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Ouverture du procès après la fusillade raciste en Italie


Une femme sur son balcon où elle a mis des ballons rouges portant le nom des victimes et une banderole disant "non au racisme" lors d'une manifestation antiraciste dans la ville de Macerata, en Italie, le 10 février 2018.

Le procès de Luca Traini, qui a tiré sur des Africains en février à Macerata après un meurtre sordide attribué à des dealers nigérians, s'est ouvert mercredi devant la cour d'assises de cette ville du centre de l'Italie.

Le meurtre de Pamela Mastropietro, 18 ans, dont le corps avait été découvert découpé en morceaux, et l'expédition de Luca Traini avaient secoué le pays, qui était alors en pleine campagne électorale et révélé de profondes tensions autour des migrants.

Le tireur avait reçu de nombreux messages de sympathie et aucun responsable politique ne s'était rendu auprès des victimes hospitalisées.

>> Lire aussi : Le meurtre d'une Italienne par un Nigérian a déclenché la fusillade raciste en Italie

Un important dispositif de sécurité a été mis en place pour cette audience destinée avant tout à enregistrer les parties civiles: les six blessés, des personnes visées par les tirs, la commune, des associations...

Luca Traini, 28 ans, est suspecté d'avoir tiré sur des migrants africains, en Italie, le 3 février 2018.
Luca Traini, 28 ans, est suspecté d'avoir tiré sur des migrants africains, en Italie, le 3 février 2018.

Le samedi 3 février au matin, M. Traini, un agent de sécurité de 28 ans militant d'extrême droite, avait sillonné le centre de Macerata pendant deux heures en tirant sur des Africains, expliquant par la suite qu'il voulait venger le meurtre de Pamela, qu'il ne connaissait pas.

Poursuivi pour fusillade aggravée pour haine raciale et pour six tentatives d'homicide, il risque jusqu'à 15 ans de prison, une peine qui peut être alourdie par des circonstances aggravantes. Mais elle sera automatiquement réduite d'un tiers car la défense a demandé et obtenu une procédure accélérée.

>> Lire aussi : Six Africains blessés par balles par un sympathisant d'extrême droite en Italie

Luca Traini a reconnu les tirs mais en réfute le caractère raciste: "Je voulais frapper les dealers, comme ceux qui ont vendu la drogue à Pamela. Ce n'est pas ma faute si à Macerata tous les dealers sont noirs", avait-il expliqué dans un interrogatoire dont la vidéo a été diffusée par la presse.

La défense a fourni une expertise psychiatrique assurant qu'en raison de troubles de la personnalité, il était au moment des faits sous le coup d'une "incapacité partielle de la compréhension et de la volonté".

Lors de la prochaine audience, fixée au 16 mai, la cour doit se prononcer sur une demande de contre-expertise déposée par le parquet.

Pour les victimes, ce procès a constitué un premier face-à-face avec le tireur, auquel plusieurs ont tenu à montrer leurs cicatrices. "Il faut prier pour que Dieu touche son coeur", a déclaré à la presse Aymere Innocent, un pasteur évangélique nigérian qui a été blessé à une oreille.

Avec AFP

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