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Pour Washington, Ortega est "responsable" de la violence au Nicaragua


Un manifestant portant un masque du président du Nicaragua, Daniel Ortega, participe à une marche de soutien à l'église catholique de León, au Nicaragua, le 28 juillet 2018. REUTERS / Oswaldo Rivas

Les Etats-Unis ont désigné lundi le président du Nicaragua Daniel Ortega et sa femme Rosario Murillo, qui occupe les fonctions de vice-présidente, "responsables" des violences dans ce pays d'Amérique centrale.

"Les Etats-Unis condamnent avec force les violences en cours au Nicaragua et les abus des droits de l'Homme commis par le régime Ortega" en réponse aux protestations politiques, a indiqué, par communiqué, la Maison Blanche.

En réponse, dans des entretiens aux chaînes Euronews et CNN en espagnol, Daniel Ortega a accusé Washington de financer les manifestations de l'opposition et a admis que son gouvernement était derrière les paramilitaires. Tout en dévoilant un nouveau bilan officiel des morts, il a aussi entrouvert la porte à une médiation de l'ONU et à un référendum sur des élections anticipées.

L'ancien guérillero a notamment dit faire face à "un ennemi puissant" que "sont les Etats-Unis", qui, affirme-t-il, ont alloué des fonds à l'opposition.

Cet argent "est dévié pour déstabiliser le pays et encourager les actions armées, ce sont des bandes qui commettent des crimes", a assuré sur Euronews le dirigeant de 72 ans, sans pour autant présenter des preuves.

Les manifestations contre le président Daniel Ortega qui déchirent le Nicaragua depuis trois mois ont déjà fait plus de 300 morts et 2.000 blessés, selon plusieurs organisations des droits de l'Homme.

Un chiffre contesté par le président de gauche qui accuse les ONG d'être "politisées" et dévoile un nouveau bilan officiel de "195 décès à cause de ces affrontements".

- "Policiers volontaires" -

"Ces chiffres (des ONG) n'ont pas été affinés, n'ont pas été vérifiés. Ce sont des plaintes qu'ils reçoivent et additionnent, additionnent et additionnent", a déclaré M. Ortega sur CNN en espagnol.

"Le président Ortega et la vice-présidente Murillo sont, en définitive, responsables des milices pro-gouvernement qui ont brutalisé leur propre peuple", a asséné de son côté la Maison Blanche.

Sur ce point, contrairement à ce qu'il avait affirmé précédemment, Daniel Ortega a admis que son gouvernement contrôlait les paramilitaires accusés par les ONG et l'opposition d'exercer des violences contre les manifestants.

"Ce sont des policiers volontaires", a déclaré le président de gauche.

Il y a quelques jours sur Fox News, il avait pourtant déclaré que les paramilitaires étaient "organisés par la droite" putschiste.

Concernant une éventuelle reprise des négociations, Daniel Ortega s'est dit disposé à ouvrir le dialogue à d'autres acteurs "qui puissent renforcer le travail qu'a déjà réalisé l'église" et a dit avoir pris contact avec "le secrétaire général des Nations unies".

Enfin, il a entrouvert la porte à un référendum sur un scrutin anticipé.

"On pourrait demander aux gens, bien sûr. Si ils disent +oui+, on convoque des élections anticipées. Et si les gens disent +non+, ils vont dire qu'on a fraudé. Pourquoi ? Parce que les réformes qui sont nécessaires, les mécanismes, tout le travail qu'il faut faire pour renforcer le système électoral demande aussi des moyens" financiers, a déclaré M. Ortega.

Washington a déjà imposé des sanctions financières ainsi que des restrictions de visas contre plusieurs hauts responsables nicaraguayens.

"Les Etats-Unis soutiennent le peuple du Nicaragua, y compris les membres du parti sandiniste qui appellent à des réformes démocratiques et à la fin de la violence".

Avec AFP

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