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Passer en Egypte, maigre bouffée d'oxygène pour les Gazaouis sous blocus

Un membre des forces de sécurité palestiniennes monte la garde au poste-frontière de Rafah avec l'Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 septembre 2018.

Protégés de la foule impatiente par une frêle barrière, des policiers palestiniens égrainent des noms, leurs voix couvrant avec peine le chahut. Les appelés se faufilent avec soulagement: ils vont enfin sortir de Gaza via l'Egypte, certains pour la première fois.

Beaucoup ne sont venus qu'avec une grosse valise, parfois un sac de sport, calé entre leurs jambes dans les gradins d'un gymnase transformé en salle d'attente, à Khan Younès, dans le sud de l'enclave palestinienne.

De là, ils embarqueront à bord de bus, en direction du passage de Rafah, à une vingtaine de minutes. Ils pourront alors entrer dans le Sinaï en Egypte.

Après la destitution en 2013 du président élu issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, l'Egypte a gardé la frontière avec Gaza close. Le Caire accusait le Hamas, proche de la confrérie islamiste et au pouvoir dans le territoire palestinien, de soutenir l'insurrection jihadiste dans le Sinaï.

A la faveur d'une amélioration des relations avec le Hamas, Rafah a rouvert le 12 mai et environ 200 personnes sortent de Gaza tous les jours, sauf le week-end.

Il s'agit de l'une des seules options de sortie pour ces Palestiniens qui vivent sous un vigoureux blocus imposé depuis plus de dix ans par Israël, seul autre voisin de Gaza.

Israël justifie le blocus par la nécessité de contenir le Hamas, son ennemi.

A l'extérieur du gymnase de Khan Younès, Mosleh Derby, 21 ans, patiente au soleil en contemplant les vendeurs de thé, de café et de cigarettes qui s'époumonent devant lui.

Payer pour sortir

Pendant trois ans, cet étudiant en médecine en Egypte n'est pas retourné à Gaza, de peur d'y être bloqué car même quand le passage ouvrait, à raison de quelques dizaines de jours par an, rien ne garantissait qu'il ne ferme pas soudainement.

Il dit avoir perdu un an durant ses études à cause de l'ouverture erratique du passage.

A son retour en juin, il s'est inscrit au ministère de l'Intérieur de Gaza, afin d'être sûr d'obtenir une autorisation de sortie et d'être de retour en Egypte pour la rentrée universitaire. Mais il a déjà manqué deux semaines.

"Je n'ai pas payé. Du coup, des étudiants qui s'étaient inscrits après moi sont sortis avant", soupire-t-il.

Dans le gymnase, beaucoup l'avouent du bout des lèvres: ils ont réglé entre 1.500 et 2.000 dollars (1.300 et 1.700 euros) pour la "coordination", soit la garantie de sortir du territoire. Difficile de savoir à qui va l'argent.

Côté palestinien, "personne ne paie, jamais", assure Iyad al-Bozum, porte-parole du ministère de l'Intérieur à Gaza. Mais il n'exclut pas qu'il en aille différemment du côté égyptien.

D'après lui, des milliers de Gazaouis figurent actuellement sur liste d'attente pour partir.

Alors que l'enclave compte deux millions d'habitants, le flot de voyageurs reste ténu.

Seuls les malades, les étudiants, les pèlerins et ceux qui disposent d’une autre nationalité ou d’un titre de résidence à l’étranger sont autorisés à passer. Les rares élus sont informés via internet.

Sous la présidence Morsi, "30 bus passaient chaque jour la frontière, ça faisait en gros 1.800 personnes", se rappelle Abdallah Chahine, 32 ans, bagagiste.

"Aller sans retour"

Avant le retrait israélien de Gaza en 2005, les Palestiniens pouvaient passer tous les jours en Egypte, où beaucoup ont de la famille.

M. Chahine a renfilé son gilet orange et repris le travail, lui qui vivotait en vendant des cigarettes quand les bus restaient à l'arrêt. "Ceux qui partent ne reviennent pas, ils sortent pour émigrer".

C'est le rêve de Khalil: aller en Allemagne où il est né, mais dont il n'a pas la nationalité. "Un aller sans retour", confie-t-il avec un sourire gêné.

"A l'étranger, quelqu'un de créatif peut réussir", affirme l'étudiant en architecture qui préfère ne pas donner son nom de famille.

Deux de ses amis ont déjà émigré. Lui a fait ses calculs: il lui faut plus de 3.000 dollars pour payer son voyage, dont 2.000 pour le passage par Rafah.

A Khan Younès, le bus démarre dans le brouhaha des adieux.

Une fois le passage franchi, la route est longue jusqu'au Caire. Il faut parfois dormir au poste frontière côté égyptien, en raison du couvre-feu dans le Sinaï, dit un responsable égyptien.

Puis ce sont les multiples checkpoints.

"Avant 2007, j'arrivais au Caire en six heures, maintenant ça prend au moins 48 heures!", se plaint Hossam al-Ajouri, 35 ans, qui va terminer ses études d'histoire en Egypte.

Lui, au moins, pourra sortir.

Depuis mi-juin, Aïda Baraka, 53 ans, attend l'autorisation d'aller voir sa nièce malade en Jordanie. Son nom ne figurait pas sur le site internet, mais elle est venue tenter sa chance.

"Où est l'humanité ?", s'interroge-t-elle, son niqab ne laissant entrevoir que ses yeux obscurcis par la colère. Autour d'elle, beaucoup acquiescent: les "frères" égyptiens n'en font pas assez.

"Ce sont les Egyptiens qui sont les plus proches de nous! Je veux qu'ils soient humains", s'exclame-t-elle.

Avec AFP

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Manifestation de réfugiés soudanais devant le HCR à Agadez

Les migrants expulsés d'Algérie se plaignent des conditions dans le camp de transit à Agadez, au Niger, le 9 décembre 2016. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Une centaine de demandeurs d'asile soudanais d'un camp de l'ONU ont manifesté jeudi à Agadez (nord du Niger) pour exiger l'accélération de leur dossier de demande de statut de réfugiés et leur acheminement vers l'Europe.

"Une centaine de demandeurs d'asile soudanais ont marché de leur camp (situé à 10 km du centre-ville) jusqu'au bureau du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR)", a dit à l'AFP un résident d'Agadez.

"Ce sont des enfants mineurs qui ont appris que certains enfants (réfugiés érythréens, somaliens) acheminés de Libye ont commencé à être réinstallés (notamment) en Europe", a déclaré à l'AFP un responsable onusien. Dans la foulée, les manifestants ont réclamé "plus de nourriture et du savon".

La représentante du HCR au Niger en mission à Agadez en compagnie de responsables de l'ONG Caritas internationale "a pu calmer la situation à l'issue d'une réunion" avec les manifestants "plus adultes", a assuré ce responsable.

En mars 2019, les autorités d'Agadez avaient mis en garde ces demandeurs d'asile qui avaient violemment manifesté dans leur camp en insultant et jetant des pierres sur une équipe locale du HCR.

"Le Niger n'acceptera d'aucune manière qu'on lui mette la pression", avait prévenu Sadou Soloké, le gouverneur d'Agadez qui s'était rendu dans le camp où vivent quelque 1.400 Soudanais ayant fui depuis 2017 l'insécurité et l'esclavage en Libye.

Mi-décembre 2018, des Soudanais évacués de Libye avaient manifesté pendant plusieurs jours devant le HCR à Niamey pour exiger une accélération de leur installation dans des pays d'accueil, notamment en Europe.

Des centaines de réfugiés, en particulier des Ethiopiens et des Erythréens vivant à Niamey, ont pu être réinstallés en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Suède et en Finlande et d'autres attendent un pays d'accueil.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait promis que le Niger continuerait à accueillir des demandeurs d'asile mais avait souhaité qu'ils "ne restent pas longtemps" dans son pays.

Libération du leader d'un parti d'opposition arrêté lundi

L'entrée du Palais présidentiel, à Libreville, le 22 août 2009.

Le président d'un parti d'opposition au Gabon, arrêté lundi à Libreville après des propos sur l'état de santé du chef de l'Etat gabonais, a été libéré mercredi soir, a-t-il indiqué jeudi à l'AFP, dénonçant "une répression tous azimuts de l'opposition".

A la tête du Front patriotique gabonais (FPG), Gérard Ella Nguéma, avait été arrêté lundi matin, une semaine après avoir accusé plusieurs proches du président Ali Bongo Ondimba, victime d'un AVC fin octobre dont il se remet actuellement, de "le manipuler".

"J'ai été interpellé par la police judiciaire, on m'a demandé si j'avais déclaré qu'Ali Bongo était mort, si j'avais déclaré qu'il y avait une vacance du pouvoir au Gabon", a déclaré M. Ella Nguéma joint au téléphone par l'AFP depuis Libreville.

"J'ai été libéré mercredi soir vers 20H00 par le procureur de la République, aucun papier officiel ne m'a été donné", a-t-il ajouté.

"Est-ce comme ça qu'un leader politique doit être traité ? On a l'impression d'une répression tous azimuts de l'opposition", a-t-il accusé.

Sollicité par l'AFP, le parquet de Libreville n'était pas joignable pour confirmer l'arrestation et la libération de M. Ella Nguéma.

Lors d'une conférence de presse le 7 juillet dernier, M. Ella Nguéma s'était attaqué au directeur de cabinet du président Brice Laccruche Alihanga, à la première dame Sylvia Bongo Ondimba ou encore à la présidente de la Cour constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo.

Son interpellation était survenue quelques jours après l'arrestation de quatre responsables syndicaux dont le mouvement avait déclaré début juillet que le président gabonais Ali Bongo Ondimba était "mort".

Après cinq mois de convalescence à l'étranger, Ali Bongo Ondimba est rentré le 23 mars à Libreville pour un "retour définitif".

Ce retour devait notamment faire taire l'opposition qui réclame que la vacance du pouvoir soit déclarée et s'interroge sur la capacité du président Bongo à diriger le pays.

Hormis deux discours enregistrés et retransmis à la télévision, le chef de l'Etat gabonais ne s'est pas exprimé en public ou en direct depuis son AVC.

Après son retour, il a toutefois multiplié les entretiens au palais présidentiel avec des chefs d'Etat africains et présidé ce jeudi un conseil des ministres.

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