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Obama lève l'embargo sur les ventes d'armes au Vietnam

Barack Obama et Tran Dai Quang au palais présidentiel à Hanoi, Vietnam, le 23 mai 2016.(AP Photo/Carolyn Kaster)

Le président américain Barack Obama a annoncé lundi à Hanoï la levée de l'embargo sur les ventes d'armes américaines au Vietnam, l'un des derniers vestiges de la guerre entre les deux pays qui s'est achevée en 1975.

Il a assuré que cette levée de l'interdiction, qui était réclamée avec force par Hanoï, n'était pas directement liée à la posture offensive de la Chine dans les différends territoriaux avec plusieurs pays d'Asie du Sud-Est.

"La décision de lever l'interdiction n'est pas motivée par la question chinoise (...), mais par notre désir de compléter le long processus de normalisation que nous avons entrepris avec le Vietnam", a assuré le président américain lors d'une conférence de presse au côté de son homologue vietnamien Tran Dai Quang.

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"Cela montre que les relations entre nos deux pays sont pleinement normalisées", a salué ce dernier. Après la levée de l'embargo économique américain en 1994, puis la normalisation des relations diplomatiques l'année suivante, cette décision a une très forte portée symbolique.

Mais cette annonce est aussi un signal envers Pékin qui montre de plus en plus ses muscles en mer de Chine méridionale, où Hanoï et Pékin se disputent certains archipels.

En 2014, Pékin avait installé une plate-forme pétrolière dans les eaux maritimes revendiquées par Hanoï, provoquant des émeutes meurtrières anti-chinoises au Vietnam. La plate-forme a été retirée quelques mois plus tard.

"Il existe toujours une certaine méfiance (vis-à-vis de Washington) au sein de l'élite vietnamienne, mais l'affirmation croissante de Pékin en Mer de Chine méridionale a vraiment fait évoluer les mentalités et poussé à un rapprochement plus rapide avec les Etats-Unis", souligne Murray Hiebert, analyste au Center for Strategic and International Studies.

Les deux hommes sont restés très vagues sur les droits de l'Homme, censés être une des conditions de cet accord. Le président vietnamien a seulement évoqué rapidement la question, en assurant que le régime visait à "protéger et respecter les droits de l'Homme", sans cependant évoquer les emprisonnements de dissidents.

Barack Obama a très peu évoqué les dossiers internationaux, confirmant seulement la mort du mollah Mansour, chef des talibans afghans, dans une frappe américaine.

- L'économie d'abord -

Car son programme est avant tout économique, avec l'accord de libre-échange transpacifique (TPP) au coeur de cette visite dans ce pays de 90 millions d'habitants au rythme de croissance soutenu.

Barack Obama a souligné que les Etats-Unis comme le Vietnam avaient tout à gagner avec cet accord scellé entre 12 pays, dont les Etats-Unis et le Japon mais pas la Chine, dont Barack Obama espère la ratification avant son départ début 2017.

"Je reste convaincu que nous allons l'obtenir et la raison pour laquelle je reste confiant est qu'il s'agit de la bonne chose à faire", a martelé Barack Obama.

Par ailleurs, entre autres contracts annoncés en marge de cette visite, la compagnie aérienne Vietjet a annoncé lundi l'achat de 100 Boeing 737 MAX 200 pour un montant de 11,3 milliards de dollars.

Dans la foisonnante capitale vietnamienne, cette première visite de M. Obama - la troisième d'un président américain depuis la fin de la guerre en 1975 - suscitait de vives attentes.

"Je n'étais pas né à l'époque de la guerre. Pour moi, la guerre américaine contre le Vietnam c'est du passé", affirme Doan Quang Vinh, 25 ans. "Nous devrions nous tourner vers l'avenir".

"J'ai entendu beaucoup de choses le concernant et j'admire ce qu'il a fait, il est un peu comme notre Oncle Ho!", lance en riant Thuy Tien, jeune femme de 19 ans, en référence à Ho Chi Minh, fondateur du Parti communiste vietnamien (PCV), dont le corps embaumé est exposé dans un mausolée.

La visite de M. Obama intervient à un moment où l'image de l'Amérique est particulièrement bonne dans ce pays d'Asie du Sud-Est. Selon une étude réalisée l'an dernier par le Pew Research Centre, 78% des Vietnamiens ont une opinion favorable des Etats-Unis, et ce chiffre est encore plus élevé parmi les jeunes.

A la suite du programme de trois jours de M. Obama: rencontre avec le puissant numéro 1 du Parti communiste, Nguyen Phu Trong, et mercredi avec des jeunes Vietnamiens à Hô-Chi-Minh-Ville (ex-Saïgon), le coeur économique du pays.

Hoang Bao Khanh, coiffeur de 61 ans, a fièrement affiché une photo du président américain à l'extérieur de sa boutique, dans le centre de Hanoï.

"Lorsqu'il a pris ses fonctions après sa première élection, plusieurs clients m'ont dit que je lui ressemblais. Et, à vrai dire, je trouve aussi qu'il y a quelque chose !", raconte le sexagénaire qui rêve de rencontrer son "sosie" américain.

Avec AFP

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Covid-19: "le pire est à venir" dans les pays en conflit, avertit le chef de l'ONU

António Guterres, le secrétaire général de l'ONU, à Addis Abeba le 8 février 2020.

"Le pire est à venir" dans les pays en conflit, a averti vendredi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres en relançant son appel à des cessez-le-feu partout dans le monde pour aider à endiguer la progression du Covid-19.

"Il y a une chance pour la paix, mais nous en sommes loin. Le besoin est urgent. La tempête du Covid-19 arrive maintenant sur tous les théâtres de conflit", a-t-il ajouté en présentant un rapport sur les avancées obtenues depuis son appel lancé le 23 mars.

"Le virus a montré à quel point il peut traverser rapidement les frontières, dévaster des pays et bouleverser des vies. Le pire est encore à venir", a souligné le chef de l'ONU.

Selon lui, un "nombre substantiel de parties à des conflits" ont exprimé leur accord à un arrêt des hostilités, notamment au "Cameroun, en Centrafrique, en Colombie, en Libye, en Birmanie, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen".

"Mais un immense fossé demeure entre les déclarations et les actes - transformer les mots en paix sur le terrain et dans la vie des gens", a-t-il déploré, évoquant même des situations "où des conflits se sont intensifiés".

En se félicitant du soutien à son appel de quelque 70 Etats, d'ONG, de représentants de la société civile et de dirigeants religieux, dont le pape François, et d'une pétition ayant réuni plus d'un million de signatures, Antonio Guterres a jugé que des "efforts diplomatiques solides" étaient encore nécessaires.

L'Union européenne "appuie fermement" cet appel, et exhorte "tous ceux qui sont impliqués dans des conflits armés partout dans le monde à s'engager dans des efforts pour trouver une solution politique", a réagi vendredi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

"Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix", a encore déclaré Antonio Guterres, sans mentionner le Conseil de sécurité de l'ONU, qui reste empêtré dans des divisions entre les Etats-Unis et la Chine, selon des diplomates.

Depuis le début de la crise, le Conseil n'a pas tenu une seule réunion consacrée au Covid-19, ni produit une déclaration ou résolution commune.

L'Assemblée générale de l'ONU a été jeudi la première enceinte de l'organisation à sortir du silence en adoptant par consensus une résolution appelant à une "coopération internationale" et au "multilatéralisme" pour affronter de manière unie la pandémie et non plus dans la dispersion.

"Dans ces circonstances particulièrement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays ayant de l'influence sur des parties en guerre afin qu'elles fassent tout ce qui est possible pour que les cessez-le-feu deviennent réalité", a aussi dit Antonio Guterres.

Il n'a pas cité de pays en particulier, mais plusieurs Etats se livrent, parfois depuis des années, des conflits par procuration, en Syrie, en Libye ou au Yémen.

"J'appelle tous ceux qui peuvent faire une différence à faire cette différence: exhorter et faire pression sur les combattants dans le monde pour qu'ils lâchent leurs armes", a-t-il insisté.

Melania Trump passe un coup de fil à Brigitte Macron

Les premières dames américaine et française Melania Trump et Brigitte Macron sur les marches du Palais de l’Elysée à Paris, le 10 novembre 2018, lors des commémorations du centenaire marquant la fin de la Première Guerre mondiale. (AP Photo/Jacquelyn Martin)

La Première dame des Etats-Unis Melania Trump a exprimé vendredi, lors d'un échange téléphonique avec Brigitte Macron, la solidarité de son pays avec la France.

L'épouse de Donald Trump a transmis à l'épouse d'Emmanuel Macron ses condoléances "pour ceux qui ont perdu la vie en raison du coronavirus en France", a indiqué la Maison Blanche dans un compte-rendu de l'appel.

"Elle a également réaffirmé que les Etats-Unis étaient aux côtés des Français et s'est dite optimiste sur la capacité (des deux pays) à surmonter ensemble cette période difficile", ajoute le texte.

Les deux femmes, qui se sont rencontrées à de nombreuses reprises, ont prévu de rester en contact au cours "des jours et des semaines" à venir.

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Un commandant américain limogé après avoir alerté sur le Covid-19 à bord d'un porte-avions nucléaire

Le USS Theodore Roosevelt à l'entrée du port de Da Nang, au Vietnam, le 5 mars 2020. (Photo: Reuters)

Le commandant du porte-avions nucléaire américain USS Theodore Roosevelt, qui avait lancé un appel aux accents dramatiques pour faire évacuer son navire contaminé par le coronavirus, a été démis de ses fonctions, a annoncé jeudi le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly.

"Nous ne sommes pas en guerre. Il n'y a aucune raison que des marins meurent", avait écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier dans une lettre à sa hiérarchie publiée mardi par le San Francisco Chronicle.

"Nous ne sommes peut-être pas en guerre dans le sens traditionnel du mot, mais nous ne sommes pas non plus complètement en paix", a noté M. Modly au cours d'une conférence de presse. "Et nous demandons à nos commandants de faire preuve de jugement, de maturité, de leadership et de calme sous la pression."

Or le commandant Crozier a "fait preuve d'un très mauvais jugement en période de crise", a-t-il jugé.

Il sera remplacé par son prédécesseur immédiat, le vice-amiral Carlos Sardiello, qui lui avait transmis le commandement du Theodore Roosevelt en novembre dernier et qui connait donc parfaitement le navire.

"Le commandant Crozier a laissé la complexité du défi posé par l'épidémie de Covid à bord prendre le dessus sur son professionnalisme, au moment où le plus urgent était d'agir avec professionnalisme", a estimé M. Modly.

"Je ne doute absolument pas que le commandant Crozier ait fait ce qu'il croyait nécessaire pour le bien-être de son équipage", a-t-il poursuivi.

Mais cette lettre et l'écho qu'elle a recueilli ont "alarmé inutilement les familles de nos marins", a-t-il regretté. Elle a aussi "semé le doute sur les capacités et la sécurité opérationnelles du navire, ce qui aurait pu encourager nos adversaires à en profiter".

"C'est pour ces raisons que j'ai perdu confiance dans sa capacité à continuer à commander ce navire de guerre alors qu'il combat ce virus pour remettre l'équipage sur pied", a-t-il conclu.

Le secrétaire à l'US Navy a souligné que ce n'était pas le fait que le commandant du porte-avion ait lancé une alerte qui méritait son limogeage, mais le fait qu'il ait envoyé un e-mail aussi alarmiste au commandement régional avec une trentaine de personnes en copie.

C'est ce qui a apparemment permis que la lettre soit parvenue au San Francisco Chronicle, a-t-il ajouté sans accuser directement le commandant de l'avoir fait fuiter lui-même.

L'US Navy a commencé à évacuer les trois quarts de l'équipage du Theodore Roosevelt, un porte-avions nucléaire immobilisé à Guam depuis le 28 mars.

Les marins malades ou testés positifs seront placés en quarantaine sur la grande base navale américaine de Guam, qui abrite plusieurs milliers de marins et leurs familles, et ceux qui ne sont pas atteints par le coronavirus dans des hôtels de l'île, pour donner plus d'espace au millier de marins restant à bord et leur permettre de respecter une certaine distanciation sociale.

Le nombre de marins testés positif au Covid-19 est désormais de 114 et "il y en aura probablement des centaines", a indiqué M. Modly, soulignant qu'aucun des marins n'était gravement malade.

Le coronavirus représente un dilemme pour l'armée américaine, qui est fortement mobilisée aux Etats-Unis, où elle participe aux efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie, mais qui veut rester opérationnelle pour continuer à démontrer la puissance militaire des Etats-unis à l'étranger.

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