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Droits humains

Ouverture d'un bureau du Haut-commissariat aux droits de l'homme au Faso

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres (à g), est assis à côté du général de l'armée malienne Didier Dacko, commandant de la force du G5 Sahel, le 30 mai, 2018. (Photo AFP/ Sebastien Rieussec)

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme va ouvrir un bureau au Burkina Faso, pour contribuer à la promotion des droits humains "dans le contexte d'une situation sécuritaire complexe dans la région du Sahel".

L'accord a été signé par la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, et le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'Intégration africaine du Burkina Faso, Alpha Barry, lors d'une cérémonie au siège du Haut-Commissariat à Genève, selon un communiqué publié mercredi.

Ce bureau national doit aussi "faciliter la mise en oeuvre des engagements du Burkina Faso" dans le domaine des droits humains.

"Il s'agit d'une étape importante dans l'engagement du Burkina Faso envers les normes internationales en matière de droits de l'homme. Ce nouveau bureau nous permettra d'apporter un soutien renforcé et adapté au Burkina Faso pour l'aider à surmonter les nombreux défis auxquels il est confronté", a déclaré Mme Bachelet.

"Sur la base d'une évaluation permanente, indépendante et impartiale de la situation des droits de l'homme dans le pays, le bureau national fournira une assistance technique, des conseils et un soutien au gouvernement, à la commission nationale des droits de l'homme, à la société civile et à d'autres partenaires pour l'élaboration et la mise en œuvre de stratégies et programmes visant à favoriser et à faire respecter les normes et standards régionaux et internationaux" en la matière.

L'action du bureau s'entend au sens large des droits humains: économiques, sociaux et culturels, ainsi que les droits civils et politiques, souligne le communiqué.

Avec l'ouverture du bureau national à Ouagadougou, les cinq Etats membres du G5 Sahel (Tchad, Mali, Mauritanie, Niger et Burkina Faso) auront "une présence permanente et solide des Nations unies dans le domaine des droits de l'homme", ajoute encore le Haut-commissariat.

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Sanctions américaines contre un Libyen accusé de "graves violations" des droits des migrants

Des journaliers migrants africains à la recherche de petits emplois attendent sous un pont dans la capitale libyenne Tripoli pour être embauchés par des employeurs potentiels, le 6 mars 2021.

Les autorités américaines le tiennent pour responsable de "l'exploitation systématique de migrants africains dans un centre de détention".

Le gouvernement américain a annoncé mardi des sanctions à l'encontre d'un citoyen libyen accusé de "graves violations des droits humains" perpétrées contre des migrants africains qui transitent par la Libye dans l’espoir de se rendre en Occident.

L'individu visé, Oussama Al Kuni Ibrahim, 45 ans, est décrit comme "un caïd" du trafic de migrants dans un communiqué du Trésor américain dont copie est parvenue à VOA Afrique.

Selon les autorités américaines, l’intéressé faisait déjà l’objet de sanctions par une décision du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’indexe nommément dans un rapport.

Plus précisément, il lui est reproché "des actes de violence, des enlèvements, des attaques contre des écoles, des hôpitaux, des sites religieux où des civils cherchent refuge", selon le communiqué.

En particulier, les autorités américaines le tiennent pour responsable de "l'exploitation systématique de migrants africains dans un centre de détention" en Libye, surnommé "la prison d’Oussama".

Le gouvernement américain affirme que quand des migrants sont envoyés au centre de détention pour avoir traversé illégalement le territoire libyen, M. Al Kuni ou ses sbires les soumettent à des abus divers, allant de l’extorsion au passage à tabac, en passant par la famine, les violences sexuelles, et même "le meurtre".

Selon les lois et réglementations fédérales, tous les avoirs de M. Al Kuni aux États-Unis sont désormais gelés. En outre, aucune banque ou société opérant aux États-Unis n'est autorisée à effectuer des transactions en son nom. Il est interdit de lui délivrer un visa américain.

Et parce qu'il a également été visé par des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, tous les pays membres devraient imposer des sanctions similaires à M. Al Kuni.

A ce jour, 22 personnes connectées à la Libye sont sous le coup de sanctions économiques américaines, selon la base de données gérée par l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain, qui est l’agence responsable du gel des avoirs des individus et des entités faisant l’objet de sanctions aux États-Unis.

Contactée par VOA Afrique, l'ambassade de la Libye à Washington n'était pas immédiatement en mesure de commenter cette affaire.

Affamées, des familles afghanes vendent leurs fillettes

Des femmes réfugiées afghanes marchent dans un camp de réfugiés à Peshawar, le 12 février 2020. (Photo AFP/ d'Abdul MAJEED)

En Afghanistan, plusieurs parents sont obligés de vendre leurs filles, parfois âgées d'à peine un an, aux familles de leurs futurs maris pour résoudre leurs problèmes économiques. Ces mariages sont tristement perçus comme le seul moyen d'assurer la survie d'une famille ou de payer les dettes.

Quand son mari a dit à Fahima qu'ils allaient devoir vendre leurs deux petites filles pour que la famille ne meure pas de faim, après avoir été déplacée par la sécheresse dans l'ouest de l'Afghanistan, elle a "beaucoup pleuré".

Les fillettes, Farishteh, six ans, et Shokriya, un an et demi, sourient près de leur mère dans leur abri d'argile recouvert de bâches trouées, les habits et le visage couverts de boue.

Sans savoir qu'elles ont été vendues récemment aux familles de leurs futurs maris, eux aussi mineurs. Celles-ci ont déboursé environ 3.350 dollars (2.870 euros) pour l'aînée et 2.800 dollars (2.400 euros) pour sa sœur.

Une fois la somme entièrement versée, ce qui pourrait prendre des années, les deux fillettes devront dire adieu à leurs parents et à ce camp de déplacés de Qala-i-Naw, capitale de la province de Badghis, où la famille, originaire d'un district voisin, a trouvé refuge pour survivre.

Cette histoire est tragiquement banale chez les milliers de familles déplacées - la plupart par la sécheresse - de la région, l'une des plus pauvres du pays.

Dans les camps de déplacés et les villages, des journalistes de l'AFP en ont rencontré une quinzaine, contraintes pour survivre de vendre de jeunes filles pour des sommes allant de 550 à près de 4.000 dollars.

La pratique est répandue. Des représentants de camps et villages dénombrent des dizaines de cas depuis la sécheresse de 2018, un chiffre qui a augmenté avec celle de 2021.

La famille de Sabehreh, 25 ans, une voisine de Fahima, avait emprunté de la nourriture dans une épicerie. Le propriétaire les a menacés de les faire "emprisonner" s'ils ne remboursaient pas.

Pour payer ses dettes, la famille a donc vendu Zakereh, trois ans, qui sera mariée à Zabiullah, quatre ans, le fils de l'épicier. Celle-ci ne se doute de rien, le père de son futur époux ayant décidé d'attendre qu'elle soit assez âgée pour la prendre avec eux.

"Je ne suis pas heureuse d'avoir fait ça, mais nous n'avons rien à boire ou manger (...) Si ça continue comme ça, nous devrons (aussi) vendre notre fille de trois mois", se désespère Sabehreh.

"Beaucoup de gens vendent leurs filles", assure une autre voisine, Gul Bibi, qui a vendu la sienne, Asho, âgée de huit ou neuf ans, à un homme de 23 ans à laquelle sa famille devait également de l'argent.

Cet homme est aujourd'hui en Iran, et Gul Bibi redoute le jour où il reviendra pour prendre Asho.

"Nous savons que ce n'est pas bien (...), mais nous n'avons pas le choix", lâche en passant près de la tente Hayatullah, un autre habitant du camp, qui a entendu la conversation.

- Un calvaire sans fin -

Dans un autre camp de Qala-i-Naw, Mohammad Assan essuie ses larmes en montrant les photos de ses filles Siana, neuf ans, et Edi Gul, six ans, parties chez de jeunes maris loin de la ville.

"Nous ne les avons jamais revues", s'émeut l'homme. "Nous ne voulions pas faire ça, mais nous devions nourrir nos autres enfants".

"Mes filles sont sûrement mieux là-bas, avec de la nourriture", tente-t-il de se consoler, avant de montrer les bouts de pain donnés par des voisins, seul repas de la journée.

M. Assan, qui doit également payer les soins pour sa femme malade, est toujours endetté. Il y a quelques jours, il a commencé à chercher preneur pour sa fille de quatre ans.

"Certains jours je deviens folle, je quitte la tente et je ne me souviens pas vraiment où je vais", raconte son épouse, Dada Gul, assise sous la tente en lambeau.

Le calvaire est sans fin pour les mères: la décision de vendre son enfant, l'attente du départ, souvent pendant des années jusqu'à ce que les filles atteignent 10 ou 12 ans, puis la séparation.

Rabia, une veuve de 43 ans déplacée elle aussi par la sécheresse, fait tout pour repousser la terrible échéance. Sa fille Habibeh, 12 ans, vendue pour environ 550 dollars, aurait dû partir il y a un mois, mais Rabia a supplié la famille du futur mari de patienter un an de plus.

"Je veux rester avec ma mère", chuchote l'adolescente maigrichonne, le regard triste.

Rabia rachèterait sa fille si elle "avait à manger et à boire". Mais ses trois enfants et elle ont à peine de quoi vivre. Son fils de 11 ans travaille dans une boulangerie pour un demi dollar par jour, et celui de neuf ans ramasse des ordures pour 30 cents.

"J'ai le cœur brisé (...), mais je devais sauver mes fils", justifie Rabia.

Dans les camps, on se nourrit avec quelques centimes par jour, gagnés en mendiant ou en poussant une brouette. On se demande comment on survivra à l'hiver qui approche.

- 'Ce n'est pas bien' -

Tous les soirs, Abdul Rahim Akhbar collecte du pain pour aider les familles les plus démunies. "J'ai vu une centaine de familles le faire dans ce camp. Même mon frère", dit-il au sujet des mariages d'enfants.

La veille, il est allé voir des responsables talibans pour demander leur aide. Mais ceux-ci sont impuissants dans une province où 90% des habitants sont en danger faute de nourriture suffisante.

Ces mariages "sont dus aux problèmes économiques, ce n'est pas une règle imposée" par les talibans, insiste auprès de l'AFP le gouverneur par intérim de Badghis, Malawi Abdul Sattar.

L'âge minimum légal pour le mariage des filles était de 16 ans sous le gouvernement précédent, avant la prise de pouvoir des talibans en août.

Selon un rapport de l'Unicef de 2018, 42% des familles afghanes ont une fille qui se marie avant l'âge de 18 ans. D'abord pour des raisons financières, car le mariage est souvent perçu comme le moyen d'assurer la survie d'une famille. Mais les filles mariées tôt encourent aussi de graves risques, des accouchements compliqués aux violences conjugales ou familiales.

Pour l'époux, acheter une fille jeune est avantageux, car elle coûte moins cher qu'une femme plus âgée.

Le fléau s'étend aussi aux camps de déplacés d'Hérat, la troisième plus grande ville afghane, un peu plus au sud. Allahudin, un déplacé originaire de Badghis, y explique avoir vendu sa fille de 10 ans.

"Je ne l'aurais jamais fait si j'avais eu le choix", dit-il. Il a une autre fille, âgée de cinq ans, et s'il le pouvait, il la "vendrai(t) aussi".

Derrière les mots crus, la souffrance des pères est toutefois criante. Leur voix, leurs yeux traduisent leur désespoir infini de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.

"Je sais que ce n'est pas bien", regrette lui aussi Baz Mohammad, un ancien cultivateur de Badghis. "Mais j'ai cru que nous allions tous mourir".

Onze civils tués en 48 heures près de Beni dans l'Est de la RDC

Des soldats des Forces de défense congolaises inspectent les lieux d'une attaque près de la ville d'Oicha, à 30 km de Beni, en République démocratique du Congo, le 23 juillet 2021.

Onze civils ont été tués en 48 heures par des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) aux environs de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), malgré l'état de siège auquel est soumis la région, ont indiqué dimanche des sources locales.

Les ADF, à l'origine des rebelles musulmans ougandais, sont désormais présentés par l'organisation jihadiste Etat islamique comme sa branche en Afrique centrale.

"Nous venons de perdre encore sept personnes dont une femme, massacrées dans le quartier Gala" dans la nuit de samedi à dimanche, a déclaré à l'AFP Lewis Thembo, président de la société civile de la localité de Bulongo, située dans le territoire de Beni, dans la province orientale du Nord-Kivu.

Des boutiques et pharmacie ont été pillées par les "ennemis ADF" qui ont mené l'attaque, selon la même source qui dénonce des "défaillances au niveau du commandement militaire".

Contacté par l'AFP, le maire de Bulongo Jean-Paul Kahindo a confirmé cette tuerie.

La nuit précédente, quatre civils avaient été tués près de Bulongo, dans une attaque également attribuée aux ADF. Plus tôt dans la journée, l'armée avait indiqué avoir "repéré quatre positions ADF dans le secteur de Ruwenzori et procédé au pilonnage".

Depuis le mois de mai, le Nord-Kivu et la province voisine de l'Ituri sont placées en état de siège, une mesure exceptionnelle pour lutter contre les groupes armés, notamment les ADF. Les autorités civiles y ont été remplacées par des officiers militaires et policiers. Cependant, les massacres de civils se poursuivent.

"Les rebelles s'en prennent aux civils là où il n'y a pas de militaires. On les a frappés hier, mais en fuyant, ils ont commencé à déranger la population puisqu'il n'y avait pas de militaires" dans les environs, a dit à la presse le général Bertin Mputela, commandant du secteur opérationnel Sokola 1-Grand Nord.

"Le Congo est grand (...) c'est difficile de mettre une section de militaires dans chaque village", mais nous faisons de notre mieux pour limiter les dégâts, a-t-il ajouté.

Le porte-parole de l'armée, Antony Mualushayi a de son côté présenté à la presse une femme qu'il a décrite comme de nationalité ougandaise et comme l'épouse d'un haut commandant chargé de renseignements au sein des ADF. Elle a été "capturée avec un bébé ainsi que 14 autres combattants à Kasindi", à la frontière entre l'Ouganda et la RDC, a-t-il indiqué.

Congo: appel à la création d'une commission d’enquête sur les victimes du référendum de 2015

Une affiche de campagne du président congolais réélu Denis Sassou Nguesso est photographiée à l'extérieur du siège du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir à Brazzaville le 23 mars 2021.

Une ONG congolaise a réclamé vendredi la mise en place d’une commission d’enquête indépendante "pour rendre justice" aux personnes tuées durant la campagne du référendum de 2015, qui avait permis au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016.

"Ce qui s’est passé en 2015, ce sont des crimes extrêmement graves et il est incompréhensible que six ans après justice ne soit pas rendue", a déclaré à l’AFP Trésor Nzila, directeur exécutif du Centre d’actions pour le développement (CAD).

"Nous voulons coûte que coûte une commission d’enquête indépendante sur les victimes de la campagne référendaire, pour que la justice s’enclenche", a-t-il ajouté.

En octobre 2015, le Congo est en pleine campagne référendaire. Deux camps s'opposent: d’un côté les partisans du pouvoir qui militent pour le changement de la constitution adoptée en 2002, de l’autre les opposants qui appellent au boycott. Les manifestations de ces derniers sont réprimées par la force publique.

Le bilan établi par les autorités faisait état de quatre morts et dix blessés par balles dont trois membres des forces de l’ordre.

"Ce bilan est largement sous-estimé, des sources indépendantes ont enregistré une trentaine de morts", a souligné Trésor Nzila. "La contradiction des chiffres fait obligation à ce qu’il y ait une commission d’enquête indépendante", a-t-il insisté.

En 2018, le gouvernement congolais s’était engagé devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU à mettre en place une commission devant faire la lumière sur ces évènements.

"Mais, trois ans après, cette commission ne voit toujours pas le jour", a encore déploré M. Nzila.

Une fois adoptée en 2015, la nouvelle constitution avait fait sauter le verrou de la limitation des mandats à deux, permettant ainsi à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016, puis un quatrième en mars dernier.

Le président Sassou Nguesso, 78 ans, a la possibilité de se présenter (pour la dernière fois) en 2026.

La Kényane Joséphine Ekiru remporte le prix Women Building Peace de l'Institut de la Paix des Etats-Unis

La Kényane Joséphine Ekiru, laureate du prix Women Building Peace Award 2021.

La Kényane Joséphine Ekiru est la lauréate du Women Building Peace Award 2021, décerné le 20 octobre par l'Institut de la Paix des Etats-Unis (USIP). Cinq africaines, dont une Congolaise et une Camerounaise, étaient parmi les neuf finalistes.

Ce prix récompense les femmes qui apportent une contribution importante dans la résolution des conflits et les processus de paix ou jouent un rôle particulier dans l'apaisement en zones touchées par les conflits.

Lors de la cérémonie de remise du prix le 20 octobre 2021, la présidente de l'USIP, Lise Grande, a déclaré que la plupart des bâtisseurs de paix dans le monde sont des femmes. "Il est de notre responsabilité de faire plus pour soutenir et célébrer ces femmes", a-t-elle conclu.

Le prix a été présenté par l'amirale de la marine américaine à la retraite Michelle Howard, dans le cadre d'une cérémonie virtuelle mettant en vedette les finalistes et rendant un hommage particulier aux femmes afghanes.

La lauréate Joséphine Ekiru est Coordinatrice de la paix pour le Northern Rangelands Trust au Kenya (NRT), qui rassemble plus de 300.000 autochtones du nord et de l'est du Kenya travaillant ensemble pour mettre fin aux conflits intercommunautaires, préserver les terres et protéger la faune. Elle a grandi dans la communauté pastorale Turkana.

Mme Ekiru a utilisé la protection de l'environnement comme approche innovante pour la consolidation de la paix entre tribus dans ces régions, où les affrontements duraient depuis des décennies. Témoin de ces tueries, elle a façonné son objectif d'aider ces communautés à s'allier.

De longues années d'efforts se sont concrétisées en 2011 lorsque sa tribu s'est réunie avec les Borana pour former la Nakuprat-Gotu Conservancy, une initiative de conservation communautaire.

En 2014, cette activiste de la paix a rejoint la NRT, qui représente une kyrielle de communautés sur près de 4,5 millions d'hectares. Elle utilise de multiples voies pour permettre aux jeunes et aux femmes d'atteindre des postes de direction dans les structures communautaires.

Cinq africaines parmi les neuf finalistes

La lauréate du prix Women Building Peace, Josephine Ekiru, avait à ses côtés une autre Kenyane, Jayne Waithitu, l'une des neufs finalistes sélectionnées par le Conseil des Femmes pour la Paix de l'USIP, parmi 125 nominations, provenant d'une trentaine de pays, pour leur engagement dans la consolidation de la paix et la prévention des conflits.

Jayne Waithitu s'est inspirée du programme rwandais de consolidation de la paix post-génocide, Ndi umunyarwanda, fondée sur la dignité de la personne pour favoriser l'harmonie. Comnme sa compatriote lauréate, elle a exploité le potentiel des femmes autochtones, artisanes locales de la paix.

En 2018, elle a fondé la Peace Warriors Organization (PWO), qui regroupe plus de 150 femmes des 47 comtés du pays. Après les violences postélectorales au Kenya en 2008, Mme Waithitu a mis en œuvre des procédures pour prévenir la violence et a permis de former des policiers.

En parallèle à son activité propre, elle forme des médiateurs locaux et internationaux et est aussi mentor du Global Give Back Circle, qui vise à autonomiser les jeunes dans les zones de conflit.

La Congolaise Tatiana Mukanire, coordinatrice du Mouvement National des Survivantes de Violences Sexuelles en République Démocratique du Congo, fait le plaidoyer des victimes d'atrocités commises en temps de guerre.

Elle a grandi à Kavumu dans le Sud-Kivu dans l'est du pays. Après avoir vécu personnellement la violence sexuelle, elle consacré sa vie à soutenir d'autres survivantes en demandant justice et réparations pour elles.

Mme Mukanire a formé un réseau de plus de 4 000 survivantes de violences sexuelles dans cinq provinces de la RDC, qui se sont lancées dans des activités génératrices de revenus et font la promotion de l'autonomisation des femmes.

La saison des prix pour la Congolaise Julienne Lusenge
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La Camerounaise Esther Omam, fondatrice de Reach Out Cameroon (ROC), organisation créée en 1996, axe son action de promotion de la paix sur les femmes et les jeunes dans les régions anglophones du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun.

Née dans les bidonvilles de Douala, elle a été forcée d'abandonner l'école et de se marier à un jeune âge.

En 2018, elle a formé le Southwest-Northwest Women's Task force (SNWOT), une coalition de plus de 150 femmes leaders qui se sont réunies pour des pourparlers de paix dans ces régions.

Mme Omam a facilité les dialogues intercommunautaires entre les femmes, les jeunes et les dirigeants locaux, et a joué un rôle clé dans l'organisation de la première Convention nationale des femmes pour la paix au Cameroun, qui a réuni plus de 1.200 femmes en juillet 2021.

Une Sud-Soudanaise était parmi les finalistes du prix 2021 de l'Institut de la Paix des Etats-Unis. Il s'agit de Nyachangkouth Tai, qui s'est engagée dans la protection des femmes et des filles contre la violence sexuelle pendant le conflit dans son pays.

Mme Nyachangkuoth dirige l'organisation Mother Care et supervise les programmes de genre à la Mission d'Assistance pour l'Afrique (AMA). Elle a aussi dirigé un groupe de travail de 120 survivantes qui ont plaidé pour l'inclusion des femmes dans les tribunaux traditionnels.

Trois africaines lauréates du Prix Femme de Courage
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Les finalistes d'autres régions du monde troublées par la violence armée

Les quatre autres finalistes du prix Women Building Peace de l'Institut de la Paix des Etats-Unis étaient la Pakistanaise Tabassum Adnan, les Colombiennes Teresita Gaviria et Waldistrudis Hurtado, ainsi que la Bangladaise Rani Yan Yan. Leur parcours respectifs sont également exemplaires.

La Pakistanaise Tabassum Adnan, militante des droits des femmes de la vallée de Swat au Pakistan, a joué un rôle déterminant dans la transformation des mécanismes communautaires de médiation des conflits pour promouvoir la justice pour les femmes.

En 2013, elle a créé Khwendo Jirga, la premier conseil de femmes au Pakistan, qui a résolu plus de 2.000 cas de violence. Mme Adnan a permi aux autorités locales d'ouvrir un poste de police pour femmes à Swat.

Tabassum Adnan, qui travaille aussi sur la traite des êtres humains, est récipiendaire du Prix 2015 Femmes de courage du département d'État américain.

La Colombienne Teresita Gaviria, est la voix des victimes de disparition forcée en Colombie. Un an après la disparition de son fils en 1998, elle a fondé Madres de la Candelaria, qui soutient les mères des victimes. Son organisation a recueilli des informations sur des centaines de disparitions.

Mme Gaviria a plaidé avec succès pour l'inclusion des disparitions forcées dans le code pénal colombien, et a témoigné entre le gouvernement et les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) lors des négociations de paix de 2016.

L'autre Colombienne finaliste est Waldistrudis Hurtado, militante des droits des femmes depuis plus de 25 ans, directrice du Collectif féminin Mujeres Trenzadas Somos Más et membre du Mouvement national des femmes afro-colombiennes.

Elle est également membre de deux groupe consultatif onusiens pour l'Amérique latine et les Caraïbes, et de l'initiative Spotlight du Fonds des Nations Unies pour la Population pour l'élimination de la violence sexiste et du fémicide.

Autre finaliste malheureuse, la Bangaldaise Rani Yan Yan, qui milite pour les droits des femmes de la région de Chittagong Hill Tracts dans son pays, où les autochtones ont un accès limité aux terres et services de base, malgré l'accord de paix signé en 1997.

Conseillère au sein de la royauté Chakma, Rani Yan Yan se préoccupe en particulier de la participation des peuples autochtones aux réformes et à la mise en œuvre de législations et politiques qui les impactent. Elle adopte une approche inclusive axée sur l'équité pour renforcer la paix durable dans son pays.

L'objectif de l'Institut de la Paix des Etats-Unis, fondé par le Congrès américain, vise à prévenir, atténuer et résoudre les conflits dans le monde. L'USIP travaille avec les gouvernements étrangers et la société civile pour renforcer les capacités locales à gérer ces conflits de manière pacifique et inclusive.

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