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Pas de report des élections au Faso malgré l’insécurité


 Le président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, Bala Sakandé a remis le 8 juillet, le rapport du Parlement au président Roch Kaboré, Ouagadougou, le 20 juillet 2020. (VOA/Kader Traoré)

Le président du Parlement du Burkina Faso Alassane Bala Sankandé et les députés ont proposé le report des élections du 22 novembre 2020 à 2021 à cause de la situation sécuritaire du pays. L’idée a vite été désavouée par l’ensemble de la classe politique.

"Nous avons demandé qu’en fonction de ce que nous avons sur notre constitution, que nous puissions reporter les élections législatives. Quelle peut être la représentativité d’un député élu par 2 communes sur 26 ou 30 communes?", a déclaré Bala Sankandé, président de l’Assemblée nationale du Burkina.

Le chef du parlement burkinabè soutenait que compte tenu de la situation sécuritaire dans le pays, il valait mieux de décupler et de reporter d’une année, la présidentielle des législatives.

Devant cette proposition, le refus de la classe politique a été sans appel. A commencer par le propre camp politique de Bala Sankandé. Simon Compaoré, président du Mouvement du peuple pour progrès (MPP), le parti au pouvoir, a dit espérer que le pays se maintienne "sur la voie de la consolidation, de la stabilité et de la paix".

Selon Abdoulaye Soma, professeur de droit public et expert-consultant international en droit constitutionnel, "ce projet n’est recevable ni en droit, ni en politique", expliquant que "sur le plan du droit, la prorogation du mandat des députés d’un an supplémentaire implique la modification des textes juridiques. Alors que l’article 2 du protocole de la Cédéao de 2001 sur la bonne gouvernance et la démocratie, que le Burkina Faso a souverainement accepté, souligne clairement qu’en moins de 6 mois avant les élections, on ne peut pas modifier les textes juridiques concernant les élections".

Dans cette même lancée, l’opinion nationale et la société civile ont opposé à cette démarche de l’Assemblée nationale, une fin de non-recevoir. "L’argumentaire n’est pas suffisant pour justifier cette prolongation de mandat", confié Siaka Coulibaly, un consultant politique.

Selon lui, "le projet est apparu de façon abrupte. Il n’a pas du tout été préparé dans l’opinion nationale si bien que lorsque l’opinion l’a apprise, elle a pensé qu’il s’agit d’un arrangement politicien entre les élus, afin de ne pas se rendre au verdict des urnes".

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