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"Paquinou", retrouvailles et réconciliation chez les Baoulé en Côte d'Ivoire

Des femmes de la communauté baoulé préparent de la nourriture lors des célébrations dans le village d'Assounvoue, à 40 kilomètres de Yamoussoukro, au centre de la Côte d'Ivoire, le 1er avril 2018.

A "Paquinou", la Pâques de l'ethnie ivoirienne baoulé, "ce sont les retrouvailles, la fête: de la viande de brousse dans la main droite, du vin dans la main gauche", rigole Rose Yao Adjoua, du village d'Assounvoué, à 200 km au nord d'Abidjan.

Pendant cette fête, rendez-vous incontournable de la première ethnie ivoirienne (20% de la population), les Baoulé qui ont migré à Abidjan, dans les zones agricoles ou même à l'étranger, reviennent dans leurs villages.

Ripailles, musique, danses, messe chrétienne et cérémonie traditionnelle sont au programme mais aussi palabres, réunions familiales et coutumières pour régler les litiges et préparer l'avenir.

Assounvoué est situé à une 40 km de Yamoussoukro, devenue capitale de Côte d’Ivoire grâce au plus célèbre des Baoulé Felix Houphouet-Boigny qui a présidé le pays de 1960-1993.

Pendant Paquinou, le village passe de 3.200 habitants à plus de 4.000.

César Salia, 40 ans, infirmier à Grand Bassam fait partie des 64 personnes qui ont trouvé place vendredi dans un bus affrété à partir d'Abidjan par la "mutuelle" (Mutuelle de développement économique et social Assounvoué).

"On ne revient pas les mains vides. Il faut que ce soit une fête", explique-t-il. Il a acheté "pagnes, victuailles, savon, boissons".

En tout, César a dépensé 40.000 F CFA (60 euros) "sans compter les enveloppes (argent liquide) pour la famille", dit-il . "On se prépare à l'avance. ça coûte comme des funérailles mais là, on dépense dans la joie!".

Une manne qui fait les affaires des supermarchés, commerçants et importateurs divers qui notent des pics de consommation comme à Noël ou pour le Ramadan.

Quatre heures plus tard, la nuit tombée, une petite foule accueille le bus dans la seule allée bitumée du village: cris de joie, larmes de bonheur, embrassades.

De nombreux cabris et moutons observent placidement sans se douter que, pour beaucoup d'entre eux, ces effusions sont synonymes d'un passage prochain à la marmite en compagnie d'agoutis (rongeurs de brousse), de biches ou de poulets...

Une des femmes de la communauté Baoulé fait des gestes en préparant de la nourriture lors des célébrations dans le village d'Assounvoue, en Côte d'Ivoire, le 1er avril 2018.
Une des femmes de la communauté Baoulé fait des gestes en préparant de la nourriture lors des célébrations dans le village d'Assounvoue, en Côte d'Ivoire, le 1er avril 2018.

"Il faut bien accueillir la famille. Certains jeunes ne sont jamais venus au village. Il faut leur donner envie de revenir", affirme Akissi Pkassa, en coupant une tête de poulet à côté de bassines de viande marinée, d'oignons et de bananes. Elle prépare le festin pour une cinquantaine de personnes, entourée d’une demi-douzaine d'autres femmes.

Le samedi matin, dans une autre cour, d'autres femmes préparent l'attieké brassant inlassablement la semoule de manioc d'un geste mille fois répété.

Samedi, c'est aussi la journée des palabres. On se réunit pour discuter et régler les différends qui vont de litiges financiers aux problèmes de couple en passant par des jalousies ou des promesses non tenues...

Sous un arbre, une famille est en pleine discussion. Un fils raconte qu'il ne revenait plus au village et n'appelait plus par "manque de moyens". Sa mère se demande si sa conversion chrétienne fait qu'il la considère ainsi que les villageois comme des "sorciers". Les deux se réconcilient en se tombant dans les bras, sous les applaudissements.

Une femme de la communauté baoulé prépare la nourriture lors des célébrations dans le village d'Assounvoue, en Côte d'Ivoire, le 1er avril 2018.
Une femme de la communauté baoulé prépare la nourriture lors des célébrations dans le village d'Assounvoue, en Côte d'Ivoire, le 1er avril 2018.

'Paquinou, c'est la joie

Le doyen prend ensuite la parole pour demander aux jeunes de construire une maison supplémentaire sur la concession. "La famille s'est agrandie. On manque de place".

Dans une autre cour, une famille discute de la chefferie du village. Ismael Kouacou Kouadio, un conseiller d'éducation à Abidjan, a été nommé chef du village. Normalement, sa famille doit être unie derrière lui pour que son "règne" commence sous les meilleurs auspices. "Le tour de notre famille est venu. C'est ce que nos aïeux nous ont appris. Que ceux qui s'y opposent soient foudroyés", lance un membre.

"Paquinou, c'est pour régler nos différends", explique Florent Konan Kouamé, président de la Mutuelle et employé des Sodefor (Eaux et Forêts) à Abidjan. "On est né avec nos traditions et les Occidentaux sont venus", dit-il soulignant le mélange entre les traditions ancestrales et la religion chrétienne.

"On a vu pendant la guerre ici (crise politico militaire qui a fait 3.000 morts en 2010-2011). Au final, on finit toujours par s'asseoir pour discuter. Il vaut mieux discuter avant qu'après".

Pendant le week-end pascal, le village va aussi se réunir pour que les notables informent les villageois de la situation judiciaire de deux conflits fonciers qui les opposent à deux villages voisins dans un pays où les terres agricoles sont de plus difficiles à trouver.

"Les réunions servent aussi à discuter avec les jeunes qui sont en ville. On leur donne des conseils pour leur éviter la drogue, l'alcool, le banditisme. Paquinou, c'est la cohésion sociale", résume-t-il.

Dimanche après une nuit de danse et fête avec une boite de nuit en plein air, on accueille le masque "Goli", qui n'est présenté que lors de grandes occasions.

Un danseur avec un masque en tête de buffle et cornes aux couleurs des Baoulé rouge-blanc-noir, une chevelure en rafia et une peau de bête, court dans tous les sens aux sons des tambours. Il "bénit" ainsi le village.

Cesar a prévu une dernière cérémonie: son mariage avec Mireille la mère de ses enfants. "On profite que tout le monde soit là. Paquinou c'est la joie".

Avec AFP

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La bonne foi des dirigeants

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Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Cyclone en Afrique australe: plus de 650 morts, risques d'épidémies

Une forêt au Mozambique

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s'est alourdi samedi à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d'épidémies.

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d'environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", a estimé samedi le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

"Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur", a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché.

Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues.

Mais le bilan final sera "bien plus élevé" car "de nombreuses régions sont encore inaccessibles", a prévenu samedi la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

"La situation va encore empirer avant de s'améliorer", a-t-elle mis en garde. "Les agences humanitaires commencent à peine à voir l'ampleur des dégâts. Des villages entiers sont été submergés, des immeubles rasés, des écoles et des centres de santé détruits", a-t-elle ajouté.

Les opérations de secours et d'acheminement de l'aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l'effondrement de nombreuses routes et ponts.

"On n'a rien, les gens meurent comme des chèvres ou des poules. On n'a aucune aide. On meurt de faim", implore un habitant du district de Buzi (centre), l'un des plus touchés au Mozambique.

"Je suis en vie, mais j'ai tout perdu", témoigne Maria Maposa, évacuée en bateau de cette zone.

Samedi matin, une centaine de rescapés de Buzi sont arrivés au port de Beira, où ils ont reçu une soupe et des habits, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nombre d'entre eux avaient besoin de soins après avoir été blessés par des tôles soulevées par des rafales de vent proches de 200 km/heure.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

- Risques de maladies -

"Il n'y a plus personne bloqué dans des arbres", a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Mais "il y a encore des gens sur les toits" qui ont refusé d'être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

La décrue se poursuivait samedi. Mais Ocha a mis en garde contre de possibles nouvelles inondations en cas de fortes pluies.

A Beira, ville d'un demi-million d'habitants, la population s'attelait à déblayer et reconstruire.

L'électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L'hôpital a de nouveau été connecté au réseau, selon Celso Correia.

La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi, "ce qui signifie que l'aide peut arriver plus facilement", s'est-il réjoui.

Des habitants ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des tôles gondolées emportées par le vent, des habitations de fortune.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s'entassaient, laissant craindre des épidémies.

"La promiscuité dans les centres d'hébergement, le manque d'hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées", a prévenu l'Unicef.

Des informations contradictoires circulaient sur d'éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d'urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan.

"Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l'étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus", a estimé le porte-parole du Pam, Herve Verhoosel.

Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

Cinq morts dont un vice-ministre dans une attaque des shebab à Mogadiscio

La police somalienne et d'autres agents de sécurité enquêtent sur les lieux d'un attentat suicide à la bombe dans la capitale, Mogadiscio, le 1er octobre 2018.

Cinq personnes au moins, dont un vice-ministre du gouvernement somalien, ont été tuées dans une attaque lancée samedi par les insurgés islamistes shebabs contre un complexe administratif de la capitale Mogadiscio.

"J'ai vu les cadavres de quatre personnes, l'un d'eux en uniforme de la police", a dit à l'AFP un témoin, Abdulahi Mohamed. Le sénateur Ilyas Ali Hassan a ajouté que le vice-ministre du Travail et des Affaires sociales, Saqar Ibrahim Abdalla, avait également été tué.

Un premier bilan donné par les services ambulanciers faisait seulement état de onze blessés dans l'attentat à la bombe suivi d'un assaut contre le complexe abritant les ministères des Travaux publics et du Travail. L'opération a été revendiquée par les shebabs.

Un responsable de la police, Ibrahim Mohamed, a ajouté que l'assaut avait pris fin après que la police eut tué quatre assaillants.

"Il y a eu d'autres victimes dont des membres de la police", a-t-il dit sans plus de précisions.

L'opération a commencé par deux explosions près des ministères des Travaux publics et du Travail situés sur une grande rue de Mogadiscio, selon la police et des témoins.

Des hommes armés ont ensuite pénétré dans les bâtiments d'où les forces de sécurité ont évacué de nombreux membres du personnel tandis que des affrontements avaient lieu avec les hommes armés qui avaient réussi à entrer.

L'opération a été revendiquée par le groupe islamiste des shebabs, affilé à Al-Qaïda, qui poursuit une insurrection armée en Somalie contre ce qu'il considère comme une influence hérétique et étrangère.

Les attentats combinant l'explosion de bombes et des assauts d'hommes armés sont devenus une caractéristique des insurgés.

- Attentats en série -

Début mars, au moins 20 personnes ont été tuées dans une attaque des shebabs à Mogadiscio qui avait débouché sur un siège d'environ 22 heures.

Les islamistes ont également revendiqué un attentat à la voiture piégée qui a fait quatre morts et neuf blessés le 7 mars près d'un restaurant de la capitale somalienne, à proximité du palais présidentiel.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebabs ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Les Etats-Unis, qui opèrent en coopération avec l'Union africaine et les forces somaliennes, ont accru le nombre de leurs frappes aérienne contre le groupe: 35 en 2017, 47 en 2018, selon le chef du commandement américain en Afrique.

Les frappes se sont poursuivies début 2019. Début mars, le commandement américain pour l'Afrique (Africom) a annoncé avoir tué 26 shebabs dans une frappe aérienne "ciblée" dans la province de Hiran, au nord de la capitale.

L'armée américaine avait annoncé le mois dernier avoir conduit une frappe ayant fait 35 morts dans les rangs shebabs dans la région de Beledweyne (centre).

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