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Sénégal

La police autour du domicile de l'opposant Sonko à Dakar

Des policiers anti-émeute à l'entrée de la rue menant à la maison de l'opposant Ousmane Sonko, le 17 juin 2022, à Dakar.

Des policiers sénégalais ont bloqué vendredi le leader de l'opposition Ousmane Sonko chez lui à Dakar après son appel à défier une interdiction de manifester le même jour dans un climat de tension préélectorale grandissante, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A la mi-journée, les policiers ont empêché M. Sonko de se rendre à la prière du vendredi, tandis que de premiers troubles étaient rapportés sur les réseaux sociaux, avec des jeunes incendiant des pneus et attaquant du mobilier urbain sur un important axe routier de la capitale.

Des policiers en tenue antiémeute et des barrières ont été disposés en travers des routes menant au domicile de M. Sonko dans un quartier cossu de la capitale.

"Même notre liberté de culte est bafouée aujourd’hui. Les forces de l’ordre m’ont dit qu’elles ont reçu l'ordre de ne pas me laisser sortir", a dit posément M. Sonko, vêtu du boubou traditionnel pour la prière, après s'être heurté à un barrage de policiers à qui il a dit ne pas en vouloir.

Le pouvoir cède à la "panique", avait-assuré plus tôt M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, candidat déclaré à celle de 2024 et personnalité populaire chez les jeunes.

L'opposition a appelé à manifester vendredi après-midi contre l'invalidation d'une liste nationale de candidats aux législatives du 31 juillet, et plus largement contre le pouvoir.

Cette invalidation écarte de la compétition M. Sonko et certaines figures d'opposition.

Le préfet a interdit la manifestation en invoquant les "menaces de troubles à l'ordre public". M. Sonko et les chefs de sa coalition ont annoncé leur intention de braver l'arrêté et ont appelé à manifester massivement.

"La manifestation est maintenue, elle aura bel et bien lieu", a assuré à l'AFP Ousseynou Ly, porte-parole du parti de M. Sonko, le Pastef. La place de la Nation, vaste esplanade à l'écart du centre sur laquelle la manifestation était prévue à partir de 15H00 (locales et GMT), a été bloquée par les policiers.

De nombreuses voix se sont élevées pour appeler au dialogue face au risque de violences semblables aux émeutes qui, en mars 2021, avaient fait une douzaine de morts dans le pays.

Le chef de l'opposition sénégalaise Ousmane Sonko, accusé de viol, s'entretient avec les médias au siège de son parti à Dakar le 8 mars 2021 après avoir été libéré de détention.
Le chef de l'opposition sénégalaise Ousmane Sonko, accusé de viol, s'entretient avec les médias au siège de son parti à Dakar le 8 mars 2021 après avoir été libéré de détention.

"Le Conseil a décidé"

Le pouvoir et l'opposition n'ont donné aucun signe de vouloir transiger et les analystes politiques décrivent généralement une impasse politique. L'opposition dénonce l'invalidation de la liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi, menée par le parti de M. Sonko, comme un stratagème du président Macky Sall pour écarter ses adversaires sous couvert de moyens légaux.

Le ministère de l'Intérieur a justifié cette décision en invoquant l'inéligibilité d'une de ses candidates, qui figure par inadvertance à la fois parmi les titulaires et les suppléants. Le Conseil constitutionnel a confirmé. L'opposition a menacé d'empêcher la tenue des élections si Yewwi Askan Wi n'y participe pas. En fait, Yewwi peut toujours concourir, mais pas M. Sonko.

Les Sénégalais élisent leurs 150 députés selon un mode qui panache scrutin proportionnel avec des listes nationales pour 53 parlementaires, et scrutin majoritaire dans les départements pour 97 autres. La diaspora élit 15 députés. C'est la liste nationale des titulaires de Yewwi qui est rejetée. Mais la coalition peut participer avec la liste des suppléants et avec ses candidats dans les départements.

Le président Sall a fermé la porte à un repêchage de la liste invalidée. "De toute façon, le pays va faire ces élections, le Conseil constitutionnel a décidé", a-t-il déclaré. La mise en cause de M. Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d'émeutes, de pillages et de destructions.

Deux autres adversaires du président, l'ancien maire de Dakar Khalifa Sall (sans lien de parenté avec Macky Sall) et l'ancien ministre Karim Wade, fils d'ex-président, ont vu leur trajectoire interrompue par les ennuis judiciaires. Le pouvoir se défend de toute instrumentalisation de l'appareil d'Etat.

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L'armée sénégalaise assure maintenir ses effectifs au Mali

Le contingent sénégalais de la MINUSMA avant l'arrivée du Secrétaire général des Nations Unies le 30 mai 2018 à Sévaré.

L'armée sénégalaise, une des principales contributrices en soldats et policiers à la force de l'ONU chez le voisin malien, a assuré maintenir son niveau de participation à la Minusma, répondant au principal opposant sénégalais et candidat déclaré à la présidentielle.

Le bataillon sénégalais basé à Sévaré (centre Mali) a entamé sa relève cette semaine, a rapporté la Minusma sur les réseaux sociaux.

Le principal opposant sénégalais, Ousmane Sonko, s'est servi du Mali pour attaquer le président Macky Sall et la France jeudi quand il a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2024. Il a aussi exprimé un soutien appuyé au chef de la junte malienne, le colonel Assimi Goïta.

"Nous avons vu que Macky Sall a rapatrié les quelques éléments sénégalais qui étaient là-bas, puisqu'ils n'étaient pas là-bas en tant que Sénégalais, ils étaient là-bas parce que la France lui avait demandé d'amener des troupes", a dit M. Sonko.

S'il est élu, "nous dépêcherons des troupes pour soutenir nos frères maliens et en finir avec cette gangrène", a ajouté M. Sonko en parlant de la propagation jihadiste à laquelle est en proie le Mali depuis 2012, qui a gagné ses voisins burkinabè et nigérien et qui inquiète toute la sous-région.

Le Sénégal a en fait procédé, comme d'autres, à une "relève périodique", a écrit l'état-major dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi.

"Contrairement à certaines informations données dans la presse, le Sénégal ne s'est pas désengagé du Mali", a-t-il dit. La relève de cette semaine est "une opération normale visant à remplacer, nombre pour nombre, les troupes engagées" par le Sénégal "dès les premières heures de la crise", dit-il.

Le Sénégal compte 1.300 soldats, gendarmes et policiers au sein de la Minusma, précise-t-il. La Minusma compte environ 17.500 hommes et femmes, dont plus de 13.000 soldats et policiers.

Ousmane Sonko a aussi dit "encourager le président Assimi Goïta parce qu'il n'a pas perdu la face".

Le colonel Goïta a pris et raffermi son pouvoir à la faveur de deux coups d'Etat en 2020 et 2021, avec le projet déclaré de redresser le pays et de rétablir la sécurité. Sous sa direction, le Mali s'est détourné de la France et ses anciens alliés, et tourné vers la Russie.

A Dakar, Samuel Eto’o souhaite qu'un pays africain remporte le Mondial

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Ousmane Sonko officiellement candidat à la présidentielle sénégalaise

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L'opposant sénégalais Ousmane Sonko officialise sa candidature à la présidentielle

Des manifestants tiennent des drapeaux du Sénégal et un portrait de l'opposant et maire de Ziguinchor Ousmane Sonko à la place de l'Obélisque à Dakar, le 8 juin 2022.

Le principal opposant sénégalais Ousmane Sonko a officialisé jeudi sa candidature à la présidentielle de 2024 et a accusé le président Macky Sall et la France de se liguer pour l'empêcher de se présenter.

La candidature de M. Sonko, troisième à la présidentielle de 2019, ne faisait de doute pour personne depuis longtemps.

M. Sonko, 49 ans, chef du parti Pastef, élu maire de Ziguinchor (sud) en janvier, tient un discours à la fois souverainiste, panafricaniste et social, pourfendant les élites et la corruption. Il pilonne aussi l'emprise économique et politique exercée selon lui par l'ancienne puissance coloniale française et les multinationales.

Défenseur des valeurs religieuses et traditionnelles, tranchant par son âge avec une grande partie de la classe politique, à l'aise dans les médias, l'ancien inspecteur des impôts à la rapide ascension politique jouit d'une grande popularité parmi les jeunes dans une population dont plus de la moitié a moins de 20 ans.

Ses détracteurs dénoncent en lui un populiste n'hésitant pas à souffler sur les braises sociales. Il est depuis 2021 sous le coup d'une inculpation pour viols présumés contre une employée d'un salon de beauté où il allait se faire masser. Sa mise en cause avait contribué à plusieurs jours d'émeutes meurtrières, de pillages et de destructions. M. Sonko crie à la machination du pouvoir.

"Moi Ousmane Sonko, s'il plaît à Dieu et si mon parti le veut, je suis candidat à l'élection présidentielle de 2024. Personne n'est mieux placé que nous pour gagner", a déclaré M. Sonko devant la presse à Dakar.

C'est parce que Macky Sall et la France redoutent son avènement que, "tous les jours, leurs laboratoires tournent à plein régime en fabriquant énormément de complots. Leur objectif est de trouver un motif de condamnation pour empêcher la candidature de Ousmane Sonko", a-t-il ajouté.

Il a accusé M. Sall de susciter des dossiers "de terrorisme, de rébellion, de viol imaginaire fabriqués avec le soutien de la France" et s'en est pris à des "médias français, porte-voix officieux de l'Elysée" qui le décriraient en "dangereux homme politique".

Il a répété ne rien avoir contre le peuple français.

Un autre opposant, l'ancien ministre Malick Gackou, a annoncé mercredi sa candidature en 2024.

M. Sonko officialise sa candidature dans la foulée des législatives du 31 juillet. Le camp présidentiel y a perdu la majorité absolue au Parlement et ne devrait bénéficier d'une majorité d'une seule voix grâce au ralliement d'un député isolé.

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