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Opéré en urgence, Bernie Sanders suspend sa campagne pour la Maison Blanche

Bernie Sanders en campagne à Hanover, New Hampshire le 29 septembre 2019.

Le doyen des prétendants à l'investiture démocrate pour la présidentielle 2020, Bernie Sanders, a dû suspendre sa campagne mercredi après une intervention chirurgicale due à une artère bouchée, premier gros problème de santé dans une course dominée par des septuagénaires.

Alors qu'il était en campagne à Las Vegas, dans le Nevada, le sénateur du Vermont, âgé de 78 ans, "a ressenti une gêne thoracique. Lors d'examens médicaux, on lui a trouvé une artère bouchée et on a réussi à lui poser deux stents (extenseurs vasculaires, NDLR)", a annoncé dans un communiqué son équipe de campagne.

Le sénateur indépendant qui revendique l'étiquette "socialiste", dont la campagne était jusqu'ici très énergique avec trois ou quatre apparitions publiques par jour, a "bon moral" et "va se reposer dans les prochains jours", a ajouté son équipe. Tous ses rendez-vous de campagne sont annulés "jusqu'à nouvel ordre".

On ignorait si Bernie Sanders, qui représente le Vermont au Congrès depuis 1991, participera au prochain débat télévisé qui doit réunir 12 candidats démocrates le 15 octobre prochain, dans une université de l'Ohio.

Dans cette bataille de longue haleine qui commence à peine - les premières primaires auront lieu en février - Bernie Sanders, rival malheureux d'Hillary Clinton pour l'investiture démocrate de 2016, fait figure de poids lourd.

Il s'est maintenu jusqu'ici dans le peloton de tête, aux côtés de deux autres septuagénaires, l'ancien vice-président Joe Biden, 76 ans, et la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, 70 ans.

Cette dernière, qui affiche des positions proches de celles de M. Sanders même si elle se dit résolument capitaliste, a ravi la deuxième place à M. Sanders dans plusieurs sondages ces dernières semaines.

- "Un battant"-

Bernie Sanders est le premier candidat à suspendre sa campagne pour raison de santé.

Lui qui fut le premier à plaider haut et fort pour taxer les riches ou créer un système de sécurité sociale public - idées désormais embrassées par plusieurs candidats démocrates - avait paru plus fatigué ces derniers temps. Il avait annulé le mois dernier quelques apparitions publiques pour "reposer sa voix", selon son équipe de campagne.

En mars, le sénateur originaire de Brooklyn était aussi apparu avec un sparadrap sur le front, après s'être cogné contre la porte d'une douche. L'incident lui avait valu sept points de suture, mais il était reparti en campagne immédiatement.

Plusieurs de ses rivaux - de Joe Biden à Pete Buttigieg, benjamin de la course à 37 ans, qui parle souvent du besoin de renouveler les générations au pouvoir - ont immédiatement souhaité au sénateur un prompt rétablissement.

"S'il y a une chose que je sais de lui, c'est que c'est un battant et j'ai hâte de le retrouver bientôt en campagne", a tweeté la sénatrice californienne Kamala Harris, 54 ans, loin derrière le candidat dans les sondages.

"Tous ceux qui connaissent Bernie savent qu'il est une force. Nous sommes certains qu'il se remettra pleinement et rapidement, et avons hâte de le retrouver en campagne", a aussi tweeté M. Biden.

La jeune élue démocrate du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, qui travailla pour la campagne de Sanders en 2016, lui a témoigné "amour et solidarité".

"Beaucoup de gens ne comprennent pas combien les campagnes au plus près du terrain sont folles - pour les candidats et pour les organisateurs", a-t-elle tweeté.

Même si le sénateur du Vermont reprend rapidement sa campagne, cet incident vient souligner l'âge avancé des candidats les mieux placés dans cette course, alors même que Donald Trump, 73 ans, paraît en pleine forme.

Jusqu'à présent, c'était Joe Biden qui suscitait le plus de doutes en raison de son âge. Lors du dernier débat mi-septembre, il avait répondu à côté à une question et exhorté les Américains à "toujours avoir leur tourne-disques allumé le soir".

Donald Trump, qui ne cesse d'attaquer sur Twitter les démocrates depuis qu'ils ont entamé une procédure de destitution contre lui, n'a pas réagi mercredi aux mésaventures de Bernie Sanders.

A l'automne 2016, il s'était moqué d'Hillary Clinton, alors âgée de 68 ans, après qu'elle eut soudainement quitté une cérémonie pour le 15e anniversaire des attentats du 11 septembre. Son médecin avait indiqué peu après qu'elle souffrait d'une pneumonie.

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Le coronavirus s’invite dans une prison américaine, 9 détenues prennent le large

Cellule dans une aile de la prison d'État de Camp Hill, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, le 13 janvier 2017. (Photo: Marc Levy / AP)

Les autorités carcérales de l'État américain du Dakota du Sud ont annoncé en fin de semaine qu'elles avaient appréhendé 7 des 9 détenues qui s'étaient évadées d'une prison pour femmes après qu'un cas de coronavirus ait été confirmé au sein de l'établissement.

Deux des 9 évadées sont toujours en cavale, selon la base de données en ligne du service pénitentiaire de l’État.

L’évasion a été révélée en premier lieu par nos confrères du quotidien Argus Leader, publié à Sioux Falls, la ville la plus peuplée de cet État qui compte moins de 900 000 habitants au total.

Les 9 prisonnières qui se sont évadées dans la nuit de lundi dernier étaient logées dans la même unité qu'une autre détenue qui a été testée positive au COVID-19, précise l’Argus Leader. La prison de sécurité minimum d’où elles se sont échappées est située dans la ville de Pierre, capitale du Dakota du Sud.

Depuis, 155 détenues sont en observation. La femme qui a été testée positive est en quarantaine. Elle “se porte bien”, rapporte le quotidien Rapid City Journal.

La directrice de la prison a démissionné mercredi.

Il y a désormais 68 cas positifs confirmés dans l'État, selon les autorités sanitaires. À ce jour, l'État a enregistré un décès lié au coronavirus et 26 rétablissements.

Au Dakota du Sud comme ailleurs, le coronavirus est en train de modifier le style de vie.

Selon la chaîne KotaTV, le rituel traditionnel du « Pow Wow », occasion festive très appréciée chez les Indiens d’Amérique du Nord (en grand nombre dans l'État), s’organise désormais via Facebook pour éviter les rassemblements.

La mairie de Sioux Falls a limité à 9 le nombre de clients simultanés dans les restaurants, les bars, les salons de coiffure et les magasins. Le chômage, technique ou permanent, devrait donc augmenter.

La gouverneure Kristi Noem a appelé à une réunion extraordinaire des législateurs de l’État pour rectifier le budget en tenant compte de la nouvelle donne imposée par le coronavirus. Aucune date n’a été arrêtée pour l’instant.

Situé dans la région du Midwest des États-Unis, le Dakota du Sud est le 5e État le moins peuplé du pays, selon les données du Bureau fédéral du recensement. Il est séparé du Canada par le Dakota du Nord.

Le dollar vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis 1987

Un homme parle au téléphone devant un poster affichant des dollars américains à un bureau de change de Lahore, Pakistan, le 16 mai 2019. (Photo: ARIF ALI / AFP)

Le dollar s'apprêtait vendredi à achever sa baisse hebdomadaire la plus importante depuis 1987 à l'issue d'une semaine où le gouvernement fédéral et la Réserve fédérale ont tenté de venir à la rescousse de l'économie américaine, frappée de plein fouet par le coronavirus.

Le dollar index, qui mesure la valeur du billet vert face à un panier d'autres devises, accusait un repli hebdomadaire de près de 4,5% aux alentours de 19H30 GMT.

Il faut remonter à août 1987 pour trouver une baisse d'une plus grande ampleur.

Face à l'euro, la devise américaine baissait vendredi de 0,86% à 1,1127 dollar.

Selon Joe Manimbo de Western Union, "la demande pour le dollar s'est asséchée après la semaine exceptionnelle à Wall Street et les promesses du patron de la Fed de verser des liquidités sans compter pour soutenir une économie complètement à l'arrêt."

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a assuré jeudi que l'institution allait continuer à prêter de l'argent "agressivement" pour combattre l'impact économique de l'épidémie de Covid-19.

M. Powell, dont la banque a déjà annoncé qu'elle injectait plusieurs milliers de milliards de dollars dans la première économie du monde, a également affirmé que "les munitions" de la Fed n'allaient "pas s'épuiser", lors de cet entretien au Today Show de NBC, l'une des émissions matinales les plus populaires aux Etats-Unis.

Par ailleurs, "les données sur les demandes d'allocations chômage aux États-Unis ont été un véritable choc, et peut-être l'une des raisons pour lesquelles le président de la Fed, Jerome Powell, s'est adressé à la nation dans une interview télévisée hier", a ajouté Antje Praefcke, analyste pour Commerzbank.

Le nombre de nouveaux chômeurs a explosé, avec plus de trois millions de nouvelles demandes d'allocations chômage la semaine passée, un niveau jamais vu dans le pays.

"De plus, les Etats-Unis ont le niveau d'infection le plus élevé du monde à l'heure actuelle", ce qui met le dollar "sous pression", a ajouté M. Praefcke.

Les Etats-Unis sont depuis jeudi le pays avec le plus grand nombre de cas de coronavirus officiellement déclarés. Ils comptent plus de 97.000 cas et 1.475 décès.

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