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Faible amende pour le père ivoirien de "l'enfant de la valise"

Adou Ouattara dans une valise à Ceuta, en Espagne, le 22 mai 2015.

L'histoire de l'enfant ivoirien caché dans une valise pour passer la frontière sud de l'Europe en 2015 a eu un dénouement heureux mardi à Ceuta: son père a été condamné à une faible amende et sa famille pourra vivre réunie en Espagne.

"Tout est fini, nous allons commencer à revivre, tous ensemble, ma femme, ma fille, mon fils et moi à Bilbao" dans le nord de l'Espagne, a réagi le prévenu Ali Ouattara, tout à son soulagement, à la sortie de l'audience.

Le 7 mai 2015, à un poste frontière de Ceuta, une valise rose que traînait difficilement une jeune fille marocaine avait été soumise au contrôle du scanner.

Les gardes civils avaient alors découvert sur l'écran la silhouette d'un enfant recroquevillé en position foetale: du jamais vu à ce poste de contrôle de la ville autonome espagnole de Ceuta - enclavée dans le nord du Maroc - représentant une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et un territoire de l'Union européenne.

>> Lire aussi : Le père de "l'enfant de la valise" jugé en Espagne

Le parquet réclamait initialement trois ans de prison à l'encontre du père du garçon, Ali Ouattara, 45 ans.

"On avait mis en danger la vie de l'enfant, recroquevillé d'une façon inhumaine dans une petite valise sans ventilation", a lu le président du tribunal, Fernando Teson, résumant un argument de l'accusation.

Mais le parquet n'a finalement requis qu'une peine d'amende, en constatant que l'audience n'avait pas permis de prouver que le prévenu "savait de quelle façon son fils allait être introduit dans le pays".

Les trois juges l'ont condamné à 92 euros d'amende en tenant compte du fait qu'il avait passé un mois en détention provisoire.

Ils ont pris leur décision très vite après avoir écouté l'enfant - âgé de 10 ans - qu'ils avaient fait asseoir au plus près d'eux.

>> Lire aussi : Espagne : le jeune clandestin ivoirien caché dans la valise obtient des papiers

- "Qui t'avait mis dans la valise?", a demandé la traductrice des questions du procureur

- "Une fille marocaine", a répondu Adou en français

- "Tu respirais bien dedans?"

- "Pas très bien".

Les magistrats n'ont visiblement pas souhaité harceler l'enfant qui avait toujours rêvé de rejoindre ses parents en Espagne et a clairement disculpé son père.

- "Comment t'avait-il dit que tu passerais la frontière?"

- "En voiture", a-t-il soufflé, ajoutant qu'il ne lui avait parlé de valise.

Regroupement familial clandestin

L'histoire de "l'enfant de la valise" avait la portée universelle d'un conte: une tentative désespérée de regroupement familial clandestin à une époque de grandes migrations à travers le monde.

Et en toile de fond, une enclave espagnole que des migrants tentent chaque semaine de rejoindre au péril de leur vie, en escaladant la haute clôture frontalière, en risquant de se noyer en mer, en se cachant dangereusement dans toutes sortes de véhicules...

Ex-professeur de philosophie et de français à Abidjan, Ali était lui-même arrivé clandestinement en Espagne en 2006 à bord d'une embarcation de fortune.

Sa Côte d'Ivoire natale était alors en pleine crise politico-militaire. Il avait alors eu la chance de pouvoir s'installer dans l'archipel espagnol des Canaries, a-t-il souvent raconté, mais avait mis des années à obtenir un titre de séjour, un emploi stable et un logement.

Reste qu'il avait pu faire venir légalement sa femme et leur fille... mais pas son petit dernier parce qu'il lui manquait "56 euros par mois" pour atteindre les revenus exigés par l'administration espagnole.

Ali a affirmé avoir payé 5.000 euros à un réseau de passeurs qui lui auraient initialement fait miroiter que l'enfant viendrait facilement, avec un visa provisoire, directement en avion d'Abidjan à Madrid.

L'avocat du prévenu, Me Juan Isidro Fernandez, avait fait valoir qu'une fois sa grand-mère paternelle morte à Abidjan, Adou s'était retrouvé seul en Côte d'Ivoire, avec son frère aîné tout juste âgé de 18 ans qui ne pouvait pas veiller sur lui.

Quant à la jeune porteuse de la valise, elle reste recherchée par la justice, selon le tribunal.

Avec AFP

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Soudan: la contestation suspend les discussions avec l'armée, veut intensifier le mouvement

Sit-in devant le siège de l'armée à Khartoum, au Soudan, le 20 avril 2019. Les manifestants exigent que l'armée, qui a renversé et arrêté le président Omar al-Bashir la semaine dernière, cède immédiatement le pouvoir.

Les responsables de la contestation au Soudan ont annoncé dimanche la suspension des discussions avec les militaires, et appelé à intensifier les manifestations réclamant un pouvoir civil.

"Nous suspendons nos discussions avec le Conseil militaire" de transition, a déclaré un porte-parole des organisations représentant la contestation, Mohamed al-Amine, qui s'adressait à des milliers de personnes rassemblées devant le QG de l'armée à Khartoum.

"Nous considérons le Conseil militaire comme un prolongement du régime" de l'ex-président Omar el-Béchir, destitué le 11 avril dernier, a-t-il ajouté en appelant à "poursuivre et intensifier les manifestations jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites".

Les manifestants massés devant le QG militaire agitaient des drapeaux soudanais, et inondaient de lumière les bâtiments avec les lampes de leurs téléphones portables.

"Liberté, paix, justice" scandait la foule. "Notre révolution est civile, elle est protégée par le peuple" lançaient aussi des manifestants.

Le chef du Conseil militaire de transition, le général Abdel Fattah al-Burhane, a fait monter la pression sur les manifestants en "condamnant le blocage de routes et la fouille de personnes sans en avoir l'autorité", lors d'une rencontre avec des officiers de haut rang. Il faisait référence aux barrages et points de contrôle établis par les manifestants aux abords du QG de l'armée.

Samedi, les dirigeants militaires et les leaders de la contestation avaient eu des discussions et convenu de les poursuivre. D'autres séries de discussions avaient également eu lieu auparavant, selon un responsable de la contestation.

Plus tôt dans la journée, le général Burhane avait affirmé à la télévision son "engagement à remettre le pouvoir au peuple", et promis que l'armée répondrait dans la semaine aux demandes des manifestants.

- Annonce "dans quelques jours" -

Il avait également indiqué que l'équivalent de 113 millions de dollars, en devise américaine, euros et livres soudanaises, avaient été saisis dans la résidence de M. Béchir. Le président déchu a été arrêté puis emprisonné après sa destitution par l'armée sous la pression de la rue.

Et le nouveau procureur général, al-Walid Sayyed Ahmed, en place depuis quelques jours à peine, a de son côté annoncé des dispositions pour contrôler les biens des hauts responsables du régime de M. Béchir et de leurs familles.

Mais ces annonces n'ont pas apaisé la foule qui campe depuis plus de deux semaines devant le siège de l'armée pour réclamer un transfert rapide du pouvoir à une autorité civile, seule à leur yeux à même de garantir une véritable transition politique.

L'annonce de la composition d'un Conseil civil censé remplacer le Conseil militaire, qui était attendue dimanche, interviendra "dans quelques jours", a indiqué un porte-parole de la contestation, Madani Abbas Madani.

La contestation au Soudan, déclenchée le 19 décembre après la décision du gouvernement Béchir de tripler le prix du pain, s'est rapidement transformée en contestation inédite contre le président déchu et plus largement du système en place.

- Aide financière de Ryad et Abou Dhabi -

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a dirigé d'une main de fer un pays miné par des rébellions dans plusieurs régions et est en outre accusé de graves violations des droits humains.

Sur le plan économique, le pays a aussi souffert de l'embargo imposé par les Etats-Unis en 1997, en raison notamment d'un soutien à des groupes jihadistes, et retiré 20 ans plus tard. Le Soudan demeure cependant sur la liste américaine des "pays soutenant le terrorisme."

Une délégation soudanaise va se rendre à Washington pour discuter d'un retrait du Soudan de cette liste, a déclaré dimanche M. Burhane à la télévision.

Les Etats-Unis avaient salué jeudi les premières mesures prises par les militaires, mais ont aussi appelé à une transition qui réponde davantage aux aspirations démocratiques des Soudanais.

Washington avait également annoncé la venue à Khartoum de la responsable du département d'Etat américain chargée de l'Afrique de l'Est, Makila James, "ce week-end", sans préciser qui elle y rencontrerait. Le général Burhane n'a pas fait de commentaire sur cette visite dans son interview télévisée dimanche.

Ryad et Abou Dhabi ont confirmé dimanche leur soutien au Soudan en annonçant un dépôt de 500 millions de dollars dans la banque centrale soudanaise et une somme de 2,5 milliards destinée à financer les besoins du peuple soudanais en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers, selon l'agence saoudienne officielle SPA, qui n'a pas précisé s'il s'agit de dons ou de prêts.

Dimanche, la valeur de la livre soudanaise s'est fortement renforcée sur le marché noir, s'échangeant à 45 livres pour un dollar contre 72 livres la semaine dernière. Le taux de change officiel est fixé à 47,5 livres pour un dollar.

Avec AFP

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