Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Amnesty accuse Shell et ENI d'imprudence au Nigeria

Des hommes marchent dans une nappe de pétrole près de la ville de Bodo dans la région riche en pétrole du Delta du Niger au Nigeria, le 10 juin 2010.

Amnesty International presse le Nigeria d'ouvrir une enquête sur 89 déversements d'hydrocarbures qui ont eu lieu dans la région pétrolière du Delta (sud-est), "l'un des endroits les plus pollués de la planète", accusant Shell et ENI d'avoir dissimulé les causes de pollution.

Dans un rapport publié vendredi, l'ONG internationale de surveillance des droits de l'Homme affirme qu'il existe de "bonnes raisons de douter" des arguments avancés par les deux multinationales pour justifier les causes de ces marées noires.

Amnesty assure que dans le cas de 89 fuites (46 sur des pipelines opérés par la filiale de Shell (Shell Petroleum Development Company of Nigeria) et 43 sur ceux de Nigerian Agip Oil Company, la branche locale de l'Italien ENI), la pollution pourrait davantage être dues à la mauvaise maintenance des infrastructures et à la corrosion des oléoducs, qu'à des actes de vandalisme.

>> Lire aussi : Le procès pour corruption au Nigeria contre Eni et Shell renvoyé au 14 mai

Encouragées à opérer dans une plus grande transparence, les deux compagnies publient le décompte des déversements accidentels d'hydrocarbures dans des rapports annuels.

Shell, opérateur historique du Nigeria, a enregistré 1.010 fuites sur ses infrastructures, soit une perte de 110.535 barils ou 17,5 millions de litres de brut de janvier 2011 à décembre 2017.

ENI, de son côté, a recensé 820 fuites, soit l'équivalent de 26,286 barils et 4,1 millions de litres de brut depuis 2014, date de ses premières publications.

"Shell et ENI affirment faire tout leur possible pour prévenir les déversements d'hydrocarbures, mais les recherches (...) laissent à penser qu'il en est autrement", explique Mark Dummett, chercheur pour Amnesty International.

Elles "ignorent souvent les signalements de fuites pendant de longs mois", poursuit-il, atterré par "l'imprudence" des compagnies responsables du drame écologique dans "l'une des régions les plus polluées au monde".

Les sociétés pétrolières accusent des "personnes-tiers" d'être responsables de sabotage des infrastructures: les groupes armés qui opèrent dans la région et les communautés qui percent les oléoducs pour monter des raffineries illégales dans les criques et revendre le pétrole au marché noir.

- Eviter d'indemniser -

"Cette affirmation est contestée par les habitants du Delta qui risquent de ne pas être indemnisés si les entreprises attribuent les fuites à des tiers", note le rapport.

L'ONG accuse les multinationales de ne pas faire la vérité sur les fuites pour éviter de payer des dommages et intérêts aux communautés locales.

Après des années de bataille juridique, Shell a accepté de verser 55 millions de Livres (62 millions d'Euros) à 15.500 personnes affectées par la pollution de l'eau dans la région de l'Ogoniland (Etat de Rivers) en janvier 2015.

Les compagnies pétrolières qui opèrent au sein du premier producteur de brut en Afrique ont l'obligation de faire une étude préliminaire dans les 24 heures suivant une fuite, et de nettoyer les dommages causées par le brut pour éviter de lourdes contaminations sur l'environnement, dans l'eau et les terres.

Mais selon les données récoltées par Amnesty, Shell n'a répondu dans les 24 heures que dans 26% des cas (ENI pour 76%).

Réagissant au rapport d'Amnesty, Shell a rejeté ces accusations, assurant qu'elles étaient "fausses et ne prennent pas en compte l'environnement complexe dans lequel la société opère".

De son côté, ENI assure répondre aux fuites de manière rapide, ou, dans le cas échéant, n'avoir pas reçu de renseignements fiables.

Dans une lettre adressée à l'ONG, la compagnie italienne note que les fuites ont diminué de moitié l'année dernière par rapport aux chiffres de 2014.

Avec AFP

See all News Updates of the Day

Les intempéries les plus meurtrières en Afrique australe depuis 20 ans

Zimbabwe Cyclone

L'Afrique australe a plusieurs fois été meurtrie par des tempêtes et inondations, comme lors du cyclone Idai qui vient de dévaster le Mozambique et le Zimbabwe. Rappel des intempéries les plus meurtrières des vingt dernières années :

- La plus meurtrière au Mozambique en 2000 -

En février et mars 2000, des inondations sans précédent depuis un demi-siècle au Mozambique font quelque 800 morts, au moins 50.000 sans-abri et affectent environ deux millions de personnes sur une population de 17 millions.

Les provinces les plus touchées sont Maputo, Gaza et Inhambane (sud). Cette catastrophe, à laquelle s'ajoutent les effets du passage du cyclone Eline, porte un coup sévère à l'économie du pays. Eline tue également 130 personnes à Madagascar.

En janvier et février 2013, de nouvelles inondations dans la province de Gaza font plus d'une centaine de morts et environ 250.000 sinistrés, emportant routes, hôpitaux et maisons.

En janvier 2015, le Mozambique connaît une autre catastrophe majeure: après de fortes précipitations, le fleuve Licungo, qui sépare le pays en deux, monte subitement de 12 mètres, dévastant la province de Zambézie (centre), plongeant la moitié nord du pays dans le noir et coupant l'axe autoroutier Nord-Sud, ce qui complique l'acheminement de l'aide humanitaire. Ces inondations font près de 160 morts (hors cas de choléra) et 177.000 sinistrés. Au Malawi voisin, des crues tuent 176 personnes.

- 2004 : Madagascar -

En mars 2004 à Madagascar, le cyclone Gafilo dévaste le nord et l'ouest faisant au moins 241 morts, ainsi que plus de 300.000 sans-abri.

L'île est fréquemment frappée par de nombreux cyclones et tempêtes tropicales, comme Géralda en février 1994 (au moins 200 morts, 500.000 sinistrés) et Gretelle en janvier 1997 (152 morts, 60.000 sans-abri).

- 2016-2017 : Zimbabwe -

Entre décembre 2016 et février 2017, le Zimbabwe, déjà touché par la sécheresse, subit des inondations qui font au moins 246 morts. Plus de 2.000 personnes sont déplacées.

S'ensuit une recrudescence du paludisme, qui provoque 150 morts en deux mois.

Les intempéries les plus meurtrières des dernières décennies sur l'ensemble du continent africain ont frappé entre octobre 1997 et janvier 1998 une vaste zone englobant la Somalie, l'Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda. De gigantesques inondations, suite à des pluies torrentielles causées par El Niño, une anomalie océanique et atmosphérique qui s'empare du Pacifique tropical, qui perturbe tous les trois à sept ans températures, courants et précipitations, avaient alors affecté ces cinq pays pendant trois mois, faisant plus de 6.000 morts.

Un ex-enfant soldat ouvre une école de boxe

Un ex-enfant soldat ouvre une école de boxe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:10 0:00

L’art du Cap attire les collectionneurs

L’art du Cap attire les collectionneurs
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:38 0:00

Les femmes disent non au harcèlement sexuel

Les femmes disent non au harcèlement sexuel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:08 0:00

Deuil national au Mozambique

Deuil national au Mozambique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:33 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG