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Moyen-Orient

Nucléaire: l'Iran appelle les Européens à prendre des mesures "efficaces"

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan, russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani à Ankara, le 4 avril 2018.

L'Iran a appelé lundi les Européens à prendre des mesures "pratiques, efficaces et responsables" pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien, un sujet au centre d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles.

"Nous insistons sur la réciprocité des droits et des devoirs" entre les parties à cet accord nucléaire conclu en 2015, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Abbas Moussavi dans un communiqué.

Il est "irréaliste" d'attendre que l'Iran "revienne aux conditions qui prévalaient avant le 8 mai 2019" sans que les Européens ne fassent "la preuve de leur volonté politique et de leur capacité" à permettre que l'Iran "bénéficie en pratique" de l'accord, a-t-il ajouté.

M. Moussavi réagissait à l'appel lancé dimanche par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, trois Etats parties à l'accord, pour "un arrêt de l'escalade des tensions et une reprise du dialogue".

"Nous sommes préoccupés par le risque que (l'accord) ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les Etats-Unis et à la suite de la décision de l'Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l'accord", ont affirmé ces trois pays.

Conclu après des années d'efforts diplomatiques, l'accord de 2015 prévoit une limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays.

Il est menacé depuis que les Etats-Unis s'en sont retirés unilatéralement en mai 2018, avant de rétablir à partir d'août de la même année des sanctions punitives contre l'Iran, le privant ainsi des retombées économiques qu'elle attendait de l'accord.

Le 8 mai 2019, lassé d'attendre que les autres parties à l'accord ne l'aident à contourner les sanctions américaines, l'Iran a annoncé qu'il commençait à s'affranchir progressivement de certains de ses engagements pour forcer ses partenaires à agir pour sauver l'accord.

Téhéran a ainsi dépassé début juillet la limite imposée à ses réserves d'uranium enrichi, à 4,5%, soit au-delà du maximum autorisé par l'accord (3,67%).

Outre l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie restent parties à l'accord avec l'Iran depuis le départ des Etats-Unis.

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Golfe: l'Iran met une nouvelle fois en garde contre une attaque sur son sol

Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique iranienne.

Les attaques du 14 septembre ont réduit la production de pétrole saoudienne, entraîné une flambée des prix de l'or noir et ravivé les craintes d'un affrontement militaire entre Washington et Téhéran. En juin, la destruction d'un drone américain par l'Iran avait déjà fait craindre une escalade.

"Nous ne permettrons jamais qu'une guerre empiète sur le territoire de l'Iran", a ajouté le général Salami durant l'inauguration d'une exposition sur des drones que l'Iran dit avoir capturés.

Des débris du RQ-4 Global Hawk abattu en juin et le missile iranien utilisé pour l'abattre ainsi qu'un RQ-170 Sentinel intact capturé en 2011 ont été dévoilés.

"Que font vos drones dans notre espace aérien? Nous les abattrons", a dit le général, affirmant que l'Iran avait vaincu la "domination technologique américaine".

Côté saoudien, le numéro deux de la diplomatie, Adel al-Jubeir, a prévenu que son pays prendrait "les mesures appropriées" après les attaques du 14 septembre une fois que l'enquête menée par l'ONU aura déterminé d'où venaient les tirs.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait affirmé jeudi qu'une riposte saoudienne ou américaine en Iran entraînerait une "guerre totale", précisant toutefois que son pays ne voulait pas la guerre mais se défendrait si besoin.

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo avait qualifié mercredi les attaques d'"acte de guerre" mais affirmé le lendemain que Washington privilégiait une "solution pacifique".

Le président américain Donald Trump s'est montré de moins en moins enclin à des représailles militaires.

"Il n'y a jamais eu de pays plus préparé", a-t-il prévenu vendredi. "Ce serait la solution de facilité pour moi", "frapper 15 sites majeurs en Iran (...) Mais ce n'est pas ce que je privilégie", a-t-il enchaîné, ventant une "retenue".

Contre toute attente, les rebelles yéménites Houthis ont eux aussi adopté une attitude moins belliqueuse vendredi en envisageant l'arrêt des attaques contre l'Arabie saoudite pour mettre fin à un conflit de cinq ans au Yémen, où Ryad les combat en soutien au gouvernement yéménite.

- Etats-Unis "désespérés" -

Les tensions n'ont cessé de croître entre Téhéran et Washington depuis le retrait américain unilatéral en mai 2018 de l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran.

Vendredi, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions sur le secteur bancaire iranien, notamment la Banque centrale. "Il n'y aura plus d'argent qui ira aux Gardiens de la révolution (...) pour financer le terrorisme", a assuré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

M. Zarif, à New-York avant l'Assemblée générale de l'ONU, a estimé que "les Etats-Unis tentent de bloquer aux Iraniens l'accès à la nourriture et aux médicaments".

Ces nouvelles sanctions montrent que les Etats-Unis sont "désespérés" et que "leur politique de pression maximale (contre l'Iran) a atteint ses limites", a-t-il dit, selon l'agence semi-officielle Isna.

L'Iran a par ailleurs nié samedi avoir subi une cyberattaque contre ses installations pétrolières, après que des perturbations de la connexion ont été rapportées sur des plateformes en ligne.

L'Arabie saoudite dévoile les dégâts sur ses installations pétrolières

Le roi saoudien Salman bin Abdulaziz Al Saud serre la main du Premier ministre turc Binali Yildirim à Riyad, en Arabie Saoudite, le 27 décembre 2017.

L'Arabie saoudite a montré vendredi pour la première fois à la presse internationale l'étendue des dégâts sur ses installations pétrolières attaquées le 14 septembre, insistant sur sa détermination à rétablir rapidement sa production, en dépit de la montée des tensions dans la région.

L'installation de Khurais, dans l'est du royaume, a été frappée quatre fois et des incendies y ont fait rage cinq heures durant, a déclaré aux journalistes un responsable du géant pétrolier saoudien Aramco qui gère le site, ce qui a contribué à la réduction de moitié de la production du premier exportateur d'or noir et entraîné une flambée des prix.

La visite a été organisée au lendemain d'une tournée dans la région du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo qui a semblé vouloir calmer le jeu, affirmant que son pays privilégiait une "solution pacifique" avec l'Iran, pourtant accusé d'être derrière les attaques par Washington et Ryad.

Son homologue saoudien, Adel al-Jubeir, a réagi dans la nuit sur Twitter, avertissant que toute complaisance envers Téhéran, qui nie ces accusations, encouragerait l'Iran à "commettre d'autres actes de terrorisme et de sabotage" dans la région.

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a déclaré jeudi sur CNN qu'une frappe américaine ou saoudienne sur l'Iran déclencherait "une guerre totale", ajoutant que son pays ne "voulait pas la guerre" mais se défendrait si besoin.

Les reporters invités à inspecter les dégâts à Khurais ont constaté des scènes de destruction, avec des grues déployées au milieu de débris calcinés, après ces attaques revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, soutenus politiquement par Téhéran.

Les techniciens s'activaient à évaluer les importants dommages causés à un stabilisateur, une tour de métal servant à éliminer du pétrole le gaz dissous et de l'hydrogène sulfuré.

Au moment de l'attaque, "il y avait plus de 200 à 300 personnes à l'intérieur des installations", a déclaré Fahad Abdelkarim, l'un des directeurs d'Aramco.

- "Nous reviendrons plus forts" -

"Il y a eu quatre explosions" et plusieurs incendies ont ensuite fait rage, a ajouté M. Abdelkarim guidant les journalistes sur le site.

"Personne n'a été blessé", a-t-il assuré. Les dégâts matériels sont par contre considérables : de gros tuyaux en métal ont été déformés par l'impact des explosions et se trouvent éparpillés dans la zone visée.

Selon les autorités saoudiennes, pas moins de 18 drones et sept missiles de croisière ont été utilisés dans ces attaques.

Malgré l'ampleur des dégâts, Aramco demeure optimiste quant à la reprise complète de sa production d'ici la fin du mois de septembre.

"Une équipe d'urgence a été constituée pour réparer l'usine, relancer les activités et ramener (la production) à son niveau habituel", a souligné M. Abdelkarim.

"En moins de 24 heures, 30% de l'usine était opérationnel", a-t-il dit affirmant que "la production sera au même niveau qu'avant l'attaque d'ici la fin du mois".

"Nous reviendrons plus forts", a-t-il promis, alors que les journalistes s'apprêtaient à se rendre sur le deuxième site attaqué, celui d'Abqaiq.

- "Grave escalade" -

Au même moment, les rebelles Houthis du Yémen ont accusé la coalition dirigée par Ryad d'une "grave escalade à Hodeida, de nature à dynamiter l'accord" conclu en décembre à Stockholm sur une trêve et un redéploiement des forces dans cette ville portuaire stratégique de l'ouest du Yémen.

"Les raids intensifs sur Hodeida sont une grave escalade", a déclaré Mohammed Abdessalem, l'un des dirigeants des Houthis, cité par leur chaîne de télévision Al-Massirah au lendemain de frappes annoncées par la coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour soutenir les forces progouvernementales.

Celle-ci a annoncé avoir lancé jeudi une opération militaire contre les Houthis, la première depuis les attaques du 14, et précisé avoir détruit quatre sites situés au nord de Hodeida et utilisés par les rebelles pour assembler des bateaux télécommandés et des mines marines.

La coalition avait annoncé peu avant avoir déjoué une attaque au bateau piégé, sans équipage à bord.

Les Houthis continuent d'occuper le port de Hodeida en dépit d'un accord parrainé par les Nations unies et signé en décembre 2018, prévoyant de céder le contrôle de cette installation à des forces neutres (les anciens agents de la douane) et un redéploiement des forces des rebelles et du gouvernement autour de la ville.

Le conflit a fait des dizaines de milliers de morts, des civils pour la plupart, et plongé ce pays le plus pauvre de la péninsule arabique dans la pire crise humanitaire au monde, selon l'ONU.

Pompeo veut pour une «solution pacifique» avec l’Iran

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Surprise en Israël: Netanyahu appelle Gantz à la formation d'un gouvernement d'union

Les élections législatives en Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui joue sa survie politique, a pris Israël par surprise jeudi en appelant Benny Gantz à la formation d'un gouvernement d'union nationale, deux jours après des élections législatives n'ayant pas réussi à départager les deux rivaux.

Benny Gantz a répondu vouloir lui aussi un gouvernement d'union afin de sortir le pays de l'impasse politique, mais avec lui à sa tête.

Benjamin Netanyahu affirmait encore mercredi que le pays n'avait que deux choix: soit un gouvernement de droite dirigé par lui, soit un "gouvernement dangereux qui repose sur les partis arabes", une attaque indirecte contre M. Gantz qui a promis d'ouvrir des discussions avec les partis arabes dans l'espoir d'arriver à une coalition.

Mais, jeudi matin, coup de tonnerre: le "roi Bibi", au pouvoir sans discontinuer depuis une décennie, a changé son fusil d'épaule et proposé des discussions directes avec son principal rival.

"Lors des élections, j'ai appelé à la mise en place d'un gouvernement de droite. Malheureusement, les résultats montrent que cela n'est pas possible. Le peuple n'a pas tranché entre les deux blocs. Par conséquent, il n'y a pas d'autre choix que de former un gouvernement d'union, aussi large que possible", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

Les deux hommes se sont serré la main jeudi lors d'une cérémonie à Jérusalem marquant le troisième anniversaire de la mort de l'ancien Premier ministre et prix Nobel de la paix Shimon Peres.

- "Je t'appelle, Benny" -

Deux jours après les législatives, les résultats encore provisoires créditent le Likoud de M. Netanyahu de 31 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement, contre 33 pour le parti Kahol Lavan ("Bleu-blanc") de Benny Gantz.

Et, en ajoutant leurs alliés respectifs et potentiels, des partis religieux et/ou très marqués à droite pour M. Netanyahu, et des formations à gauche ou arabes pour M. Gantz, le compteur marque 55/56 députés dans chaque camp, sous la barre des 61 pour obtenir une majorité.

"Benny, nous devons mettre en place un gouvernement d'union le plus large possible aujourd'hui. Le peuple attend de nous deux que nous prenions nos responsabilités et que nous agissions en coopération", a argué M. Netanyahu.

"C'est pourquoi je t'appelle, Benny. Rencontrons-nous aujourd'hui, à n'importe quel moment, pour faire avancer ce processus (...) Nous n'avons pas le droit d'aller vers une troisième élection. Je suis contre. L'ordre du jour: un gouvernement d'union large, aujourd'hui".

Le président Reuven Rivlin a félicité Benjamin Netanyahu de "s'être joint à l'appel" pour un "gouvernement d'union".

En Israël, le président confie la tâche de former le gouvernement à un élu après avoir consulté l'ensemble des partis au Parlement. Or les consultations pour le prochain gouvernement débuteront dès dimanche, ont précisé jeudi les services de Reuven Rivlin.

Mais le rapprochement Netanyahu-Gantz pose déjà une question clé: qui des deux hommes forts pour être Premier ministre?

"Je vais former ce gouvernement avec moi à sa tête (...). Nous écouterons tout le monde mais n'accepterons pas qu'on nous dicte des choses", a répondu M. Gantz à Netanyahu, avant une réunion avec les cadres de sa formation.

"Le parti Bleu-blanc a gagné et, à l'heure où je vous parle, nous avons 33 sièges alors que Netanyahu n'a pas obtenu la majorité suffisante pour former une coalition comme il l'espérait", a ajouté M. Gantz, un ancien chef de l'état-major de l'armée, sans répondre directement aux appels au dialogue de l'actuel Premier ministre.

Ce dernier s'est aussitôt dit "surpris" et "déçu" que Benny Gantz "refuse encore" de répondre à son appel de le rencontrer. "L'invitation tient toujours", a-t-il assuré.

- Position de force? -

Dans ses éventuelles discussions avec Benny Gantz, Benjamin Netanyahu dispose d'une carte maitresse: l'unité de ses troupes.

Le stratège Netanyahu ne discute pas uniquement au nom de son parti, le Likoud, mais aussi au nom de l'ensemble du "bloc" de droite, incluant la liste de droite radicale Yamina et les formations ultra-orthodoxes Shass et Judaïsme unifié de la Torah.

Mais son jeu compte aussi un point faible: la justice doit l'auditionner début octobre pour "corruption", "abus de confiance" et "malversations".

Pour l'instant, Benjamin Netanyahu n'est pas inculpé mais cherche à obtenir une immunité du Parlement.

S'il était inculpé dans ces affaires, Benjamin Netanyahu pourrait toujours rester Premier ministre, mais pas simple ministre selon les lois en vigueur en Israël. Or, M. Gantz avait répété par le passé qu'il refuserait de servir dans un gouvernement où le Premier ministre est inculpé ou condamné pour de tels actes.

Veto russo-chinois à l'ONU à une résolution imposant un cessez-le-feu à Idleb

Lors d'une réunion de l'ONU sur l'enquête des armes chimiques, en Syrie, le 10 avril 2018.

La Russie et la Chine ont mis jeudi leur veto à une résolution de l'Allemagne, la Belgique et du Koweït imposant un cessez-le-feu à Idleb en Syrie, approuvée par 12 membres du Conseil de sécurité.

Il s'agit du 13e veto de la Russie à une résolution sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011. La Guinée équatoriale, membre non permanent, s'est abstenue lors du vote.

Le texte a fait l'objet de négociations pendant une quinzaine de jours. La Russie a plaidé en vain pour que le cessez-le-feu comprenne des exemptions pour les "opérations terroristes" menées dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Inacceptable pour les auteurs de la résolution car cela aurait ouvert à de multiples interprétations et aurait conduit à de possibles nouvelles attaques de sites civils en Syrie. Les trois co-auteurs avaient accepté une mention évoquant des "mesures terroristes" sous condition qu'elles respectent le droit international, a souligné l'Allemagne.

L'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, a dénoncé "la flambée d'activisme humanitaire" des autres membres du Conseil de sécurité à chaque avancée dans la reprise de territoires par le régime syrien.

"C'est la même chanson, les terroristes se transforment en représentants de l'opposition", a ironisé le diplomate. "La résolution était d'emblée vouée à l'échec et vous divisez délibérément le Conseil de sécurité", quelques jours avant le début de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement, a-t-il accusé.

Des frappes sporadiques se poursuivent à Idleb après quatre mois de bombardements du régime syrien. L'ONU ne cesse depuis le printemps de mettre en garde contre la dégradation de la situation humanitaire dans cette province où vivent quelque 3 millions de personnes dont 1 million d'enfants.

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