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L'opposition conteste la suppression de limite d'âge pour la présidence en Ouganda


Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans, vote à Rushere, dans l'Ouganda, 18 février 2016

La Cour constitutionnelle d'Ouganda a commencé à entendre une plainte, déposée notamment par des députés de l'opposition, contestant la constitutionnalité d'une loi adoptée fin 2017 supprimant la limite d'âge pour devenir président.

Cette réforme constitutionnelle controversée, qui supprime l'âge limite fixé jusqu'alors à 75 ans pour être élu président, avait été approuvée le 20 décembre par le Parlement, largement dominé par le parti au pouvoir. Le président Yoweri Museveni, 73 ans et au pouvoir depuis 1986, l'avait ratifiée le 27 décembre.

"Nous pensons que l'approbation de cette loi est entachée d'erreurs", a déclaré à l'AFP Ibrahim Nganda, un des six députés d'opposition ayant saisi la justice pour contester la nouvelle loi autant sur le fond que sur la forme. L'Ordre des avocats d'Ouganda et un militant figurent aussi parmi les plaignants.

Pour cette affaire, et pour la première fois de son histoire, la Cour constitutionnelle siège en dehors de la capitale, Kampala. Les audiences se déroulent à Mbale, à 230 kilomètres à l'est de la capitale. Selon Solomon Muyita, porte-parole de la justice ougandaise, ce changement de lieu a été "considéré comme plus pratique", mais selon l'opposition, les autorités veulent minimiser l'importance de l'affaire.

Un important dispositif sécuritaire avait été déployé autour du lieu où siégeait la Cour constitutionnelle, présidée par le juge Owing Dollo, et plusieurs routes avaient été bloquées.

"Il faudra plusieurs jours pour entendre la plainte, les témoins, et rendre une décision", a précisé M. Muyita.

Les plaignants ont prévu d'appeler à la barre des parlementaires et des responsables militaires. Car ils contestent également l'intervention des forces de l'ordre, qui avaient évacué manu militari les députés d'opposition lorsque les travaux parlementaires sur la réforme constitutionnelle avaient tourné au pugilat.

Le texte adopté fin 2017 réintroduit une limite au nombre de mandats présidentiels, qui avait été supprimée en 2005. Mais cette limite, fixée à deux mandats de cinq ans, n'entrera en vigueur qu'après la prochaine élection, ce qui pourrait permettre à M. Museveni de se présenter à nouveau à deux reprises.

>> Lire aussi : Suppression de la limite d'âge pour la présidence en Ouganda

M. Museveni n'en est pas à son coup d'essai. En 2005, la Constitution avait été modifiée pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, lui permettant ainsi de briguer ses troisième, quatrième et cinquième mandats.

Avec AFP

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