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Pierre Nkurunziza annonce qu'il ne se représentera pas en 2020

Le président burundais Pierre Nkurunziza à la commémoration du 56e anniversaire de la mort du prince Louis Rwagasore, héros de l'indépendance burundaise, à Bujumbura, le 13 octobre 2017.

Le président du Burundi Pierre Nkurunziza a annoncé jeudi qu'il ne sera pas candidat à sa succession en 2020, une surprise de taille au moment où le pays vient d'adopter une nouvelle Constitution lui permettant de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2034.

"Notre mandat s'achève en 2020", a déclaré le chef de l'Etat de 54 ans dans un discours prononcé en kirundi dans la localité de Bugendana (province de Gitega, centre), devant plusieurs milliers de personnes, les autorités du pays et le corps diplomatique.

Lors de sa réélection controversée en juillet 2015, il avait promis que ce serait son dernier mandat. "En tant que Guide du CNDD-FDD (parti au pouvoir), je voudrais annoncer que je ne reviendrai pas sur ma parole", a-t-il affirmé jeudi.

En décembre 2016, il avait toutefois annoncé qu'il pourrait se représenter pour un nouveau mandat "si le peuple le demand(ait)", une rhétorique similaire à celle employée par le président du Rwanda voisin, Paul Kagame, réélu en août 2017 après lui aussi avoir fait modifier la Constitution.

Le Burundi est plongé dans une grave crise politique depuis l'annonce de la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat, en avril 2015.

Les violences qui ont accompagné cette crise ont fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale (CPI), qui a ouvert une enquête.

L'annonce de jeudi a d'autant surpris tout le monde que M. Nkurunziza venait de promulguer la nouvelle constitution adoptée le 17 mai par référendum.

Cette réforme ouvrait la possibilité au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2005, de briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020 tout en renforçant ses pouvoirs.

"La nouvelle Constitution n'a pas été taillée sur mesure pour Pierre Nkurunziza comme le disent nos ennemis", a déclaré jeudi l'intéressé.

"En ce qui me concerne, je me prépare à soutenir de toutes mes forces (...) le nouveau président que nous allons élire en 2020", a-t-il assuré.

- Endormir l'opinion? -

Reste à savoir désormais si M. Nkurunziza se conformera à sa promesse.

"La parole de Pierre Nkurunziza, un homme qui vient d'enterrer l'Accord d'Arusha et la Constitution de 2005, ne vaut rien! La promesse de partir en 2020 est une vaste blague pour endormir l'opinion", a réagi par téléphone à l'AFP Pancrace Cimpaye, le porte-parole de la principale coalition d'opposition, la Cnared.

Pour ses critiques, ce référendum a cassé l'équilibre politico-ethnique garanti par l'accord de paix d'Arusha, signé en 2000.

Cet accord avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi.

Grand sportif amateur de football, chrétien évangélique "born again" prosélyte et ancien chef rebelle, Pierre Nkurunziza est convaincu que son autorité est d'essence divine, rendant parfois ses décisions imprévisibles pour les observateurs.

>> Lire aussi : L'ONU appelle à une relance du dialogue interburundais

L'annonce de jeudi est "un joli coup politique", a estimé l'un d'eux, un diplomate en poste au Burundi.

"Reste à savoir à quel point il est sincère car c'est lui qui a lancé toute cette histoire de révision de la Constitution en expliquant qu'il était prêt à se représenter si la population le lui demandait", a ajouté le diplomate sous couvert de l'anonymat.

"Après trois ans de blocage autour du troisième mandat et de sanctions, la situation socio-économique du pays est grave. Nkurunziza avait besoin d'offrir quelque chose à la communauté internationale pour tenter de ramener les financements", a-t-il encore estimé.

Fin mai, l'envoyé spécial de l'ONU pour le Burundi, Michel Kafando, avait lancé un appel aux autorités de Bujumbura pour relancer le dialogue interburundais, seul moyen selon lui de mettre un terme à la crise que traverse le pays.

Avec AFP

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Un opposant, condamné pour viol, libéré

Le président Félix Tshisekedi arrive à la présentation du programme de ses 100 premiers jours, à Kinshasa, RDC, 2 mars 2019. (Twitter/Présidence RDC)

Un opposant congolais, condamné pour viol sous la présidence de Joseph Kabila, a été libéré jeudi sur décision du nouveau chef d'Etat en République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi.

L'ex-député Eugène Diomi Ndongala, condamné à dix ans de prison pour viol sur mineure en 2014, a quitté la prison centrale de Kinshasa à la mi-journée.

Il a bénéficié d'une libération conditionnelle décidée par le ministre de la Justice sur ordre du président Félix Tshisekedi.

M. Diomi a déclaré à sa sortie de prison qu'il se considérait comme un prisonnier politique. "Plus jamais les Congolais ne devront subir ce que j'ai subi à cause de mes opinions publiques. Plus jamais la justice de notre pays ne devrait être instrumentalisée", a-t-il affirmé à ses partisans.

Ce n'est pas l'avis du ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, nommé sous la présidence Kabila et toujours en place dans l'attente de la composition d'un nouveau gouvernement: "Monsieur Diomi n'est rien d'autre qu'un délinquant, un prédateur sexuel", a-t-il déclaré mercredi à la radio Top Congo.

Le garde des Sceaux a soumis la libération de M. Diomi à plusieurs conditions: ne pas s'approcher d'une école pour filles mineures, ne pas quitter la RDC, se présenter régulièrement à la justice, et ne pas participer à des activités politiques qui troublent l'ordre public.

Cette remise en liberté survient cinq jours après celle de deux autres opposants emblématiques, dont l'un, Franck Diongo, s'est confié jeudi à l'AFP.

Libéré samedi matin, Franck Diongo a déclaré qu'il était "toujours traumatisé" par les conditions de sa détention à la prison centrale de Kinshasa.

"J'étais privé de tout. J'ai fait plus de deux ans sans voir les rayons solaires. Pour me voir, il fallait entrer dans ma cellule", a-t-il souligné.

"J'ai accordé mon pardon à tous ceux qui ont voulu me tuer, les commanditaires et les exécutants, y compris l'administration de la prison qui m'avait torturé. Je n'ai pas de penchant ou de pensées revanchards. J'ai besoin qu'on construise le pays. J'ai besoin qu'on accorde aux Congolais le bien-être et la dignité, la liberté et la démocratie. Mon combat, ce n'est pas ma petite personne", a-t-il ajouté.

Elu député en 2011, président d'un petit parti d'opposition, le Mouvement lumumbiste progressiste (MLP), M. Diongo avait été condamné à cinq ans de prison pour avoir séquestré trois militaires de la garde présidentielle de Joseph Kabila en décembre 2016.

Un troisième opposant, l'avocat et défenseur des droits de l'homme Firmin Yangambi, a également été libéré vendredi sur décision présidentielle après dix ans en prison.

Au total, la grâce présidentielle pourrait profiter à 700 personnes, selon la présidence.

Retour prévu samedi au Gabon du président Ali Bongo

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba au 10ème sommet du BRI, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba, absent de son pays depuis plus de quatre mois après un accident vasculaire cérébral (AVC) et actuellement en convalescence au Maroc, doit rentrer samedi au Gabon, a indiqué jeudi la présidence.

"Son Excellence, Monsieur le Président de la République, chef de l'État, Ali Bongo Ondimba, quittera le Maroc pour rentrer au Gabon ce samedi 23 mars", a annoncé dans un communiqué le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni.

Il "se réjouit de retourner parmi ses compatriotes", a-t-il ajouté, et "tient à remercier très chaleureusement le Roi du Maroc, Mohammed VI, pour la qualité de son accueil et l'inestimable soutien apporté tout au long de son séjour".

Victime d'un AVC le 24 octobre alors qu'il se trouvait en Arabie saoudite, le chef de l'Etat, en convalescence au Maroc, n'est revenu que deux fois à Libreville, chaque fois moins de 48 heures.

Ce retour intervient alors que depuis quatre mois, l'opposition a plusieurs fois appelé les autorités à saisir la Cour constitutionnelle du pays afin qu'elle déclare une vacance de pouvoir en l'absence du président.

En cas de vacance, le président du Sénat doit assurer un intérim jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle dans un délai maximum de 60 jours.

Fin février, dix personnalités politiques, syndicales et de la société civile ont lancé un ultimatum au pouvoir, fixé au 31 mars pour déclarer la vacance du pouvoir, appelant à "agir" pacifiquement si celle-ci n'est pas déclarée.

En janvier, une tentative de putsch a lieu à Libreville pour dénoncer l'absence du président et vouloir établir "une transition démocratique".

200.000 personnes au Zimbabwe touchées par les inondations et le cyclone Idai

Les gens pillent des sacs de riz dans un entrepôt submergé par des eaux de crue du cyclone Idai, à Beira, Mozambique, le 20 mars, 2019.

Le nombre d'habitants du Zimbabwe touchés par le cyclone Idai et les inondations atteint désormais les 200.000 dans les régions situées près de la frontière du Mozambique, a annoncé jeudi l'ONU.

L'estimation initiale était jusqu'alors de 15.000 sinistrés, mais le porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Hervé Verhoosel a déclaré aux journalistes à Genève que le chiffre avait été nettement revu à la hausse après une nouvelle analyse de la situation sur place.

Les conditions dans le district de Chimanimani, dans l'est du Zimbabwe, "sont très mauvaises", a-t-il dit.

"Environ 90% du district a été endommagé de façon importante", a-t-il ajouté.

La radio-télévision d'Etat ZBC a également revu à la hausse le bilan des morts, qui s'élève désormais à 139.

Le cyclone Idai a balayé dans la nuit du 15 au 16 mars le Mozambique, l'est du Zimbabwe et le Malawi.

Au Mozambique, pays le plus durement frappé, quelque 400.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU. Et le porte-parole du PAM, citant des statistiques gouvernementales, précise que 600.000 personnes ont été touchées par le cyclone et les inondations.

Mais "ce chiffre va certainement augmenter", a dit M. Verhoosel aux médias. Le PAM pense qu'au total, 1,7 million de Mozambicains vont avoir besoin d'aide.

Au moins 15.000 personnes ont encore besoin d'être secourues rapidement dans les zones inondées au Mozambique, a annoncé jeudi le ministre de l'Environnement Celso Correia, qui a ajouté que le nombre de morts atteignait les 217.

Les chrétiens marocains appellent au respect de la liberté de culte

Le Roi Mohammed VI du Maroc arrive pour la cérémonie de signature entre le Maroc et le constructeur automobile chinois "BYD auto" , au Palais Royal de Casablanca, le 9 décembre 2017.

La Coordination des chrétiens marocains, communauté ultra-minoritaire dans ce pays musulman à 99%, a appelé jeudi les autorités à garantir à tous la liberté de culte, à quelques jours de la visite du pape François, fin mars.

"Nous renouvelons l'expression de nos aspirations aux libertés de base dont nous, chrétiens marocains, sommes encore souvent privés", est-il écrit dans un communiqué publié par cette association qui représente les musulmans marocains convertis au christianisme.

Parmi ces droits, la Coordination liste "la liberté du culte public", le droit au mariage ecclésial ou civil, les rites funéraires chrétiens ou l'éducation des enfants.

"Nous rêvons d'un Maroc libre qui assume sa diversité religieuse", souligne encore le communiqué, en espérant que la visite du pape, prévue les 30 et 31 mars, soit "une occasion historique" pour que le Maroc avance "tangiblement dans ce sens".

"Nous appelons aussi les autorités marocaines à ne plus faire subir des pressions aux Eglises officielles du pays, dont l'Eglise catholique au Maroc, dans le but de les dissuader d'accueillir" ceux qui choisissent la voie du christianisme, poursuit le texte.

Une autre association marocaine, l'Association de défense des droits des minorités religieuses, a pour sa part appelé le pape François "à évoquer avec les responsables marocains certaines violations visant des chrétiens", dans un récent communiqué qui énumère quelques cas survenus en 2018.

Le pape a été invité par le roi et "Commandant des Croyants" Mohammed VI pour une visite "placée sous le signe du développement du dialogue inter-religieux", selon une note de presse publiée par les autorités marocaines.

La "pluralité" du Maroc, qui est inscrite dans sa constitution, est "garantie par la Commanderie des Croyants (croyants de toutes les religions abrahamiques) qui garantit la liberté de culte et permet la cohésion et l'harmonie", selon la même source.

Cette note rappelle la position du roi Mohammed VI à ce sujet : "rien ne nous paraît justifier, au Royaume du Maroc, que des minorités religieuses soient privées de l'un quelconque de leurs droits. Nous n'acceptons pas que ce déni de droit soit commis au nom de l'islam", avait-il dit dans un message en janvier 2016.

La communauté chrétienne regroupe plus de 40.000 fidèles au Maroc, dont plus de 30.000 catholiques, selon des estimations. La grande majorité de ces chrétiens sont étrangers.

Les citoyens marocains convertis sont "quelques milliers, pour la plupart protestants", selon la Coordination --environ 8.000 selon l'Observatoire des libertés religieuses.

Au moins cinq personnes enlevées dans les régions anglophones

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