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Pas d'issue en vue, deux ans après le lancement de la campagne contre l'EI

Des soldats américains en tournée au Monastère Saint-Élie sur la base d'opérations Marez à Mossoul, en Irak, environ 360 kilomètres (225 miles) au nord-ouest de Bagdad, le 7 novembre 2008. (AP Photo / Maya Alleruzzo, File)

Le combat devait être rapide et défaire le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. Mais deux ans et 14.000 bombardements plus tard, les jihadistes n'ont pas été vaincus et la lutte engagée par Washington illustre les limites des campagnes militaires aériennes.

Durant l'été 2014, les Etats-Unis ont mis sur pied une coalition rassemblant une soixantaine de pays contre le groupe, auteur d'atrocités, qui s'était emparé en quelques semaines de pans entiers de territoires à travers les deux pays limitrophes.

Depuis, l'EI a perdu près de la moitié du terrain conquis en Irak et environ 20% en Syrie. Les experts prévoient bien une chute du "califat" autoproclamé par les jihadistes en Syrie et en Irak mais le groupe s'est renforcé par ailleurs en incitant ses partisans à commettre des attaques isolées à travers le monde.

"Il s'agit d'une organisation qui a réalisé une transformation très réussie vers une organisation terroriste traditionnelle qui n'a alors de cesse de reconstruire ses capacités", a expliqué à l'AFP Charles Lister, analyste au Middle East Institute.

L'EI a revendiqué cette année des attentats en France, en Belgique, ou encore aux Etats-Unis.

"On mène un combat perdu d'avance si on s'attend à détruire (l'EI) entièrement", a-t-il assuré. "Je pense que des décennies d'efforts nous attendent."

- 6.500 militaires déployés –

Pourtant, lorsque Washington s'était lancé dans la bataille, les responsables assuraient que l'engagement américain serait de courte durée. Et Barack Obama élu sur la promesse de mettre fin aux guerres en Irak et en Afghanistan, avait insisté sur le fait que son pays pouvait apporter un soutien aérien et des conseils militaires, mais que la guerre devait être remportée par les forces locales.

Quelque 6.500 militaires de la coalition, principalement des Américains, sont déployés. La plupart se trouvent en Irak, même si des forces spéciales ont été déployées aux côtés des combattants kurdes et arabes en Syrie, où les frappes russes en appui au régime de Bachar al-Assad ont complexifié un peu plus la guerre qui dure depuis plus de cinq ans.

"Les quelques-uns d'entre nous qui ont observé le développement de ce groupe entre 2010 et 2014 savaient pertinemment que ça allait être une bataille sur le très long terme, et l'idée qu'aucun soldat américain ne soit impliqué était de l'ordre du fantasme", estime Charles Lister.

En dépit du grand nombre de pays impliqués dans la coalition, les Américains et quelques Etats piliers réalisent l'essentiel du combat. Les bombardements ont aussi concerné l'Afghanistan ou plus récemment la Libye, où le Pentagone a laissé entendre la semaine dernière que les raids se poursuivraient "pendant des semaines, pas des mois".

- Milliards de dollars -

La coalition avait conduit au 6 août un total de 14.301 frappes aériennes, dont 9.514 en Irak et 4.787 en Syrie. Le coût de ses opérations représente environ 11,9 millions de dollars par jour, soit quelque 8 milliards de dollars jusqu'à présent.

Ces bombardements ont visé des chefs jihadistes, des combattants, des véhicules ou encore des installations pétrolières et d'énormes sommes d'argent liquide.

La campagne aérienne a aussi fait de nombreuses victimes civiles en Syrie et en Irak, 55 selon le Pentagone. Mais de nombreuses voix dénoncent ce bilan donné au 28 juillet, le jugeant largement sous-estimé.

Des incidents font encore l'objet d'enquêtes par le Pentagone, comme les frappes en juillet près de Minbej, dans le nord de la Syrie, qui auraient fait des dizaines de victimes civiles.

Bien que les Américains assurent faire au mieux pour éviter de toucher des civils, leur mort a des répercussions désastreuses sur la lutte antijihadiste dans son ensemble, estiment des observateurs.

"Avec les campagnes de bombardements, vous tuez plus d'innocents, ce qui attire plus de nouvelles recrues et de sympathie" à l'égard du groupe ciblé, relève Howard Gambrill Clark, ancien Marine et analyste du renseignement qui dirige le Stability Institute à Washington.

"Je ne connais pas un seul analyste sérieux" en matière de contreterrorisme, confie-t-il, "qui pense que les Etats-Unis font quoi que ce soit d'autre que de créer plus d'extrémistes violents".

Avec AFP.

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L'ouragan Zeta a touché terre près de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane

Un panneau de campagne électorale se trouve dans un arbre alors que l'ouragan Zeta balaie la Nouvelle-Orléans, Louisiane, États-Unis, le 28 octobre 2020.

L'ouragan Zeta a touché terre mercredi après-midi près de La Nouvelle-Orléans,dans l'Etat américain de Louisiane, avec des vents allant jusqu'à 130 km/h, après avoir légèrement perdu en puissance, selon le Centre national des ouragans (NHC).

Zeta, la 11e tempête portant un nom à frapper les Etats-Unis cette année, un record, a touché terre en temps qu'ouragan de catégorie 2 sur une échelle qui en compte 5 à environ 100 kilomètres au sud de la Nouvelle-Orléans.

Les effets de sept tempêtes ou ouragans se sont fait ressentir, à des degrés divers, en Louisiane, particulièrement affectée cette saison.

Une alerte ouragan a été émise et s'étend sur plus de 300 kilomètres de la ville de Morgan City en Louisiane, jusqu'à la frontière entre le Mississippi et l'Alabama. Des ordres d'évacuation obligatoire ont été émis dans certaines régions côtières.

Outre les vents et les fortes pluies attendues, le NHC a également mis en garde contre les dangers posés par la montée des eaux de la mer: une alerte à la submersion côtière est en place pour toute une partie du littoral, avec une houle attendue à plus de 3 mètres.

Les habitants de La Nouvelle-Orléans, rodés à l'exercice, bouclaient les préparatifs mercredi avant l'arrivée de Zeta: provisions stockées, en prévision des coupures d'eau ou d'électricité, et maisons protégées par des sacs de sable ou du contreplaqué.

"Pour les gens qui habitent ici, ça fait juste partie du fait de vivre ici", a expliqué à l'AFP, Geoff Wallace, 60 ans. "Ce qui a de bien avec celui-là, c'est qu'il bouge vite."

Zeta se déplace en effet à une vitesse de 40 km/h, ce qui diminue les risques d'inondation sur La Nouvelle-Orléans. Cette dernière reste encore traumatisée par le passage de l'ouragan Katrina en 2005 qui avait eu le temps d'inonder 80% de la ville et de provoquer environ 1.500 décès en Louisiane.

"Il semble assez clair maintenant que Zeta frappera directement La Nouvelle Orléans. Finissez de vous préparer ce matin", a tweeté dans la matinée la maire de la ville, LaToya Cantrell. "Assurez-vous que vous avez de l'eau, de la nourriture et des médicaments pour tous les membres de votre foyer."

Le gouverneur de Louisiane, John Bel Edwards a pour sa part appelé les gens à rester chez eux, ajoutant sur Twitter que si "aujourd'hui a été dur, nous continuons à subir Zeta, chacun doit rester à l'écoute des consignes locales et suivre les couvre-feux là où ils sont déclarés".

Lors d'une interview radio, le gouverneur a précisé que 500.000 foyers étaient déjà privés d'électricité, donc 78% de la Nouvelle-Orléans, où son emblématique quartier Français a été totalement déserté.

Certaines zones côtières, particulièrement touchés, ont déclaré le couvre-feu.

Le président Donald Trump a approuvé mardi soir la déclaration d'état d'urgence pour la Louisiane, permettant de débloquer des moyens fédéraux, a annoncé la Maison Blanche.

L'ouragan Zeta, qui s'était formé sur la mer des caraïbes, avait touché terre lundi soir dans les environs de Ciudad Chemuyil, dans l'Etat de Quintano Roo au Mexique. Son passage n'y a pas fait de victimes, selon son gouverneur. Il avait ensuite été rétrogradé en tempête tropicale avant de reprendre de la puissance et de toucher les Etats-Unis.

La saison des ouragans, qui n'est pas encore terminée, est particulièrement intense cette année. A cause de l'épuisement de la liste des noms latins prévus, les météorologues ont commencé à les identifier avec l'alphabet grec.

Avec le réchauffement de la surface des océans, les ouragans deviennent plus puissants, selon les scientifiques, qui prévoient une augmentation de la proportion de cyclones de catégorie 4 et 5, les plus destructrices.

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