Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Droits humains

Plainte à l'ONU de militants sahraouis contre le Maroc pour "détention arbitraire"

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis.

Dix-huit indépendantistes sahraouis, incarcérés au Maroc pour l'assassinat de membres des forces de l'ordre en 2010 dans l'affaire dite de Gdeim Izik, ont déposé une plainte contre le royaume auprès de l'ONU pour "détention arbitraire", a indiqué vendredi un groupe de soutien.

Cette affaire tient son nom du camp où avaient été tués en novembre 2010 onze policiers et gendarmes marocains près de Laâyoune, la capitale du Sahara occidental administré par Rabat depuis la fin de la colonisation espagnole.

"Les prisonniers de Gdeim Izik déposent une plainte contre le Maroc auprès du Groupe de travail sur la détention arbitraire des Nations unies alléguant des actes de torture et de répression politique", précise un communiqué du groupe de soutien de Genève pour la protection et la promotion des droits humains au Sahara occidental.

Le groupe ajoute que "les Sahraouis qui militent en faveur de l'autodétermination sont soumis à des pratiques discriminatoires et ont été condamnés à de longues peines d'emprisonnement sur la base d'aveux entachés de torture".

Ces activistes indépendantistes font partie d'un groupe de 23 Sahraouis condamnés à des peines allant de deux ans de prison à la perpétuité dans le cadre de l'affaire de Gdeim Izik.

Début juin, quatre plaintes ont été déposées contre le Maroc devant le Comité des Nations unies contre la torture, concernant quatre activistes sahraouis, dont trois condamnés dans l'affaire de Gdeim Izik "gravement torturés", avaient annoncé des ONG.

La coordination des familles des victimes du camp de Gdeim Izik a, elle, dénoncé dans un communiqué "une dangereuse tentative de galvauder les faits, transformant les criminels en victimes".

Le conflit du Sahara occidental -vaste territoire désertique riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses- oppose depuis des décennies le Maroc aux indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie.

Tandis que Rabat prône un statut d'autonomie sous souveraineté marocaine, le Polisario réclame un référendum d'autodétermination, prévu par l'ONU lors de la signature en 1991 d'un cessez-le-feu, mais qui ne s'est jamais concrétisé.

Toutes les actualités

Des activistes s'insurgent contre le traitement des prisonniers au Nord-Kivu

PHOTO D'ILLUSTRATION - En raison de la situation alimentaire, les prisonniers sont frappés par la malnutrition.

Les prisonniers qui croupissent dans les prisons de Beni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, vivent dans des conditions exécrables. Beaucoup d'entre eux tombent malades.

Selon le rapport de plusieurs organisations de défense des droits humains, les prisons de la République démocratique du Congo sont hors normes. Elles sont considérées comme des lieux de misère en raison des conditions inhumaines dans lesquelles vit la population carcérale.

Les prisons de Beni et de Butembo, dans la province du Nord-Kivu, sont plus que surpeuplées. La prison de Beni, construite pour une capacité de 150 personnes, accueille maintenant plus de 800 détenus. Son directeur, Tsongo Makelele, déplore que le centre de détention n'a pas assez de nourriture.

"Je peux confirmer qu'il y a un réel manque de nourriture et s'il n'y a pas de soutien des différentes autorités et organisations humanitaires, nous verrons le pire", avertit-il.

Frappés par la malnutrition, beaucoup de détenus sont malades.

À Butembo, la situation est pire: la diarrhée est devenue une malaiie presque chronique pour les prisonniers.

"Nous sommes conscients de ce problème de prise en charge des détenus. Une mauvaise alimentation crée une malnutrition aiguë chez les détenus. Le mois dernier, nous avons enregistré des cas de diarrhée et trois personnes sont décédées des suites de cette maladie", avoue Aubin Luhavo, un des responsables de la prison de la ville.

Angelus Kavuthirwaki, membre d'une organisation de défense des droits de l'homme, s'insurge contre la léthargie des autorités en matière d'alimentation et de soins médicaux pour les détenus.

"La situation de nos prisons en termes de nourriture est toujours morose, donc depuis quelque temps, c'est le CICR qui intervient et parfois le gouvernement provincial. Mais la nourriture qui est donnée aux pensionnaires est insignifiante", révèle-t-il.

Dénonçant ces conditions inhumaines dans lesquelles se trouvent les prisonniers dans l'est du pays, cet activiste demande aux autorités congolaises de respecter les vies humaines en offrant aux prisonniers de meilleures conditions.

"L'État a l'obligation de les aider. Dans les conditions dans lesquelles ils sont, ils n'ont pas la possibilité d'acheter de la nourriture, l'État doit faire preuve de responsabilité", lance-t-il.

En plus des conditions difficiles, les prisonniers sont susceptibles d'être attaqués par les groupes rebelles de la région. Le cas le plus récent a été l'attaque de la prison de Butembo par des hommes lourdement armés identifiés, selon l'armée, comme des rebelles Mai-Mai. Deux policiers ont été tués et près de 800 prisonniers ont pris le large.

Nouvelle vague de violences xénophobes en Afrique du Sud

Nouvelle vague de violences xénophobes en Afrique du Sud
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:29 0:00

L'ONU veut enquêter sur la discrimination raciale aux États-Unis

L'ONU veut enquêter sur la discrimination raciale aux États-Unis
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:22 0:00

Dans les prisons du Nord-Kivu, des conditions de vie exécrables

Dans les prisons du Nord-Kivu, des conditions de vie exécrables
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:43 0:00

Human Rights Watch accuse l'armée de "meurtres" au Cameroun anglophone

Une partie de la population anglophone du Cameroun s'estime ostracisée par les francophones, le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016.

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi l'armée camerounaise de "meurtres" et "détentions arbitraires" dans une région anglophone où un conflit meurtrier oppose depuis cinq ans des groupes armés séparatistes aux forces de l'ordre.

"Des soldats camerounais ont sommairement tué au moins dix personnes et commis plusieurs autres abus entre le 24 avril et le 12 juin lors d'opérations anti-insurrectionnelles dans la région du Nord-Ouest du Cameroun", a noté l'ONG dans un rapport, affirmant que des membres des forces de l'ordre ont "détruit et pillé des centres de santé, détenu arbitrairement au moins 26 personnes et en auraient fait disparaître de force quelque 17 autres".

Crise anglophone: Macron prône la "régionalisation" comme solution
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:27 0:00

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre depuis cinq ans d'un conflit meurtrier entre des groupes armés réclamant l'indépendance d'un Etat qu'ils appellent l'"Ambazonie" et des forces de sécurités massivement déployées par le pouvoir du président Paul Biya, 89 ans, qui dirige le Cameroun d'une main de fer depuis près de 40 ans.

Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones. Le conflit qui a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Les rebelles comme les militaires et les policiers sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l'ONU de commettre exactions et crimes contre les civils.

HRW a évoqué l'attaque, le 1er juin, par des soldats camerounais du village de Missong, un hameau de la région du Nord-Ouest, qui s'est soldée par la mort de neuf personnes, dont quatre femmes et une fillette de 18 mois, "dans une opération de représailles contre une communauté soupçonnée d'abriter des combattants séparatistes". L'armée avait alors reconnu une "méprise" et "une réaction inappropriée, inadaptée à la circonstance et manifestement disproportionnée".

Droits humains au Cameroun: "le gouvernement doit avoir un engagement avec la société civile", Félix Agbor Balla
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:21:09 0:00

En juin, selon HRW, les forces de sécurité ont "sommairement tué un homme, en ont blessé un autre, ont brûlé au moins 12 maisons, détruit un centre de santé communautaire et pillé au moins 10 magasins" à Belo. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Défense n'avait pas réagi dans l'immédiat.

"Les autorités camerounaises devraient mener des enquêtes crédibles et impartiales et demander des comptes à leurs auteurs", a exhorté dans le rapport Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur l'Afrique centrale à HRW. L'ONG de défense des droits humains avait accusé dans un rapport publié fin juin les rebelles des régions anglophones de commettre des "violations graves des droits humains".

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) avait placé en juin le Cameroun anglophone à la troisième place sur la liste des dix crises "les plus négligées" de déplacement de population, en se basant sur trois critères: le manque de volonté politique de la communauté internationale pour y trouver des solutions, de couverture médiatique et de financement des besoins humanitaires.

Voir plus

XS
SM
MD
LG