des Verts, Caroline Lucas, c'est un "moment d'énorme regret": Avec cette promulgation, "nous rejetons le droit de travailler, étudier, vivre et aimer dans 27 pays".

Le traité de retrait doit encore être ratifié par le Parlement européen, le 29 janvier, pour que le Royaume-Uni puisse devenir le premier pays membre à quitter l'UE, le 31 janvier à 23H00 (heure de Londres et GMT), et tourner la page de trois ans d'atermoiements et de débats acrimonieux.

Le bouillonnant Boris Johnson a réussi là où la précédente locataire de Downing Street, Theresa May, s'est cassé les dents. La promulgation du texte, qui traduit dans la loi britannique l'accord de divorce de 535 pages conclu en octobre, marque une grande victoire pour le dirigeant conservateur, arrivé au pouvoir en juillet 2019 en se posant en sauveur du Brexit.

- Négociations complexes -

Depuis le référendum de juin 2016, remporté à 52% par le "Leave", le Parlement dépourvu de majorité nette était déchiré sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE, plongeant le pays dans le chaos politique et entraînant trois reports du Brexit.

L'écrasante victoire des conservateurs aux élections législatives du mois dernier a changé la donne.

L'accord de Brexit règle les modalités du divorce en garantissant notamment les droits des citoyens et en résolvant le casse-tête de la frontière irlandaise.

Surtout, il vise à garantir une rupture en douceur en prévoyant une période de transition courant jusqu'à la fin 2020, durant laquelle le Royaume-Uni et l'UE négocieront leur relation future, notamment en matière commerciale.

Mais si le Royaume-Uni s'apprête à entamer un nouveau chapitre de son Histoire, il devra encore affronter des défis de taille, surtout les négociations qui s'annoncent d'ores et déjà complexes avec l'UE, son principal partenaire commercial.

Londres souhaite aboutir en un temps record, avant la fin de l'année, et exclut toute prolongation de la période transitoire, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes sans prendre part aux décisions. Le calendrier est jugé très serré à Bruxelles.

"Nous abordons la prochaine étape de ce processus dans un esprit amical et nous ne voyons pas pourquoi nous ne pourrions pas obtenir un accord global avec l'UE qui marche pour les deux camps d'ici à la fin 2020", a déclaré jeudi le porte-parole du Premier ministre.

Dans le même temps, Londres compte bien négocier ses propres traités de libre-échange avec des pays tiers et fait particulièrement les yeux doux aux Etats-Unis, lesquels espèrent en conclure un "cette année", a dit jeudi à Davos le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

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