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Hama Amadou condamné à un an ferme dans l'affaire du trafic de bébés à Niamey


La foule est réunie devant la cour de Justice pour le procès de trafic de bébés, à Niamey, Niger, le 13 mars 2017. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

L'ancien Premier ministre, toujours en France, n'a pas assisté à son procès dans l'affaire de trafic international de bébés mais a été condamné à un an de prison ferme.

Le jugement au fonds de l'affaire de supposition d'enfants dans laquelle est impliquée une trentaine de personnes - dont l'ancien président de l'assemblée nationale Hama Amadou - a eu lieu à la cour d'appel de Niamey.

Seulement quelques instants après l'ouverture, les avocats de la défense se sont retirés au motif du non respect des droits de leurs clients. Le procès s'est poursuivi.

L'ancien Premier ministre Hama Amadou à l'assemblée nationale à Niamey, le 16 septembre 2013.
L'ancien Premier ministre Hama Amadou à l'assemblée nationale à Niamey, le 16 septembre 2013.

Le procureur a requis 3 ans de prison pour les complices et 5 ans pour les responsables.

La défense quitte la salle d'audience

"Hama Amadou réside en France, donc tous les actes de procédures doivent lui être envoyés en France (...) mais le juge a estimé qu'il faut examiner cette exception de nullité au fond", a dénoncé Ali Kadri, un des avocats des prévenus.

"Nous ne pouvons pas accepter de continuer un procès où, dès le départ, on sent qu'on veut nous mettre devant le fait accompli, et nous avons quitté la salle" d'audience, a poursuivi Me Kadri.

"Ils veulent juger Hama et le condamner (...); l'objectif c'est de rendre une décision qui le rend inéligible pour les élections prochaines", prévues en 2021, a accusé Souley Oumarou, un avocat de M. Amadou.

Le procès s'est poursuivi en l'absence des avocats. Les prévenus ont de leur côté refusé de s'exprimer.

Hama Amadou était poursuivi pour une affaire de trafic d'enfants qui empoisonne le climat politique nigérien depuis deux ans et dans laquelle une vingtaine de personnes sont impliquées.

Sur la vingtaine de personnes poursuivies - dont un ex-ministre, des banquiers, des hommes d'affaires, un officier de l'armée, ainsi que leurs épouses - seul Hama Amadou était absent dans le box des accusés.

Toutes sont notamment poursuivies pour "supposition d'enfants", un délit consistant à attribuer la maternité d'un enfant à une femme qui ne l'a pas mis au monde.

Devant la cour de Justice, à Niamey, Niger, le 13 mars 2017. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)
Devant la cour de Justice, à Niamey, Niger, le 13 mars 2017. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Toutes ont été emprisonnées et accusées d'avoir participé à un trafic de bébés qui auraient été conçus au Nigeria puis amenés au Niger via le Bénin. Elles ont ensuite été remises en liberté conditionnelle.

M. Amadou, qui avait précipitamment quitté le pays pour la France afin d'échapper à la procédure, a été écroué dans une prison au nord de Niamey, dès son retour d'exil le 14 novembre 2015.

Ancien Premier ministre et ex-président du Parlement, Hama Amadou, candidat à la présidentielle de 2016, n'avait pas pu faire campagne, et a été battu par le président sortant Mahamadou Issoufou au second tour.

Malade, il avait été évacué d'urgence le 16 mars 2016 depuis sa prison pour la France avant même la tenue du second tour de la présidentielle.

M. Amadou, plus farouche opposant au régime nigérien, n'est toujours pas rentré au Niger.

Abdoul-Razak Idrissa, correspondant à Niamey

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