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Pas de poursuite criminelle pour l'instant dans l'affaire de la "dette cachée" au Mozambique


Une image de la télévision mozambicaine montre la magistrate Beatriz Buchili devant l’asemblée nationale, Maputo, 18 avril 2017. (Twitter/Tomas Queface)

La justice mozambicaine n'a pour l'heure pas découvert d'infraction susceptible de permettre l'ouverture de poursuites criminelles dans le scandale de la "dette cachée" contractée par le gouvernement, a révélé mercredi la procureure générale du pays.

"Des faits ont été identifiés qui relèvent d'infractions financières", a déclaré la magistrate, Beatriz Buchili, dans un discours devant les députés. "Le bureau du procureur continue son enquête sur d'éventuels faits criminels", a-t-elle ajouté.

L'affaire dite de la "dette cachée" a éclaté en avril 2016, lorsque les dirigeants du Mozambique ont avoué avoir emprunté en secret 2 milliards de dollars pour acheter des navires militaires pour participer aux combats contre l'ex-rébellion de la Renamo.

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Parmi ces achats figuraient notamment 6 patrouilleurs construits par les Constructions mécaniques du Normandie (CMN), une filiale du groupe Privinvest dirigé par l'homme d'affaires français d'origine libanaise Iskandar Safa.

Les bailleurs de fonds l'ont sanctionné en gelant leur aide budgétaire. Maputo a depuis suspendu ses remboursements à ses créanciers et cherche à renégocier sa dette.

Le dossier a viré au scandale avec la parution en juin 2017 d'un audit du cabinet Kroll révélant qu'au moins 500 millions de dollars de dépenses financées par cet emprunt étaient "inexpliquées".

L'opposition accuse depuis l'ancien président Armando Guebuza et son actuel successeur, Filipe Nyusi, de corruption.

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"Le crime organisé va continuer à diriger (le pays) et à rire au nez des tribunaux", a regretté mercredi le député Silverio Ronguane, du Mouvement démocratique du Mozambique (MDM) après le discours de la procureure.

"Le Mozambique sombre et notre procureure générale est sourde et muette", a renchéri son collègue de la Renamo, Juliano Picardo, "mais même retardée, la justice finit toujours par être rendue".

Parmi les délits "administratifs" identifiés par le parquet général figurent la "délivrance de garanties d'un montant supérieur à la limite légale et sans l'autorisation du Parlement" ou "l'octroi de marchés à des entreprises ou des banques sans appel d'offres", a cité mercredi la procureure Buchili.

Leurs auteurs seront renvoyés devant la "justice administrative", a poursuivi la patronne du parquet général.

Avec AFP

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