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Deuxième édition de la Conférence internationale sur l’émergence du continent


Les Chefs de l’Etat africains posent pour une photo à la clôture de la lIème édition de la Conférence internationale sur l’émergence, à Abidjan, 3 mars 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

La deuxième édition de la Conférence internationale sur l’émergence des pays africains s’est clôturée à Abidjan.

Près de 400 personnalités, dont des experts, et des hommes d’affaires venus d’Europe, d’Asie et d’Amérique ont pris part à la Conférence internationale sur l’émergence des pays africains organisée par le gouvernement ivoirien en partenariat avec la Banque mondiale et le PNUD, le Programme des nations unis pour le développement.

Clôture de la lIème édition de la Conférence internationale sur l’émergence, à Abidjan, 3 mars 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)
Clôture de la lIème édition de la Conférence internationale sur l’émergence, à Abidjan, 3 mars 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Sur le continent, une vingtaine de pays sont engagés depuis quelques années dans de vastes programmes de développement avec pour ambition de devenir des pays émergents à l’instar des dragons d’Asie. Pour les participants à cette conférence d’Abidjan, il s’agissait surtout de partager les expériences en cours en matière de politique d’émergence.

Ce qui manque nous Chefs d’Etat africains, c’est ce que souvent nous n’avons pas confiance à nos hommes d’affaires, nous pensons que les Européens font mieux. Si nous travaillons mieux, allons-nous vendre notre minerai d’or, pourquoi ne le transformons-nous pas en acier ? Mais cela n’est pas possible dans le cadre d’un Etat. Nous sommes en retard par rapport à la SADC et à l’Afrique de l’Est au point de vue de l’intégration politique parce que nous sommes encore trop attachés à l’ancienne puissance coloniale. Coupons le cordon ombilical"
le président guinéen Alpha Condé

Et c’est justement ce qu’a fait le président sénégalais à l’ouverture de cette rencontre. Macky Sall a notamment présenté le Plan Sénégal émergent 2035. Un plan axé sur l’agriculture et les infrastructures.

"Une agriculture modernisée mais une agriculture qui s’appuie également sur le développement de l’investissement privé dans le cadre du développement de l’agro-business. Les infrastructures sans lesquelles bien entendue il ne peut y avoir ni émergence ne développement ni prospérité. On ne peut pas réussir le commerce interafricain sans vois de communication ", a déclaré M. Sall.

Tertius Zongo, ancien Premier ministre du Burkina Faso, a fait savoir que son pays n’entend pas rester en marge de la marche vers l’émergence.

"Nous sommes un pays qui est un pays de l’intérieur. Un pays de l’intérieur sans ressource, c’est la prospérité de vos voisins qui rejaillit sur vous. Et la prospérité rejaillit sur vous, vous devez comprendre qu’il faut que vous ayez de l’anticipation et la vision pour voir comment vous intégrer dans cet ensemble-là. Nous avons d’abord travaillé pour essayer d’assainir la gestion de l’intérieur", a argumenté M. Zongo.

Tertius Zongo, ancien Premier ministre du Burkina Faso, à Abidjan, 3 mars 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)
Tertius Zongo, ancien Premier ministre du Burkina Faso, à Abidjan, 3 mars 2017. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Pour Abdoulaye Mar Dieye, directeur du Bureau régional du PNUD, l’un des défis qu’il faudra coûte que coûte relever est celui de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes.

"Il y a le défi de la gouvernance et de la transparence. On perd 60 millions de déficit dans le transfert des capitaux. Ça plombe l’économie. Il y a le défi d’inclusion de notre jeunesse, notre force vitale dans le processus de développement. Chaque jour, 33.000 à 35.000 jeunes africains nouveaux viennent taper sur la porte du marché de l’emploi. Et 60% vont le marché inacceptable du sous-emploi des jeunes. Ce n’est pas acceptable", plaide M. Zongo.

Le président guinéen Alpha Condé a, quant à lui, fait forte sensation lors de la cérémonie d’ouverture de cette conférence par son plaidoyer pour une plus grande intégration sous régionale.

"Ce qui manque, nous Chefs d’Etat africains, c’est ce que souvent nous n’avons pas confiance en nos hommes d’affaires, nous pensons que les Européens font mieux. Si nous travaillons mieux, allons-nous vendre notre minerai d’or, pourquoi ne le transformons-nous pas en acier ? Mais cela n’est pas possible dans le cadre d’un Etat. Nous sommes en retard par rapport à la SADC et à l’Afrique de l’Est au point de vue de l’intégration politique parce que nous sommes encore trop attachés à l’ancienne puissance coloniale. Coupons le cordon ombilical", a souligné M. Condé.

Bonne gouvernance, développement des infrastructures, modernisation de l’agriculture, industrialisation et formation des jeunes, les pistes sont identifiées en vue de la marche vers l’émergence.

La 3ème édition de la Conférence internationale sur l’émergence des pays africains se tiendra en 2019 à Dakar au Sénégal.

Reportage de Georges Ibrahim Tounkara à Abidjan pour VOA Afrique

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