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L'ONU appelle à une relance du dialogue interburundais


Michel Kafando, alors président de transition au Burkina, à Ouagadougou, au Burkina, le 23 septembre 2015.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Burundi, Michel Kafando, a lancé un appel aux autorités de ce pays pour relancer le dialogue interburundais, seul moyen selon lui de mettre un terme à la crise que traverse le pays depuis 2015.

Maintenant que le référendum pour une réforme de la Constitution est passé, "nous attendons un signal fort des autorités burundaises en faveur d'une relance du dialogue interburundais", a déclaré Michel Kafando au Conseil de sécurité.

Les Burundais ont largement approuvé par référendum en début de semaine une réforme de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en poste jusqu'en 2034.

Ce résultat avait été par avance dénoncé par l'opposition, qui estime que le référendum s'est tenu dans un climat de peur et a été marqué par des fraudes. Les Etats-Unis ont aussi dénoncé un "climat de peur et d'intimidation".

"Ce n'est qu'à travers un dialogue inclusif" que le Burundi "sortira de la crise actuelle", a insisté Michel Kafando, en jugeant la situation sécuritaire globalement "calme".

>> Lire aussi : Session de dialogue interburundais fin novembre à Arusha

Le Suisse Jürg Lauber, président d'un comité des Nations unies chargé de la paix au Burundi, a indiqué au Conseil que les autorités burundaises lui avaient dit, lors d'un récent voyage dans la pays, préparer "un plan de développement" économique qui pourrait être rendu public cet été.

Ce plan pourrait être l'occasion de relancer le dialogue entre le Burundi et des institutions comme l'Union européenne ou le Fonds monétaire internationale, a-t-il estimé.

Pour ses critiques, le référendum qui vient d'être organisé au Burundi enterre les derniers espoirs d'un retour au dialogue et casse l'équilibre politico-ethnique garanti par l'accord de paix d'Arusha, signé en 2000.

Cet accord avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi.

>> Lire aussi : La rencontre de dernière chance pour sortir de la crise au Burundi

Depuis sa candidature à un troisième mandat en avril 2015, contestée par l'opposition, la société civile et une partie de son camp, M. Nkurunziza a mené une répression brutale, qui a fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés.

Avec AFP

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