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Sénégal

Les heurts de vendredi à Dakar ont fait deux morts

Des policiers anti-émeute à l'entrée de la rue menant à la maison de l'opposant Ousmane Sonko, le 17 juin 2022, à Dakar.

Des troubles ont été rapportés dans d'autres quartiers de la capitale, ainsi qu'à Ziguinchor, en Casamance.

Des heurts entre jeunes et policiers ont fait deux morts vendredi à Dakar et dans le sud du Sénégal, où l'escalade verbale des dernières semaines entre pouvoir et opposition a tourné à la confrontation redoutée un mois et demi avant les élections législatives.

Trois figures de l'opposition ont été arrêtées, a indiqué le porte-parole du parti Pastef, Ousseynou Ly. Le leader de l'opposition, Ousmane Sonko, et le maire de Dakar, Barthélémy Dias, autre ardent pourfendeur du président Macky Sall, ont été empêchés de sortir de chez eux par les forces de sécurité, a-t-il dit.

Retour sur une journée mouvementée à Dakar
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Différents quartiers de la capitale ont été le théâtre d'affrontements entre jeunes lançant des pierres et policiers les tenant à distance à coups de gaz lacrymogènes ou les dispersant à l'aide de grenades assourdissantes dans la fumée des pneus incendiés. En Casamance (sud), l'opposition a accusé les forces de sécurité de tirer à balles réelles.

A Dakar, un jeune homme ou une jeune femme, selon les sources, a péri quand un projectile a mis le feu dans un local où il ou elle se trouvait, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge sous couvert d'anonymat. La presse et l'opposition ont fait état d'une deuxième décès à Bignona, en Casamance.

De nombreux Sénégalais redoutaient cette montée des tensions depuis que les autorités avaient interdit mercredi à l'opposition de manifester ce vendredi après-midi. L'opposition entendait protester contre l'invalidation d'une liste nationale de candidats pour les législatives du 31 juillet. Elle avait prévenu qu'elle passerait outre à l'interdiction.

Manifestants refoulés

Des pelotons de policiers en tenue anti-émeute, soutenus par des véhicules blindés, ont empêché quiconque d'approcher la place de la Nation où devait se dérouler le rassemblement, à l'écart du centre politique et économique de la capitale.

Les policiers ont refoulé vers les rues adjacentes de petits groupes mobiles qui les harcelaient à coups de pierres.

"C'est vraiment pas bon pour les affaires", se lamentait Bilan Diop, 32 ans, appuyé sur un garde-corps le long de la vaste avenue jonchée de cailloux menant à l'esplanade désertée de la Nation. "Regardez mon magasin, il est fermé, tous les magasins sont fermés alors qu'on approche de la Tabaski", la fête musulmane du Sacrifice, propice au commerce.

"Pour l'instant, ça a l'air sous contrôle. Mais ce qui va se passer après, on n'en sait rien", s'inquiétait avec des détonations en fond sonore Bamba Diop, 30 ans, qui gagne sa vie en louant des places de parking.

Des troubles ont été rapportés dans d'autres quartiers de la capitale, ainsi qu'à Ziguinchor, en Casamance.

Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor.
Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor.

Dès la matinée, les policiers ont fait le siège autour de chez Ousmane Sonko, dans le quartier dakarois cossu de Mermoz, résolus à l'empêcher de mettre à exécution son intention proclamée de défier l'interdiction de manifester.

A la mi-journée, ils l'ont empêché de se rendre à la grande prière hebdomadaire.

"Même notre liberté de culte est bafouée aujourd’hui", a dit posément M. Sonko, vêtu du boubou traditionnel pour la prière, après s'être heurté à un barrage de policiers.

Arrestations

Le pouvoir cède à la "panique", a assuré M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, candidat déclaré à celle de 2024, et populaire chez les jeunes.

Trois personnalités de l'opposition, Déthié Fall, Ahmet Aidara et Mame Diarra Fame, ont été arrêtées, a dit le porte-parole du parti de M. Sonko.

L'AFP n'a pas pu obtenir confirmation de ces arrestations ainsi que des deux décès de la part des autorités.

L'opposition dénonce l'invalidation de la liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi, menée par le parti de M. Sonko, comme un stratagème du président Macky Sall pour écarter ses adversaires. L'invalidation écarte des législatives M. Sonko et certaines figures d'opposition.

Le pouvoir et l'opposition n'ont donné aucun signe de vouloir transiger et les analystes décrivent généralement une impasse politique.

De nombreuses voix se sont élevées pour appeler au dialogue face au risque de violences semblables aux émeutes qui, en mars 2021, avaient fait une douzaine de morts dans le pays.

L'opposition a menacé d'empêcher la tenue des élections si Yewwi Askan Wi n'y participe pas. En fait, Yewwi peut toujours concourir avec une liste nationale, mais composée de suppléants.

Le président Sall a fermé la porte à un repêchage de la liste invalidée. "De toute façon, le pays va faire ces élections, le Conseil constitutionnel a décidé", a-t-il déclaré.

La mise en cause de M. Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d'émeutes, de pillages et de destructions.

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Législatives sénégalaises: l'opposition ne fera pas de recours

Législatives sénégalaises: l'opposition ne fera pas de recours
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La principale alliance de l'opposition sénégalaise annonce qu'elle ne fera pas de recours contre les résultats des législatives du 31 juillet. Toutefois, elle a décidé de boycotter les élections des membres du Haut conseil des collectivités territoriales.

Les gendarmes sénégalais interpellent plus de 140 candidats á l'émigration

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L'opposition ne fera pas de recours contre les résultats au Sénégal

Ces chiffres définitifs doivent être publiés au plus tard jeudi à minuit.

La principale alliance de l'opposition sénégalaise a annoncé mercredi qu'elle ne ferait pas de recours contre les élections législatives du 31 juillet dans l'attente des résultats définitifs de ce scrutin.

Ces chiffres définitifs doivent être publiés au plus tard jeudi à minuit par le Conseil constitutionnel s'il n'y a pas de recours, selon une source proche de cette juridiction. Les résultats provisoires publiés le 4 août avaient donné une courte avance à la formation au pouvoir qui perdait néanmoins la majorité absolue, une première dans ce pays d'Afrique de l'Ouest

La coalition du président Macky Sall est passée de 125 députés en 2017 à 82 à l'issue des élections du 31 juillet, sur les 165 que compte l'Assemblée, selon les résultats provisoires de la Commission nationale de recensement des votes (CNRV).

L'alliance de l'opposition gagne 80 sièges de députés au total, avec respectivement 56 pour la coalition "Yewwi Askan Wi" dirigée par le principal opposant Ousmane Sonko et 24 pour celle de "Wallu Sénégal", menée par l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012).

Trois autres députés sont issus des rangs de trois autres petites coalitions de partis.

"L'inter coalition Yewwi-Wallu ne fera pas de recours au niveau du Conseil constitutionnel", a déclaré mercredi Déthié Fall, un de ses responsables, lors d'une conférence de presse. Il a dit ne pas avoir confiance en cette juridiction que des opposants présentent comme étant sous la coupe du pouvoir, qui a toujours rejeté cette allégation.

La coalition Yewwi Askan wi s'était notamment plainte le 4 août du "refus" de la CNRV de la laisser "vérifier" les procès-verbaux de votes dans quatre localités dans le nord du pays, un fief du président Sall.

M. Fall a également annoncé que l'alliance de l'opposition va boycotter les élections des membres du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), une institution consultative comprenant 150 membres, dont 70 sont nommés par le président de la République et 80 élus au suffrage indirect par les élus locaux, pour cinq ans.

Ce scrutin, prévu le 4 septembre, suscite peu d'intérêt auprès de la population. Plusieurs responsables de l'opposition ont appelé à la suppression de cette institution qui est, selon eux, un organe servant à "caser" des personnes favorables au pouvoir.

Reparution du quotidien sénégalais Le Soleil après une grève des employés

Le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil est le plus ancien au Sénégal, créé en 1970.

Le quotidien public Le Soleil, un des principaux au Sénégal, était de nouveau dans les kiosques mercredi après une reprise du travail des employés, qui étaient en grève pour protester contre "la mauvaise gestion" de leur directeur général, ont indiqué les délégués du personnel.

Le journal pro-gouvernemental était absent des kiosques depuis le 5 août à la suite d'une rare grève déclenchée pour protester contre le non paiement aux journalistes de primes liées à la publicité et des "licenciements abusifs", selon les délégués du personnel. Ces derniers ont aussi décrié la "mauvaise gestion" et "un pillage systématique des ressources (du journal) à travers des marchés nébuleux et des magouilles".

"Nous avons décidé de reprendre le travail. Les autorités ont dit qu'elles nous ont entendus. Nous attendons leur arbitrage", a déclaré mercredi à la presse Ndiol Maka Seck, coordonnateur du collège des délégués du personnel, formé de trois syndicats de l'entreprise. "Il nous faut un autre manager parce que le contrat de confiance est rompu avec le directeur général" Yakham Mbaye, un responsable du parti présidentiel, a ajouté M. Seck.

 À Votre Avis : Macky Sall perd la majorité absolue
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La direction du journal a rapporté dans l'édition post-grève de mercredi "les péripéties qui ont conduit à cette situation (de grève) née de désaccords avec le personnel". Elle a "regretté cet impair qui a causé du tort à l'Etat, à nos lecteurs et aux annonceurs" et "présenté" ses excuses.

Le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil est le plus ancien au Sénégal, créé en 1970. Propriété de l’État à 51% et d'autres institutions publiques à 49%, il est chargé notamment de vulgariser la politique du gouvernement.

Onze journalistes du quotidien avaient été brièvement interpellés le 4 août par la gendarmerie parce qu'ils protestaient contre "la gestion gabegique" de M. Mbaye, selon un communiqué d'un des syndicats des employés du journal. Le Sénégal occupe la 73e place sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi en 2022 par l'ONG Reporters sans frontières (RSF).

Les boulangers africains concoctent une alternative au blé

Au Nigeria comme dans le reste de l'Afrique, les boulangers souffrent de l'augmentation du cours du blé.

Réunis le jeudi 22 juillet à Dakar, les délégués du secteur de la boulangerie et de la pâtisserie de neuf pays d’Afrique de l’Ouest se sont constitués en une Confédération ouest-africaine de la boulangerie et de la pâtisserie (COABP).

La COABP, qui réunit des représentants de Côte d’Ivoire, du Togo, du Mali, du Bénin, de Guinée, du Burkina Faso, du Niger, de Guinée-Bissau et du Sénégal, est préoccupée par la situation de la filière marquée par une hausse constante de prix du blé qui augmente le prix du pain.

Au cours de la période allant du dernier trimestre 2021 au premier trimestre 2022, le prix du pain a subi une hausse de 25% en moyenne dans les pays de la région.

Flambée des prix: les boulangers en appellent au gouvernement nigérian
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Avec la guerre en Ukraine, qui est le principal fournisseur des pays d’Afrique de l’Ouest, les prix du blé ont subi une seconde hausse qu’il est impossible, selon les boulangers, de répercuter totalement sur le consommateur. En accord avec les autorités politiques de leurs pays respectifs, les boulangers ont ainsi procédé à la réduction poids du pain pour maintenir les prix ou en modérer l’augmentation.

Prix stables, poids en baisse

Ainsi en Côte d'Ivoire, la baguette de pain qui se vend encore à 150 francs CFA pèse désormais 174 g au lieu de 193. De même, au Burkina, le prix de la baguette est maintenu à 150 francs CFA, mais elle ne pèse plus que 160 g contre 200. Au Sénégal, le prix de la baguette de 196 g a augmenté de 25 francs CFA, passant ainsi de 150 à 175 francs CFA. Au Mali, la baguette de 400 g est passée de 250 à 300 francs CFA en début avril 2022.

Pénurie de blé: les Béninois se tournent vers des céréales locales
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Les représentants des associations et organisations professionnelles membres de la Confédération ouest-africaine de la boulangerie et de la pâtisserie considèrent cependant que la suspension de la TVA, le contrôle des prix et la diminution du poids du pain ne sauraient constituer une solution durable à l’inflation du prix de ce produit alimentaire tant prisé par les ménages.

Le fonio, la banane plantain et le sorgho comme alternatives

Les boulangers africains ne recommandent pas pour autant de se lancer dans le développement de la culture du blé dont l’acclimatation en Afrique serait longue et couteuse.

Ils appellent plutôt les pays de la région à se tourner vers le développement de cultures locales, comme le fonio, la banane plantain et le sorgho que l’on substituera progressivement au blé. Il s’agit d’encourager les États à augmenter rapidement la production de ces cultures et à en organiser les échanges dans la sous-région. "Le Mali et le Sénégal doivent, par exemple, fournir du fonio aux autres pays, le Togo peut proposer son sorgho aux autres, et la Côte d’Ivoire faire de même avec sa farine de banane…"

Ce commerce interafricain profiterait des dispositions de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) qui contribueraient au développement d’une économie régionale auto centrée ainsi qu’au renforcement de la sécurité alimentaire des populations des pays ouest-africains.

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