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Les observateurs inquiets de la présence de soldats aux bureaux de vote au Lesotho

  • VOA Afrique

Un policier surveille un bureau de vote à Semonkong, Lesotho, le 3 juin 2017.

La commission électorale du Lesotho et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) ont réclamé dimanche des explications sur la présence de soldats autour de nombreux bureaux de vote lors des législatives de samedi.

"Le pays, les électeurs et même les observateurs ont été surpris (...) il leur a semblé que certains électeurs ont été intimidés", a déclaré dimanche à la presse le porte-parole de la commission électorale indépendante du Lesotho, Tuoe Hantsi.

"C'est la loi qui établit qui doit être présent autour des bureaux de vote, et (les soldats) ont semé la confusion", a-t-il ajouté.

Le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Augustine Mahiga, à la tête d'une délégation d'observateurs mandatée par la SADC, a exprimé les mêmes préoccupations.

"Nous allons demander des explications à l'armée pour savoir pourquoi les soldats étaient déployés autour des bureaux de vote", a-t-il déclaré.

Le Lesotho a voté samedi pour des législatives aux résultats très incertains qui ne devraient pas permettre à ce petit royaume africain de rompre avec son instabilité politique chronique, nourrie par une armée omniprésente.

Ce scrutin, le troisième en cinq ans, a été précipité par la mise en minorité en mars de la coalition de sept partis dirigée par le Premier ministre Pakalitha Mosisili, 72 ans, au pouvoir depuis 2015.

Le scrutin s'est largement résumé à un duel entre le sortant Mosisili et l'ex-chef du gouvernement Thomas Thabane, 77 ans, qui avait été contraint de quitter le pays en 2014 après une tentative de coup d'Etat militaire.

M. Thabane, qui a quitté son exil sud-africain il y a trois mois, et son parti, le Congrès des Basotho (ABC), ont réussi à mobiliser les foules, notamment dans la capitale Maseru.

Ce pays de 2 millions d'habitants enclavé au milieu des montagnes d'Afrique du Sud, considéré comme l'un des moins développés de la planète, se remet difficilement du coup d'Etat manqué de 2014.

Accusé d'avoir alors ordonné l'assaut du quartier général de la police, le chef de l'armée, le général Tlali Kamoli, a été démis de ses fonctions l'an dernier. Mais son influence continue d'alimenter les rumeurs d'intervention militaire.

La SADC avait assuré avant le scrutin qu'elle ne tolèrerait aucun détournement des résultats.

Le dépouillement du scrutin, qui s'est déroulé dans le calme, a débuté dimanche. Les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs jours.

Avvec AFP

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