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Le rap d'Eminem cible l'Amérique de Trump

Eminem donne un concert au BET Awards, le 27 juin 2010 à Los Angeles

Autrefois controversé pour ses propos misogynes et homophobes, Eminem revient avec un neuvième album où il s'érige en conscience morale dans l'Amérique de Trump qu'il abhorre.

Dans "Revival", son premier album studio en 4 ans, le chanteur qui a vendu le plus de disques de l'histoire du rap, s'entoure d'une brochette de stars de la pop (Beyoncé, Alicia Keys, Ed Sheeran et Pink).

Agé de 45 ans, celui qui se surnommait "Slim Shady" dévoile une nouvelle facette, celle d'un chanteur engagé politiquement et alarmé par le sort de son pays, un an après l'élection de Donald Trump qu'il n'hésite pas à comparer à Hitler.

"Il essaie de nous diviser", scande le rappeur, représentant d'une classe défavorisée qui a massivement voté pour Trump, promettant qu'à la fin, "il va réussir à nous unir".

Dans "Framed", c'est à la fille et conseillère du président qu'Eminem s'en prend, au risque de créer la polémique: connu pour ses paroles violentes à l'encontre de la gente féminine, il imagine Ivanka Trump retrouvée morte dans le coffre de sa voiture.

Longtemps très discret sur la politique, le rappeur est sorti de son silence à l'automne dans une long rap nerveux où, capuche sur la tête, il accusait Donald Trump de racisme et d'incompétence. Visiblement remonté, il a ensuite demandé à ses fans de choisir entre lui et le 45e président des Etats-Unis.

>> Lire aussi: Eminem attaque Trump dans un long rap enragé

Connu pour son style acerbe et brut, il déroute avec un premier titre "Walk on water", une ballade rythmée dans sa quasi-intégralité par les notes d'un piano et bercée par la voix suave de Beyoncé.

"Est-ce que ça va juste être un nouveau faux pas/Qui viendra ternir le peu d'héritage, d'amour ou de respect que j'ai pu amasser", se demande Eminem dans la chanson, analysant son parcours et tentant de décrypter sa personnalité.

'Embarrassant d'être blanc'

A la fin du morceau, il revient au rap plus cadencé qu'on lui connaît et évoque sur un ton sarcastique le titre "Stan", son plus grand tube sorti au début des années 2000.

Entre flow nerveux et beats, Eminem arpente des territoires plus connus sur les autres titres de l'album - 19 au total - comme "Believe" et "Chloraseptic", où il fait appel au rappeur Phresher de la scène new-yorkaise.

Il sample deux classiques rock: "I Love Rock'n Roll" de Joan Jett and the Blackhearts (sur "Remind me") et "Zombie" des Cranberries (sur "In your head").

Sur "Untouchable", il reprend les slogans du mouvement Black Lives Matter, qui dénonce les violences policières contre les Noirs aux Etats-Unis.

"Je reconnais que ce fut parfois embarrassant d'être blanc", rappe-t-il en apportant son soutien au joueur de football américain Colin Kaepernick.

Le quaterback a lancé en 2016 un boycott de l'hymne national en mettant un genou à terre pour dénoncer les injustices raciales.

Enfin, Marshall Mathers, son vrai nom, revient sur sa vie privée mouvementée dans "Bad husband", où il présente ses excuses à son amour de jeunesse, Kim, qu'il a épousée à deux reprises et dont il a divorcé autant de fois.

Leur fille Hailie, bientôt 22 ans, a servi d'inspiration pour un des titres les plus forts de l'album, "Castle", où il reprend des lettres qu'il lui a adressées.

Conscient d'avoir souvent déballé son linge sale en public, le rappeur promet qu'il en a "fini à 100%" avec l'étalage de sa vie privée. Dont acte.

Avec AFP

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Joe Biden, désormais dans la course à la présidence des Etats-Unis

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Le chef du Pentagone disculpé de toute faute dans ses liens avec Boeing

Le ministre de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, au centre, accompagné du Chef d'état- major, le général Joseph Dunford, à gauche, et du secrétaire en charg de l'armée de l'Air (Air Force), Heather Wilson, devant le Comité des services armés du Sénat.

Le ministre américain de la Défense par intérim Patrick Shanahan a été disculpé jeudi de toute violation des règles d'éthiques du Pentagone à l'issue d'une enquête interne sur ses liens avec son ancien employeur Boeing, chez qui il a passé 30 ans.

M. Shanahan "a pleinement respecté ses engagements et ses obligations éthiques en ce qui concerne Boeing et ses concurrents", a indiqué dans un communiqué l'Inspecteur général du ministère de la Défense, un organisme indépendant chargé des enquêtes internes sur cette administration tentaculaire.

Cette annonce ouvre la voie à une éventuelle nomination par le président Donald Trump de M. Shanahan au poste de ministre de la Défense, qui devra être confirmée par le Sénat.

Dans une plainte déposée en mars, l'organisation Citoyens pour la responsabilité et l'éthique à Washington (CREW) avait demandé à l'Inspecteur général d'ouvrir une enquête à la suite d'informations rapportées par le site d'informations Politico sur des propos que M. Shanahan aurait tenus en privé en faveur de Boeing et au détriment de son concurrent Lockheed Martin.

"Par sa conduite et ses commentaires, le ministre par intérim pourrait avoir violé les règles d'éthique du Pentagone", indiquait le groupe.

A son arrivée en juin 2017 en tant que numéro deux du ministre de la Défense Jim Mattis, M. Shanahan avait signé un accord avec le Pentagone par lequel il s'engageait à ne participer à aucune discussion concernant Boeing.

Outre M. Shanahan lui-même, l'inspecteur général a précisé avoir entendu 33 témoins, consulté 5.600 pages de documents publics et 1.700 pages de documents classés secret-défense.

"Nous n'avons confirmé aucune des allégations", précise le rapport. "Nous avons déterminé que M. Shanahan n'a pas fait les commentaires qui lui étaient attribués, n'a pas fait la promotion de Boeing, et n'a pas dénigré ses concurrents".

"Le bureau de l'inspecteur général a pris ces accusations au sérieux", a souligné l'inspecteur général Glenn Fine. "Les témoignages démontrent que M. Shanahan a pleinement respecté ses obligations et ses engagements éthiques à l'égard de Boeing et ses concurrents."

M. Shanahan a été propulsé à la tête du Pentagone lorsque M. Mattis a démissionné avec fracas en décembre pour protester contre le retrait de Syrie décidé unilatéralement par le président Donald Trump.

M. Trump n'a toujours pas nommé de candidat pour succéder à Jim Mattis.

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