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RDC

Plus de 600 décès d'Ebola et près de 1.000 cas

Dans un centre de traitement Ebola à Beni en RDC, le 14 octobre 2018. (VOA/Charly Kasereka)

L'épidémie de fièvre à virus Ebola qui sévit dans l'Est de la République démocratique du Congo a tué plus de 600 personnes depuis qu'elle a été déclarée le 1er août, a indiqué lundi le ministère congolais de la Santé.

"Depuis le début de l'épidémie, le cumul des cas est de 960, dont 895 confirmés et 65 probables. Au total, il y a eu 603 décès (538 confirmés et 65 probables) et 314 personnes guéries", détaille le ministère dans son bulletin quotidien.

Dimanche, cinq nouveaux décès de cas confirmés ont été enregistrés, et neuf nouveaux cas ont été confirmés, précise-t-il.

Le ministère fait état de "172 cas suspects en cours d'investigation".

"Depuis le 8 août 2018, 89.173 personnes ont été vaccinées", insiste le ministère de la Santé, qui estime que cette campagne de vaccination a sauvé des milliers de vie.

"Le seul vaccin à être utilisé dans cette épidémie est le vaccin rVSV-ZEBOV, fabriqué par le groupe pharmaceutique Merck", précise le ministère congolais de la Santé.

L'épicentre de l'épidémie dans la province du Nord-Kivu se trouve depuis plusieurs semaines à Butembo et à Katwa.

De retour d'une visite sur place, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé jeudi qu'il faudrait encore six mois pour en "finir" avec l'épidémie d'Ebola, mais a mis en garde contre une aggravation de l'insécurité.

Début mars, l'ONG Médecins Sans Frontières a suspendu ses activités de lutte contre Ebola à Katwa et à Butembo, à la suite d'attaques contre deux centres de traitement.

Précision sur les décomptes: les cas probables concernent "tous les décès pour lesquels il n'a pas été possible d'obtenir des échantillons biologiques pour confirmation au laboratoire mais où les investigations ont révélé un lien épidémiologique avec un cas confirmé ou probable", indique le ministère.

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Le HCR préocupé par l'urgence de la situation

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Deux élus congolais condamnés à 20 et 10 ans de prison pour meurtres

Un combattant de la Force de résistance patriotique pour la milice d'Ituri (FRPI), le 28 juillet 2006, près de Tchei, dans le sud de l'Ituri.

Un député provincial et un député national ont été condamnés à respectivement 20 et 10 ans de prison dans deux affaires de meurtres cette semaine dans l'est de la République démocratique du Congo, par ailleurs toujours victime de la violence des groupes armés.

Le député provincial de l'Ituri, Didier Boyoko, a été condamné le 16 juillet à 20 ans de prison par un tribunal militaire à Bunia, ont rapporté les médias congolais. Il était poursuivi avec 13 complices pour le meurtre de deux personnes dont un ressortissant chinois.

Le député provincial "figurait parmi les 14 personnes - dont des militaires - poursuivies dans l'attaque contre un convoi d'exploitants d'or chinois, le 17 juin", a rapporté la radio Top Congo.

Son procès avait commencé en public, en plein air, en plein centre de Bunia le 19 juin, avait rapporté l'AFP.

De son côté, le député national Luc Mulimbalimba a été condamné le 18 juillet à dix ans de prison pour le meurtre d'un civil mi-juin par la Haute cour militaire à Bukavu, a rapporté un correspondant de l'AFP présent à l'audience.

L'auteur matériel du crime, un militaire commis à sa garde, a été condamné à perpétuité.

L'impunité des élus et des élites a souvent été dénoncée dans l'est de la République démocratique du Congo, où des dizaines de groupes armés perturbent la vie des civils.

Près de Beni dans la province du Nord-Kivu, trois civils ont été tués jeudi alors qu'ils travaillaient aux champs, ont rapporté vendredi plusieurs sources.

"Ces trois personnes tuées à la machette allaient chercher à manger pour leur famille", a indiqué l'administrateur de territoire de Beni (responsable local), Donat kibwana, à un correspondant de l'AFP.

Les autorités attribuent comme d'habitude ces trois meurtres aux miliciens des Forces démocratiques alliées (ADF).

Historiquement des rebelles musulmans ougandais, les ADF sont les responsables présumés du massacre de centaines de civils dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Poursuites demandées en Ituri contre les manifestants qui ont exhibé la tête d'une femme décapitée

Areti, 37 ans, du village de Joo (Mahagoi) dans la province de l'Ituri en RDC, s’est réfugiée, avec sa famille, en Ouganda, 12 avril 2018. (Twitter/MSF).

Des poursuites ont été demandées vendredi contre les manifestants qui ont exhibé la tête d'une jeune femme décapitée pour protester contre les tueries de civils en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo.

La police a dénoncé "la jeunesse iturienne (...) qui se permet de se promener avec les parties d'un cadavre humain", ainsi que les internautes qui publient "les images de cadavres humains sur les réseaux sociaux".

Ces jeunes ont manifesté mercredi après la découverte des corps de cinq civils près de Bunia, le chef-lieu provincial. Trois nouveaux corps ont été retrouvés jeudi.

Ils ont été dispersés par la police, qui a parlé de cinq personnes interpellées.

La photo du manifestant avec la tête d'une victime à la main a été relayée par plusieurs compte congolais sur Twitter.

"Jean Bamanisa (le gouverneur de l'Ituri, NDLR) a raison : ceux qui ont paradé avec la tête décapitée d'une victime des tueries qui se poursuivent en Ituri doivent être poursuivis. C'est contraire à la dignité humaine et c'est aussi terrifiant que le crime lui-même", selon le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). "En même temps, il faut arrêter ces massacres", ajoute Lucha sur Twitter.

Des dizaines de civils ont été massacrés en Ituri depuis le 10 juin et des dizaines de milliers ont pris la fuite.

Début juillet en Ituri, le président Félix Tshisekedi a annoncé que des opérations militaires d'"envergure" avaient pu "amoindrir" les miliciens locaux accusés d'être à l'origine des massacres.

L'armée a affirmé avoir tué 19 miliciens entre mercredi et vendredi dans leur fief de la forêt de Wago. Quatre militaires sont morts pendant les combats, selon l'armée.

Ces tueries ravivent les douloureux souvenirs du conflit entre deux communautés de l'Ituri, les Lendu et les Hema, qui avait fait des dizaines de milliers de morts entre 1999 et 2003.

Les autorités et les deux communautés évitent de parler d'une reprise du conflit, s'interrogeant sur une "main noire" derrière les tueries dans cette province frontalière de l'Ouganda riche en or et pétrole.

Les Hema s'estiment les principales victimes des tueries avec une autre communauté, les Alur, qui étaient visés, d'après des témoins, par ces derniers massacres avec décapitation.

Violences dans un parc naturel en RDC : un Pygmée tué, 13 rangers blessés

Un jeune gorille de Grauer est aperçu dans le parc national de Kahuzi-Biega, dans le Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 5 novembre 2012.

Un Pygmée a été tué et treize rangers ont été blessés, dont trois grièvement, dans de nouvelles violences autour du parc naturel de Kahuzi Biega, repaire d'une espèce rare de gorilles dans l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi auprès de sources du parc.

"Une patrouille d'éco-gardes qui pourchassait deux braconniers est tombée mercredi dans une embuscade tendue par des Pygmées armés de machettes et de flèches", a déclaré à l'AFP Hubert Mulongoy, chargé de la communication du parc de Kahuzi-Biega, gros atout touristique du Sud-Kivu.

"Dans ces accrochages, nous avons enregistré treize blessés parmi les gardes du parc, dont trois grièvement, qui sont dans un état critique. Leur avenir est incertain", a-t-il ajouté. "Parmi les blessés graves, figure un dont les doigts ont été coupés à la machette".

"Le nommé lwaboshi Simba a reçu une balle dans ces accrochages et est mort sur le champ", a pour sa part déclaré à l'AFP Ntavuna Cizungu, représentant de la communauté pygmée riveraine du parc Kahuzi-Biega. Un autre pygmée a été blessé, ajoute-t-il.

"Nous enregistrons depuis quelques jours un regain de tension entre les peuples autochtones (Pygmées) et le parc de Kahuzi Biega", selon ce porte-parole du parc.

La direction du parc avait dénoncé la mort d'un éco-garde nommé Espoir fin avril dans de précédents accrochages, contestant la mort d'un pygmée alors.

Les communautés pygmées contestent leur mise à l'écart du parc de Kahuzi Biega.

La direction du parc les accuse d'être revenus illégalement dans les limites du parc il y a près d'un an, entre août et octobre 2018.

Les Pygmées se livrent depuis à des actes de "déforestation", avait expliqué en juin à deux journalistes dont un de l'AFP le directeur du parc, Dedieu Byaombe Balongelwa.

Certains Pygmées sont eux-mêmes des éco-gardes, avait constaté l'AFP à cette époque.

L'unité des "rangers" concernée par cette attaque est composée d'anciens militaires et policiers, membre d'une Unité de protection des parcs nationaux (PPN) créé par l'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), selon une source de cette structure de l'État congolais.

Le parc Kahuzi-Biega abrite 13 familles de gorilles suivies par le parc dont celle de "Bonne année", un mâle que les visiteurs peuvent croiser à quelques kilomètres de l'entrée.

Ces gorilles appartiennent à une sous-espèce appelée les gorilles de plaines orientales (Gorilla beringei graueri), connue également sous le nom gorille de Grauer, indique le site internet du parc.

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